Le syndrome de l’île de Pâques

Leur faux espoir ne fait plus vivre.  A force de tirer sur la corde, de prendre les citoyens pour des imbéciles, la maxime « l’espoir fait vivre » ne fonctionne plus. Pire, elle est contreproductive amenant les « pétages de plomb » pour aller vers les nationalismes, les fascismes de toutes sortes ; blanc, gris, bleu marine, étoilés, financiers. Et si la croissance ne revenait pas ?, par Jean Chamel  Après le « peak oil  » voici le « peak all » dans notre mode de vie à cinq planètes.

Leur faux espoir ne fait plus vivre.  A force de tirer sur la corde, de prendre les citoyens pour des imbéciles, la maxime « l’espoir fait vivre » ne fonctionne plus. Pire, elle est contreproductive amenant les « pétages de plomb » pour aller vers les nationalismes, les fascismes de toutes sortes ; blanc, gris, bleu marine, étoilés, financiers. Et si la croissance ne revenait pas ?, par Jean Chamel  Après le « peak oil  » voici le « peak all » dans notre mode de vie à cinq planètes.

Alors nous sommes dans le syndrome de l’île de Pâques, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, accosta le jour de Pâques sur une île, jadis accueillante, une île sans arbres, peuplée de 2 à 3 000 habitants rescapés d’une grande civilisation incapable de maitriser son  destin. Peut-être qu’avant la chute finale les derniers monarques chantaient le retour de la croissance sur l’île avec l’augmentation de la productivité, avec la conversion de fonctionnaires publics en fonctionnaires privés, de services publics en services privés, avec la création de nouveaux emplois professionnels, les masseurs de plage, les serveurs de coco, les plieurs de journaux, etc..? Eux aussi avaient besoin de cinq îles-planètes.

 

Le fait de ne pas intégrer le côté ravageur de l’Humain  augure mal la gestion de notre crise actuelle. Derrière les beaux discours, l’individualité collective somme des individualités de notre fameux système néolibéral, le ‘chacun pour soi’ caché derrière les décors, derrière les sourires, règne en maître. La guerre ne se fait moins sur les champs de bataille mais bien plus sur les places boursières avec ses légions de traders. La mort et le sang sont moins voyants mais plus importants.

 

Si vous avez fait  un peu de vélo en groupe, le phénomène de l’irresponsabilité de la course en avant  est désespérant. Combien de fois ai-je entendu de bonnes intentions ? « Aujourd’hui on roule à 34km/h, on s’y tient, on ne déconne pas. Ok ! Tout le monde est d’accord ». Que croyez-vous qu’il arriva à chaque fois ?  De fil en aiguille, de relais en relais, chacun contribua à l’augmentation de vitesse pour arriver à l’éclatement du groupe. "La prochaine fois, on sera raisonnable".  En vélo, il y a toujours une prochaine fois.  Sur l'île de Pâques, il y eut un avant et un après; une sorte de 'Peak Isle'.

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