Compte-rendu d'un week-end horrible.

La situation de ma femme Nicole (59 ans, diagnostiquée en 2015) s’est dégradée depuis le début de ce mois de mai. Peut-être est-ce dû à mon hospitalisation pour l'embolie pulmonaire créant de fait un choc psychologique ?
L’ajout de l’antipsychotique a permis de retrouver un certain calme sauf avec les infirmières pour la toilette et mes tâches quotidiennes comme l’habillage et le déshabillage.
En espérant tenir une grosse semaine, une entrée pour quelques temps dans un Ehpad est programmée.

Malheureusement, c’est devenu ingérable samedi. Crachats plus cris et hurlements à faire résonner la maison et à inquiéter le voisinage.
J’ai donc appelé les urgences psychiatriques Alzheimer à 13 heures. Ils m’ont dit qu’ils ne feraient rien sans un formulaire provenant de SOS-Police ou SOS-médecin.
SOS-Police, inquiet, voulait intervenir tellement les cris étaiement assourdissants, mais sans violence sur moi c’était obligatoirement SOS-Médecin.
Celui-ci est arrivé à 17 heures et la piqure de 15mg de Valium n’a pas eu d’effets tangibles.
Les réponses téléphoniques à ses appels pour une entrée en urgence à l’HP ‘Charles Perrens’ Bordeaux ou l’HP Cadillac m’ont choqués.
Sûrement en grand week-end de pentecôte, se rejetant le cas, personne ne voulait de cette admission. Par dépit du médecin et de nous, départ pour Bordeaux.

A notre venue à 18h30, nous deux et Clément, le SECOP à l’HP ‘Charles Perrens’ nous a envoyé en ambulance 2 heures et demie plus tard aux urgences classiques du CHU Pellegrin, à 200 mètres, pour lever tous doutes symptomatiques. Nous avions l’assurance qu’ ils nous reprendraient après si le bilan était normal.

Me refusant l’accompagnement de Nicole, Clément et moi sommes restés dans la salle d’attente des urgences. Devant la situation ingérable (cris, hurlements, débattements et manque de communication), les urgences m’ont évidemment appelé sur mon portable pour recueillir toutes les informations indispensables (contexte, médicaments, etc..). Pour plus de facilité, une stagiaire est venue à ma rencontre.
A 3 heures du matin, toujours dans la salle d’attente, trouvant le temps long, j’ai demandé à l’accueil des informations, celui-ci nous ont envoyé dans le box 7 du secteur B. Je dois remercier le personnel qui nous a permis de nous reposer un peu.
Car il fallut attendre encore 1 heure pour savoir que les urgences avaient décidé de garder Nicole pour la nuit sachant que le SECOP nous refusait et que le cas de Nicole ne relevait pas de la psychiatrie. Je me suis pincé pour bien comprendre. Nous sommes donc rentrés abasourdis à 4h30 et repartis chercher Nicole à 8h30 pour une sortie à 10h00.

De tout cela, le seul aspect positif est que les sédatifs, pour le passage dans le scanner, ont calmé Nicole, qu'elle n'est pas malade et qu'elle est tout à fait normale.
C'est moi qui doit être fou puisque, par méconnaissance sûrement, SOS-Médecin a mis "Alzheimer débutant" sur le formulaire.

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