Nous sommes sur un pont d'Avignon ferroviaire, le train de l'Histoire, pris en otage, roule à vive allure et le temps nous est compté. Nous avons deux choix possibles, la catastrophe assurée à la moitié du pont brisé ou un plongeon mémorable en sautant du train dans le Rhône. Bref, une petite chance de survie ! Mais quelle joie, quelle frayeur et des histoires à raconter à nos petit-enfants ! Effectivement, nous aurions pu arrêter le train si...et si... , si on s'était mis d'accord, si on avait mis la Gauche en état de marche. Hélas ! C'est trop tard. Il est trop tard pour s'apitoyer, il est trop tard pour faire une prière.
Autrement dit par Frédéric Lordon sur Arrêt sur Image ( La bourse ou la vie ? L'Europe a choisi [de Laurent Pinsolle] ) :
Sauver les banques : jusqu'à quand ? (Frédéric Lordon à @si)
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Est-ce dans cette société là que l’on veut vivre, une solidarité à minima, un Etat réduit aux affaires étrangères, aux anciens combattants et au train de vie d’une élite ? « C’est cela, justement, que je ne peux pardonner à la société contemporaine : qu’elle soit une machine à désespérer les hommes » (Camus).
COMME RIEN N’EST POSSIBLE, TOUT DEVIENT POSSIBLE.
Voilà le véritable projet d’une certaine élite : quel que soit le prix, réduire les gens en zombies se détestant férocement, mettre au pas ce pays rebelle qui a osé dire « NON » au grand frère américain, « NON » à la guerre d’Irak, « NON » au TCE, « NON » à l’ultralibéralisme! Pour cela, on a même demandé en personne « pardon » chez G.W. Bush et écouter la sentence de tribunal. On voit déjà les ‘Ouistes’ prêcher pour un retour à la normal en 2012 comme si on pouvait recoller les morceaux. Mais, on ne recolle pas une rupture !
Pour mémoire le slogan électoral « Rupture » était basé sur le dynamisme recouvré, la France qui fonce dans la bonne humeur, la France unie compétitive, la France fraternelle victorieuse.
Seulement voilà ! La « Rupture » avariée avait un goût de « Fracture Sociale ». Au lieu d’emmener cyniquement, sournoisement, le troupeau à l’abattoir en douceur sans éveiller les consciences, dans les faits, la fameuse rupture officieuse consistait à protéger encore plus les riches, à passer à la vitesse supérieure (à mettre en vélo de Nicolas, le grand développement), à mettre un coup de fouet et à mettre un coup de pistolet électrique au cul du troupeau rempli d’effroi devant la bêtaillère allant à la boucherie. Car, boucherie il y aura !
Pour ces gens là, nous sommes des "cons", de la chair à canon allant à la guerre d'Irak. Rappelez-moi qui a financé Saddam Hussein contre l'Iran ? Eux, les pilotes des carnages humains passés et hélas futurs avec la bénédiction du Vatican ! Dieu veut préserver les valeurs néolibérales !« Je ne suis qu’un banquier faisant le travail de Dieu »
‘TOUT DEVIENT POSSIBLE’. Sur son blog, le président des jeunes UMP, considère que Pierre Laval, chantre de la Collaboration avec l'Allemagne, « a été un homme courageux et redressant la France en 1932 » [comme sous-entendu Nicolas Sarkozy a été un homme courageux et redressant la France en 2010].
‘TOUT DEVIENT POSSIBLE’. Sur le même registre, il osera dire pour faire toujours du buzz que Hitler et Laval étaient des gens formidables même si, à une époque, ils se sont trompés légèrement.
NON !, NON et NON ! Faire fi de millions de morts, d'une idéologie nauséabonde, NON !
Quelle prétention de croire que le lavalisme a été une erreur dans une stratégie économique viable et courageuse !
Le Sarkozisme a allumé une mèche d'une bombe à retardement. Et on nous dit que l’on a voté démocratiquement pour ce programme ! Qu’il faut respecter le suffrage universel ! Passons sur la « Fracture Sociale 1995 » rachetée par le NON ONUsien, là, l’escroquerie intellectuelle a des limites ! Le peuple abusé devrait porter plainte devant le Conseil Constitutionnel garant de notre ‘vivre ensemble’ ou défiler à plusieurs millions dans les rues ou imposer un référendum. La délégation de pouvoir consentie par le peuple souverain ne donne pas tous les droits. Le président de la République est garant de notre constitution et n’est sûrement pas un PDG ou un administrateur d'une firme quelconque.
Avec l’aide des voisins soumis, les gouverneurs auto-désignés, auto-financés, de ce pays ne peuvent pas perdre, ne veulent plus perdre. Les milliards de perte économique n’ont que très peu d’importance devant leur solution finale à la « Mad-Max ». Les salariés, les fonctionnaires, les professions libérales, les artisans, les indépendants, les artistes, les petits patrons, les vrais hommes de lois, les vraies forces de l’ordre - bref toute la société normale, sauf le MEDEF et le CAC40 - n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Les puissants, les dominants donnent le petit pécule pour les faire survivre. Ils fabriquent un mirage d’espoir et les corporations ferment leurs yeux et leur conscience ; chacun sa peau, chacun se mauvaise conscience, chacun ses ennuis, les agriculteurs détestant les salariés d’un côté, les salariés détestant les agriculteurs de l’autre, ainsi de suite. La lutte collective a laissé place à la Chute Finale assumée !
Les notions de Retraite, de Répartition, et de Sécurité Sociale auront disparu dans 20 ans du vocabulaire commun. Les mots, comme nos symboles de notre République, seront peut-être gardés pour alimenter l’illusion et bercer les gogos devant leurs médias. La capitalisation et les complémentaires ‘santé’ auront pris la relève à 95%. Après nos bijoux de famille (autoroutes, infrastructure, services publics, nos fleurons industriels, nos musées) avec ces notions disparues, que nous restera-t-il ? Des rentiers, des vieux, des stagiaires et des minima-sociaux ?
Le conflit actuel n’est rien d’autre que la fracture entre le OUI et le NON, entre
Collaborationnisme et Résistance-non-soumission :
- soit on laisse des puissants faire la pluie et la misère sur Terre, on descend au niveau des esclaves,
- soit on réfléchit rapidement tous ensemble à la gestion du pays et de la planète.
Evidemment qu’entre tous les êtres humains, le partage des richesses est une nécessité absolue et urgente. Mais ce n’est pas à des castes, à des brigands, à des mafieux, - serviteurs des Maîtres du Meilleur des Mondes -, finançant leurs campagnes électorales avec de l’argent sale tâché de sang, de nous l’imposer. En exigeant des politiques une certaine intégrité, la Politique aurait dû être notre fil d’Ariane dans cette évolution inéluctable. Pourtant facile à réaliser si ceux-ci avaient encore réellement le pouvoir, n’oublions pas qu’un infime pourcentage sur les flux financiers résoudrait bien des problèmes de l’humanité ! Qui commence ? Ah ! Je vois ! Des mots toujours des mots et des couvertures (médiatiques et démagogiques) !
Croyant avoir découvert leur pierre philosophale de la maîtrise du Monde, ils ont eu la prétention de « mathématiser » les marchés financiers et les comportements des acteurs économiques rationnels. Avec la crise, on a vu ce que cela donnait.
Ils ont eu la prétention de « mathématiser » le comportement des masses et la gestion des ressources humaines. Avec le No man's land à la « Mad-Max », on va voir ce que cela va donner.
Quand des êtres humains, sortant de nulle part, proclament ‘Nous savons ce qui est bon pour les autres’, on n’est pas bien loin de la folie et de la dictature.
Dans cet univers Mad-Maxien, pire que les films de science fiction (« Le Fils de l’Homme »), demain, sous un régime encore plus violent, celui qui se fera descendre ou broyer par des robocops, est forcément un renégat, un criminel, un anti-pseudo-démocrate, un néo-gaulliste, un gauchiste illuminé, un rebelle à réquisitionner par la force. Devra-t-il en passer par l’humiliation du tas de chair, par le déshabillage intégral, par la torture, par le marronnage dans des geôles obscures ? Rien ne doit empêcher le Meilleur des Mondes – ‘virtuellement élu pseudo-démocratiquement’ - de tourner en rond. Rien ne peut perturber le bon peuple servile !
Il est beau notre « Monde » égocentré, nombriliste sur ses petites satisfactions, où les jeunes sans avenir se suicident, où les travailleurs se suicident sur leur lieu de travail, où la plupart des gens se shootent aux anxiolytiques, aux somnifères, ou la cigarette repart, ou les vieux sont considérés comme des charges, des boulets.
Hélas, il fallait se méfier des politiciens démagogues; des prêcheurs de vertus, des sauveurs de la veuve et de l’orphelin sur la planète, de la misère dans le monde, des sauveurs de nos valeurs républicaines. Il fallait se méfier des politiciens qui jouaient les démocrates, pour mieux accaparer le pouvoir et détruire l’Homme, notre bien commun, notre vivre ensemble.
En 2007, comme en 2002, après les événements dans une gare bien téléguidés, bien téléphonés, en focalisant le chiffon rouge sur l’extrême droite avec une rumeur de sa présence au deuxième tour, un éditorial osait même nous dire dans un journal du soir que l’ « impératif démocratique » exigeait de ne pas voter ‘centriste’ ; meilleur moyen selon lui de basculer dans les extrêmes, de tomber dans l’irréparable. Aujourd’hui nous en sommes là ! Le pire est arrivé. L’extrême-n’importe-quoi est là, conflits d’intérêts, financements occultes, plus aucun contre-pouvoir, étouffements des affaires d’Etat, dépaysements judiciaires, etc… la « Totale » !
Les dindons de la farce de la première heure se cachent. Ils font l’autruche ou invoquent des arguments fallacieux et haineux. La haine de toutes oppositions resurgit. « On est pour la dictature, l’ordre et l’anti-chienlit ou pour ces escrocs, ces doux rêveurs utopiques et divisés ».
Le peuple n’est pas mort, il se rebiffe encore! 1995 a démontré à Alain Juppé que le passage en force était à proscrire dans toutes les réformes d’asservissement, de mise au pas. Il savent maintenant que pour tuer l’adversaire - le monde salarial, producteur de vraies richesses -, il faut commencer par le ridiculiser, le décrédibiliser ( nantis, preneurs d’otages, fainéants, lève-tard, etc..) -, saper ses assises, ses places fortes, ses tours imprenables où étaient retrancher les dernières forces syndicales efficientes.
Solitude dans le monde du travail, grâce au management moderne et à l’informatique personnelle, il fallait également tuer tout esprit collectif, toute cohésion, toute fraternité. Aujourd’hui - le comble dans une société libérale -, brisé, éreinté, espérant une fin de vie heureuse, le salarié va au travail comme un esclave au champ de coton. Comble de l’engagement, sa tête est ailleurs. Le negro spiritual interdit a laissé place aux casserolades interdites. Le monde industrielle et tertiaire est devenu une machine à broyer les humains, esclave-consommateurs en semi-liberté allant du BERCEAU au CAVEAU en passant par les cases METRO, VELO, BOULOT, APERO, LOTO, BIMBO, PORNO, CRADO, CONSO, CLODO, DODO. Bref toute une vie !
La loi du « tout devient possible », la loi du plus fort, la loi des êtres génétiquement parfaits (la race des seigneurs face aux faibles), le darwinisme bestial, la loi du « no-limit », la loi de l’extrême-culot buzzenciel, la loi du sensationnel, le néolibéralisme n’appartiennent à personne, mais simplement à la connerie humaine. En participant, on s’y brûle les ailes à vie. Comme il est dur de s’élever, de se méfier de soi-même, comme il est facile de se vautrer sans efforts !
Comme élèves modèles, comme dominants prétentieux, nous avons exploité la misère du Monde. Voyant maintenant les limites de la planète, partant sous d’autres cieux plus avantageux, ce néolibéralisme contagieux, que l’on a favorisé pendant des décennies, vient de nous larguer en plein ciel. Les gavés du Nord ne comprennent pas. Pourtant, les enjeux géostratégiques devraient concerner tous les humains. Malheureusement quand sa survie est en jeu, ces enjeux cruciaux deviennent très secondaires. Ils sont délégués à un réseau de chefs de bandes mafieuses qui nous prêchent, couche après couche, les bons sentiments, le bon Saint Maritain.
Oui, nous sommes les « cons » de Georges Frêche, mais qu’ils arrêtent de nous prendre pour des « cons » ! Ils en deviennent ridicules !