Sciences, culture et responsabilités

En ces temps de "confinement", le système de soins français se trouve mis en situation d'échec grave au regard de la comparaison de ses résultats avec ceux des pays limitrophes (voir "sortir-du-confinement-en-adultes-le-manifeste" chez 3P.Editions). Il apparaît opportun de s'interroger sur la place des sciences dans la culture générale en France, qui apparaît la championne de l'inculture pub.

Chaque science agit sur la réalité comme un microscope : elle permet d'en découvrir des aspects insoupçonnables mais pourrait conduire à en ignorer des pans entiers.

Les sciences informent la culture dite "générale" et contribuent à apprécier la réalité, ses bienfaits et ses méfaits. Cette culture générale est la forme la plus élaborée du lien social. Celui-ci devrait se consolider avec le progrès des sciences.

Malheureusement, le lycée a renoncé à cette ambition de faire partager un certain niveau de culture générale à toute une génération. A cette" aune, en se faisant système d'orientation professionnelle, le lycée est devenu une entreprise de démolition sélective.

Aujourd'hui, parmi les véhicules de la culture générale, figurent les médias. Malheureusement, nombre d'entre eux sont gangrenés par l'inculture pub. Il en va de même des normes et réglementations, dévoyées par le lobbying. 

Face à ces déviances, La responsabilité d'une profession libérale est de mettre une ou plusieurs sciences au service de l'Homme.

Malheureusement, certaines professions libérales sont dévoyées par le néo-libéralisme et sont rabaissées au rang du "business as usual". 

Le minimum qu'on puisse attendre de l'Etat, c'est de protéger la formation initiale de ces professions libérales de cette déviance néolibérale.

C'est le cas en médecine.  Malheureusement, dans les établissements hospitaliers, la culture néolibérale, véhiculée par un encadrement administratif de plus en plus présent, a contribué à l'impréparation de notre système de soins ! Les stocks de masques étaient en Chine, mais ce sont les ressortissants français que les autorités ont envoyé chercher par les militaires. L'ironie du sort a voulu qu'au passage, faute d'une mise en quarantaine, ces soldats ont, au passage, précipité l'arrivée du Covid19. 

Dans le cas de l'architecture, l'Etat ne protège ni la profession, ni la formation initiale des déviances ultralibérales. L'enseignement de l'architecture est sous tutelle du ministère de la Culture et où la pénétration des technologies de l'information se déroule toujours dans des conditions qui font honte à la France. Les droits des auteurs de progiciels y sont constamment bafoués ; les droits et devoirs qui en découlent pour les éditeurs sont tout autant ignorées. L'irresponsabilité règne.

Une des faiblesses françaises, au XXe siècle, c'est d'avoir engendré une conception et un milieu de la Culture qui excluent la culture scientifique. Cette faiblesse accentue les effets du néolibéralisme dont la France apparaît comme un des champions dans le monde.

Le "confinement" et "l'isolation" sont deux termes qui en passant dans le langage commun, ont perdu toute validité scientifique sans que les professions concernées ne s'indignent. Les deux phénomènes se combinent pour contribuer aux résultats du système de soins français qui, par comparaison avec les pays limitrophes, apparaissent désastreux face au Covid 19 comme face aux canicules (voir sortir-du-confinement-en-adultes-le-manifeste chez 3P.Editions)   

 

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