« Si le paradis existe, ça serait une bibliothèque. » Tomi Ungerer
La bibliothèque construit, voire consolide l'imaginaire, des sages et des intrépides. Elle est un espace social inter-générationnel, qui éveille les esprits, mais encore, un refuge au sein d'une société individualiste, puisqu'elle favorise l'échange (exposition, concert, conférence/débat). Elle permet aussi de trouver sa place dans la société (préparation aux concours, révisions des diplômes) par un accès à la culture, pour des individus qui tentent de renverser des déterminismes sociaux qui leur sont plus ou moins défavorables. La bibliothèque étant une garante de l'universalisme, du fait qu'elle est le temple de l'altérité.
Elle est un des fondements de la civilisation, à savoir qu'elle trouve ses origines depuis l'art figuratif qui arborent les grottes de Lascaux à l'ère paléolithique, à l'invention de l'écriture par les sumériens et enfin prend une forme proche de celle que nous connaissons aujourd'hui, depuis les étagères débordantes de papyrus à Alexandrie.
La bibliothèque suppose un triptyque, en renouant avec le passé, tout autant qu'elle nous laisse envisager l'avenir. Mais avant tout, elle nous inscrit, dans un présent éternel 1 …
« Aucun homme n'a vécu dans le passé et aucun ne vivra dans l'avenir ; le présent seul est la forme de toute vie, mais celle-ci est alors ce qu'il possède de façon sûre et que personne ne peut lui ôter. Le présent est toujours là, ainsi que son contenu : tous deux se tiennent fermement, sans défaillance, comme l'arc-en-ciel sur la chute d'eau. Car la vie est sûre et certaine pour la volonté, comme le présent l'est pour la vie. » Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, chapitre 54.
1 Eternel par la prise de conscience d'une passion naissante, qui peut jaillir en nous tel un « feu éternel ». Tiré de la notion de bonheur selon Albert Jacquard Source INA.