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Billet de blog 22 janv. 2022

Des «restaurateurs» qui se gavent sur votre dos.

Cette idée de billet m'est venue après un déjeuner récent dans un restaurant où je mange parfois. Toujours excellemment car la nourriture y est garantie 100% maison et naturelle. Après aussi les révélations que m'a faites le chef que je connais bien et dont je partage les valeurs. Il y avait déjà des "restaurateurs" qui choisissaient la facilité Sodexo. Il y a aujourd'hui pire et c'est fréquent.

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Il existe des restaurateurs qui n′hésitent pas à commencer leur journée à 4 ou 5 heures du matin pour préparer eux-mêmes les entremets et sauces qu′ils vont proposer à leurs clients quelques heures plus tard avant de se rendre chez leurs fournisseurs locaux, qui font généralement de la vente directe à la ferme ou écoulent leur pêche sur les quais à destination de ceux qui habitent à proximité des côtes, s′approvisionner en produits frais et naturels, non traités. Puis de retourner dans leur cuisine les accommoder pour les servir le midi même. Ces restaurateurs sont tous adeptes de la Slow Food sans obligatoirement être adhérents du mouvement ni même en connaître l′existence ou la signification de cette expression qui est tout bonnement l′anti fast-food. Ce sont aussi avant tout des personnes extrêmement honnêtes et désintéressées qui travaillent pour vivre en harmonie avec leurs convictions, pour proposer à leur clientèle des saveurs locales et uniquement de saison, de la sincérité et de l′authenticité donc, sans recherche première d′enrichissement. Ils ne sont malheureusement pas nombreux bien qu′il faille les connaître impérativement si on ne veut pas risquer de se faire arnaquer lorsqu′on veut bien manger au restaurant.

Puis il y a les autres. Ils ne sont certainement pas tous malhonnêtes bien que la protection du climat, de la biodiversité et la promotion des producteurs locaux qui ne résident qu′à quelques kilomètres de chez eux n′entrent pas forcément dans leurs préoccupations principales, pas davantage que n′y entrent les conditions sociales de production des ingrédients qui vont composer les plats qu′ils servent. Ce qui est déjà regrettable de nos jours alors que les urgences, climatique et sociale, ne sont plus à démontrer. 

Parmi ces autres, il y a, de plus en plus nombreux, ceux qui n′hésitent pas à se procurer l′ensemble de la cuisine qu′ils vont vous proposer sous emballage plastique, sous vide donc. C′est tout simplement de l′arnaque car il leur suffit d′arriver dans leur restaurant une ou deux heures avant l′ouverture au public pour le service, de donner quelques coup de couteau dans les emballages, de faire chauffer le tout, de dresser les assiettes puis de servir suivant les commandes des clients, gogos bien souvent à leur insu, assis à table en salle qui vont ensuite régler souvent cher un repas qu′ils auraient tout aussi bien pu préparer à l′identique chez eux sans savoir nécessairement cuisiner. Ils règleront d′autant plus cher leur repas si le restaurant en question se prétend «gastronomique» car il y en a aussi qui trichent dans cette catégorie. Et les marges de ces ″restaurateurs″ sont énormes bien que les seuls à tirer leurs marrons du feu ne sont autres que les préparateurs centraux de cette tambouille qui écoulent des quantités considérables. Une drôle de conception du ruissellement. Le problème est qu′à force d′avaler de la nourriture industrielle, les consommateurs ne savent plus reconnaître le véritable goût des aliments véridiques, le goût de l′authenticité donc. N′importe qui peut donc leur faire avaler n′importe quoi. Comme en politique...

Pour pouvoir appeler cette cuisine du ″fait maison″, car ils en ont hélas le droit, il leur suffit d′ajouter une petite touche personnelle. Comme par exemple des copeaux de chocolat sur des mousses chimiques qui leur ont été livrées en conteneurs de plusieurs litres, ou encore un quartier d′orange sur une cuisse de canard à l′orange, dont la viande, nerveuse et filandreuse à souhait la plupart du temps, provient souvent d′élevages concentrationnaires ou de fermes piscicoles d′Europe de l′est, et la sauce qui l′accompagne bourrée d′additifs ″alimentaires″. C′est paraît-il tout à fait légal. Mais ce n′est pas normal et ces pratiques méritent d′être dénoncées et boycottées.

De telles pratiques sont véridiques car elle m′ont été révélées par un restaurateur dont les maitres-mots sont honnêteté et authenticité. Il ne m′a pas été facile de faire des recherches sur le sujet car les tricheurs ne s′en vantent bien évidemment pas. Mais il vous suffit de visiter cette page internet, d′ouvrir les sites qu′elle propose pour vous faire une idée, que dis-je, une certitude. 

Les seuls moyens dont vous disposez pour trouver un restaurant qui ne fait que dans la sincérité  quand vous voulez déjeuner dans une ville autre que la vôtre sont d′abord les sites internet de notation et les guides touristiques à condition que vous soyez assurés de leur impartialité. C′est relativement simple de démêler le vrai de l′arnaque mais ça peut demander du temps de lecture et de recherches. Si, par contre, il s′agit d′un restaurant qui se trouve là où vous résidez, n′hésitez pas à aller jeter un œil sur le contenu de ses poubelles pendant quelques jours  avant de vous décider. Les poubelles révèlent plus de choses que tous les menus et cartes. N′hésitez pas non plus à vérifier sur quelques jours les heures d′arrivée du personnel de cuisine au restaurant. Et faites bien attention au nombre de plats proposés : plus il y en a, moins vous aurez de chances qu′ils soient authentiquement faits maison. Des techniques simples à connaître.

Si vous avez l′occasion de passer par Landerneau et souhaitez y manger, cette adresse ne vous décevra pas que ce soit point de vue qualité, quantité et prix. Vous ne risquez pas non plus de vous y faire arnaquer car tout y est préparé maison à partir de produits exclusivement frais, locaux lorsque c′est possible et uniquement de saison.

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