Ma contribution à la Convention Citoyenne pour le Climat

Depuis son élection, Emmanuel Macron affirme qu’il est ouvert à des propositions imaginatives en matière de lutte contre le réchauffement climatique mais, sans oser le dire, à deux conditions: que les propositions ne concernent que les ménages et qu’elles ne perturbent en rien l’action du gouvernement à Bruxelles ! La Convention Citoyenne pour le Climat doit être l’occasion de lever cet interdit.

On ne peut espérer lutter efficacement contre le réchauffement climatique sans avoir le courage d’affronter les lobbies qui défendent l'industrie la plus polluante et sans avoir le courage de taper du poing sur la table à Bruxelles pour imposer un niveau de taxe carbone qui modifie les comportements des indutriels. La France a eu le courage autrefois d'imposer un marché commun de l'agriculture. Elle doit avoir le courage aujourd'hui d'imposer une taxe carbone européenne pour lutter contre le principal danger qui menace la planète, le réchauffement climatique.  

Voici ma contribution à la Convention Citoyenne pour le Climat, une contribution qui reprend (en respectant la règle des 1 500 caractères) le contenu de plusieurs tribunes écrites dans Le Monde, dont une cosignée avec Michel Barnier à la veille de la COP21 (14 août 2015), dans Le Figaro et sur Mediapart *:

« Les émissions de dioxyde de carbone des ménages représentent le quart des émissions totales de dioxyde de carbone alors que les émissions de la grande industrie représentent plus de la moitié des émissions. Il est donc prioritaire de réduire les émissions de la grande industrie.
Or, la taxe carbone facturée aux ménages français est en 2019 de 44,6 euros alors que la taxe carbone facturée aux 12 000 plus grands centres industriels européens évolue entre 20 et 25 euros.

Pourquoi cette situation ? Parce que la taxe carbone européenne a été confiée à un marché financier !

Cette décision a été prise à un moment où les gouvernements n'étaient pas conscients des excès de la finance.

Il faut remplacer le marché financier des quotas de carbone par une taxe européenne qui serait fixée à un niveau suffisamment élevé pour que les industriels soient contraints de modifier leurs comportements.

Dans l’immédiat, il conviendrait de supprimer la distribution de quotas gratuits (la moitié de l’offre de quotas) qui expliquent le niveau très faible de la taxe carbone appliquée aux industriels. La distribution de quotas gratuits revient à subventionner des industries très polluantes comme les cimenteries, les aciéries, les usines chimiques, etc. !

Ces décisions - suppression en deux ou trois ans de la distribution de quotas gratuits, puis mise en place d'une vraie taxe carbone européenne pour la grande industrie polluante - seraient naturellement prises au niveau européen ».

* Voir aussi mon livre pour plus d'explications "Eviter l'effondrement" (Seuil).

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