Conseil européen : les dirigeants de la zone euro face à un dilemme existentiel

Le Conseil européen du jeudi 23 avril sera capital au moment où se dessine une nouvelle crise grave de l’euro. Comme en 2008-2010, le choc économique et financier mondial fragilise en effet la zone euro. La divergence actuelle des taux d’intérêt au sein de la zone monétaire est de mauvais augure.

En réalité, depuis l’origine, l’euro n’a pas cessé d’être en crise. Mais cette crise prend des formes diverses selon les périodes. La crise est parfois souterraine, lorsque les taux d’intérêt sont sages et que les bulles financières se constituent. Ce fut le cas dans les années 2000 et dans la période récente. La crise éclate au contraire au grand jour, lorsque les taux d’intérêt s’envolent et que les Etats sont menacés d’une crise de solvabilité. Ce fut le cas en 2010-2012.

Le remède à la crise a été trouvé dans les politiques d’austérité et dans l’action spectaculaire de la BCE. La BCE a d’abord distribué de l’argent aux banques pour leur permettre d’acheter de la dette publique et de faire baisser les taux d’intérêt. Elle est ensuite passée elle-même à l’action avec la politique de quantitative easing (achat de dettes souveraines).

Fin 2019, la BCE, les banques centrales nationales et les banques commerciales de la zone euro détenaient ainsi environ 40% de la dette de certains Etats, un montant considérable qui est trois fois plus important qu’aux Etats-Unis. C’est une situation qui est doublement paradoxale. D’abord, parce que le lien entre les banques et les Etats n’a jamais été aussi fort alors même que les dirigeants européens prétendaient couper ce lien avec l’Union bancaire. Ensuite, parce que la détention de dettes publiques par les banques, pour des montants aussi importants, interdit de fait une restructuration de dettes. Ce serait conduire les banques à la faillite.

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