Sionisme, racisme légal...

Ce 14 Novembre 2011, Daniel Horowitz écrivait sur son blog :

« Certains observateurs de la politique israélienne déclarent de bonne foi être antisionistes, tout en se défendant d'être antisémites. A ceux qui leur disent que l'antisionisme n'est qu'un antisémitisme recyclé, ils opposent qu'il est injustifié de taxer ainsi une opinion qui ne fait somme toute que récuser le sionisme en tant que projet politique. Ils estiment donc que l'antisionisme relève de la liberté d'expression. »

http://blogs.mediapart.fr/blog/daniel-horowitz/141111/antisionisme-et-antisemitisme

 

Jusqu’à présent, je pensais naïvement que l’antisémitisme était une forme de racisme : un racisme très particulier car il s’attache à démontrer l’existence d’une race juive et la considère comme inférieure.

Monsieur Horowitz prétend que l’antisionisme est une forme « recyclée » de cet antisémitisme. Ce qui signifierait que les antisionistes ont une perception raciale des sionistes.

Monsieur Horowitz se méprend gravement. Ce sont les sionistes qui ont depuis plus d’un siècle, une conception raciale d’un prétendu peuple juif.

 

Certes des millions de « juifs » ont été persécutés et atrocement massacrés par les hordes nazies qui agissaient au nom d’une idéologie nationaliste raciste et plus particulièrement antisémite. Ces nazis étaient convaincus de l’existence de la race juive et voulait l’exterminer. D’où le massacre aussi de nombreuses personnes qui n’étaient plus de confession « israélite » mais dont le nom les rattachait à cette communauté. La conception raciale permettait ainsi de réduire davantage de gens en esclavage et de les exterminer sans avoir à prendre en compte les convictions religieuses.

Or les nazis avaient-ils inventé ce concept de race juive ?

Les sionistes depuis longtemps avaient conçu une théorie nettement raciale pour élaborer un nationalisme « juif ».

L’un des premiers théoriciens Moses HESS (1812-1875) écrivait dans Rome et Jérusalem: "La race juive est une race pure qui a reproduit l'ensemble de ses caractères, malgré les diverses influences climatiques. Le type juif est resté le même à travers les siècles"… "Il ne sert à rien aux Juifs et aux Juives de renier leur origine en se faisant baptiser et en se mêlant à la masse des peuples indogermaniques et mongols. Les caractères juifs sont indélébiles".

 

La notion de peuple-race a été, dès le 19ème siècle, au cœur d’une idéologie nationaliste qui deviendra le sionisme. Déjà en 1879, c'est à dire peu d'années après la création de l'Empire allemand, Heinrich von Treitschke, historien célèbre à l'époque, dénonce cette conception raciale de l’histoire : "Lisez, je vous prie, L'Histoire des Juifs de Graetz: quelle fureur fanatique contre l'ennemi héréditaire, le christianisme, quelle haine mortelle précisément contre les représentants les plus purs et les plus grands de l'identité allemande, de Luther à Goethe et à Fichte! Et quel élan d'estime de soi superficielle et blessante! (...) Et cette haine rigide pour les "goys" allemands n'est en aucun cas l'état d'esprit d'un fanatique isolé..."

La guerre entre ces nationalismes avait donc commencé bien avant qu'un Adolf Hitler ne la reprenne pour flatter le sentiment nationaliste allemand!

 

Le sionisme d’abord soutenu par les Britanniques, s’est imposé après la seconde guerre mondiale, grâce notamment aux divers sentiments de culpabilité du monde occidental et chrétien, et sans doute aussi pour servir des intérêts économiques inavouables.

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