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Billet de blog 8 juil. 2017

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Le Vénézuela, plus que jamais la cible des Etats-Unis

Pendant des années, le célèbre président vénézuélien Hugo Chavez a été la cible d'innombrables attaques, et pas seulement médiatiques, provenant des intérêts américains. Non seulement il était présenté comme un dictateur, mais comme trahissant en fait les intérêts d'un prolétarien vénézuélien qui se reconnaissait en lui.

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La raison de ces attaques ne pouvait échapper à ceux qui voulait faire l'effort de comprendre. Le Vénézuela est possesseur de très importants gisements pétroliers. En 2009, des estimations américaines faisaient état de 1 360 milliards de barils de pétrole contenus dans le sous-sol du pays, dont 514 milliards techniquement exploitables (un peu plus de 70 milliards de tonnes), soit plus du tiers des réserves de pétrole de la planète.

Mais dès le début, Chavez avait eu le courage, seul parmi ses homologues, de refuser de livrer ces richesses au grands du pétrole américain, De plus, il avait décidé de se rapprocher de la Russie, en vue d'accords de coopération. A la mort de Chavez, en 2013, Washington espérait que son successeur, Nicolas Maduro, allait faire preuve de plus de faiblesse. Il n'en a rien été. Maduro, membre du Mouvement Cinquième République et président du parti socialiste unifié, avait à peu de choses près repris la politique de Chavez. Son mandat se terminera en 2019.

C'en était trop pour les Etats-Unis. Ce qu'ils n'avaient pas osé faire avec Chavez, jugé trop populaire, ils l'ont fait à grande échelle contre Maduro, sous forme notamment du déclenchement de mouvements insurrectionnels armés ayant multiplié les agressions. Les gouvernements et médias occidentaux ont donné un grand écho à ces mouvements, présentés comme exprimant une révolte populaire contre le « dictateur ». L'on faisait rarement valoir qu'ils étaient en fait l'expression d'une bourgeoisie riche qui comptait reprendre l'influence que Chavez lui avait retiré, et qui n'avait rien de populaire. De plus, ils ont été et demeurent largement pourvus en dollars par les intérêts américains. Ceux-ci avaient repris espoir de remettre la main sur le pétrole du Vénézuela et de soustraire le pays à l'influence supposée de Vladimir Poutine.

A la surprise générale, jusqu'à ce jour tout au moins, Maduro et les forces politiques qui le soutiennent ont résisté aux innombrables manifestations, souvent violentes, menéess contre lui et l'administration vénézuélienne. Bien plus, la justice et la police, restées jusqu'à ce jour fidèles dans l'ensemble au Président, ont décidé d'arrêter le banquier Fortunato Benacerraf Saias, directeur du groupe financier 100% Banco, pour ses liens avec deux autres chefs d'entreprise déjà mis en examen pour avoir conspiré contre le Conseil National Electoral, dans le but d'empêcher l'élection de l'Assemblée constituante prévue par Maduro pour le 30 Juillet. libéraliser les institutions.

Ce banquier est en relation avec d'autres entrepreneurs, Aristides Moreno et Roberto Picon, accusés d'avoir programmé une cyber-attaque des réseaux informatiques de l'organisme électoral. Leur but était d'empêcher l'élection des représentants à l'Assemblée nationale constituante. Moreno est le PDG et le fondateur d'un conglomérat de troupes financiers, Inversur. Il est aussi le président de Domegas, une compagnie de distribution de gaz domestique à Caracas.  Quant à Picon, il est directeur et actionnaire de l'entreprise informatique Consultores e Ingenieros (Consein, principale alliée de Microsoft, qui a déjà pris en main les technologies de l'information au Vénézuéla.

Les uns et les autres ont organisé des collectes dont l'une de 100.000 dollars uniquement destinées à procurer des armes aux manifestants.1)

Nul ne peut prédire aujourd'hui ce que sera l'issu du véritable combat à mort mené contre le prolétariat vénézuélien et Maduro par les Etats-Unis. Ceci d'autant plus que Donald Trump en a repris entièrement les objectifs. Lui et ses soutiens ne peuvent en effet rester insensibles au charme du pétrole vénézuelien.

Il serait temps cependant que les gouvernements et médias européens cessent de diaboliser Maduro et voient au contraire en lui ce qu'il est, le seul président sud-américain ayant encore le courage à s'opposer à l'empire américain. Le Brésil, comme on le sait, sous la direction du corrompu Michel Temer, lui aussi d'ailleurs en voie d'inculpation, a entièrement renoncé à jouer un rôle en ce sens au sein du BRICS, comme il l'avait fait sous la présidence de la courageuse Dilma Rousseff.

1) Pour en savoir plus, on pourra se référer à l'article http://www.latabla.com/venezuela-la-rebelion-de-los-ricos/ traduit par Tlaxcala http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20897

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