A qui imputer l'attaque du 11 octobre contre un pétrolier iranien ?

 

(voir Les Echos du 11 octobre https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/un-petrolier-iranien-probablement-frappe-par-deux-missiles-1139219

Ce pétrolier avait été frappé par deux missiles ayant provoqué un important incendie à bord. Mais celui-ci ayant été finalement maîtrisé, et comme nul n'en avait revendiqué la responsabilité, les suppositions concernant l'auteur possible de cette attaque perdent aujourd'hui une partie de leur intérêt. On avait parler des rebelles Houthis, mais cette fois-ci ils ont refusé cette accusation. Beaucoup avaient dénoncé l'Arabie Saoudite, mais on ne voit pas quel intérêt aurait celle-ci à inquiéter les acheteurs de pétrole. L'Iran pour sa part à déclaré ne pas connaître les auteurs de l'attaque. Les Etats-Unis avaient officieusement accusé l'Iran elle-même, mais on voit mal pourquoi celle-ci aurait pris pour cible un de ses pétroliers, alors que bien d'autres pétroliers circulant dans cette zone auraient pu être visés. Certains ont laissé entendre qu'Israël aurait pu attaquer le pétrolier, mais là encore son intérêt précis dans cette attaque n'est pas évident.

Tom Luongo, qui est un analyste politique américain se disant indépendant et publiant principalement ses articles sur le site lui-même non aligné Strategic Culture, considère pour sa part que le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo ne peut accuser l'Iran de la responsabilité de l'attentat. Pour lui, ce serait les éléments les plus agressifs de l'Etat profond américain recherchant la chute du président américain Donald Trump qui seraient les auteurs de cette attaque, avec éventuellement la coopération de l'armée (IDF) israélienne.

L'article est long et un peu confus. Nous en retiendrons que le principal objectif de cette attaque serait d'empêcher Donald Trump de retirer les troupes américaines présentes en Syrie. Ce retrait pourrait mettre en danger l'influence américaine au Moyen-Orient. La Russie et l'Iran pourraient profiter de ce retrait. Or la présence américaine garantit que les réserves de pétrole abondantes au nord de la Syrie n'échappent définitivement aux intérêts pétroliers américains et qu'à travers la complicité de l'actuel président de la Syrie Bashar al Assad, elles ne viennent renforcer les atouts dont dispose désormais Vladimir Poutine dans cette région sensible.

Inutile d'ajouter que la présence américaine est considérée à Tel Aviv comme essentielle à la sécurité d'Israël 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.