Les drones, arme absolue ?

On recense de plus en plus d'attaques de drones sur des sites fragiles comme les réservoirs de pétrole ou les zones  d'extraction.

Le dernier cas signalé à ce jour concerne un incendie provoqué sur des réservoirs et usines de traitement appartenant au géant pétrolier saoudien, l'ARAMCO et situés à Abqaiq, en Arabie saoudienne.

Cette attaque a été immédiatement revendiquée par les « rebelles » dits Houthis du nord Yémen, en guerre contre la coalition arabo-saoudienne, soutenue par ls Etats-Unis, qui s'efforce, sans succès à ce jour, de les chasser du Yémen (voil'article référencé ici provenant du site russe Rt.com).

Les Houthis avaient, selon leur représentant, déployé dans cette attaque une dizaine de drones armés. Ceux-ci, vu leur relative facilité à échapper aux barrières anti-missiles, constituent désormais une arme redoutable. Leur fabrication, sans être simple, est désormais à la portée de toute industrie aéronautique un peu conséquente. Ils peuvent également être fournis à leurs alliés par des pays tels que la Russie et la Chine, ou à l'opposé par les Etats-Unis. La France pour sa part, s'est engagée dans leur fabrication. Elle en utilise déjà au Sahel, pour le moment achetés en Amérique.

Ces drones ont déjà différentes tailles. Les plus grands ont l'envergure d'un petit avion de combat. Les plus petits ont un diamètre d'un mètre ou deux. Mais ce ne sont pas les moins redoutables, notamment dans les combats urbains. Tous seront de plus en plus autonomes, c'est-à-dire suivre des trajectoires ou choisir des objectifs en faisant seulement appel à leurs dispositifs d'intelligence artificielle embarqués. Mais ils ont encore besoin d'être conduits à portée de leurs objectifs par des avions ou des navires militaires, dont les équipages peuvent en conserver un certain contrôle.

Dans l'avenir, avec la miniaturisation et l'efficacité grandissante des équipements de navigation, ils pourraient devenir quasiment autonomes, c'est-à-dire choisir leurs objectifs et leurs trajectoires librement, à l'intérieur tout au moins d'un cahier des charges plus général. Il s'agira en premier lieu d'éviter qu'ils ne se retournent spontanément contre les sites émetteurs.

Vu leur petite taille et d'autres caractéristiques leur assurant une grande furtivité, il sera de plus en plus difficile de les identifier et de les intercepter, en dépit des progrès eux-mêmes constants des radars militaires. De plus, ce faisant, l'on mettrait en danger tout le trafic aérien civil, des confusions pouvant toujours survenir. Inutile d'ajouter que ces drones seront progressivement capables d'emporter des têtes explosives de plus en plus efficaces, pourquoi pas de mini charges nucléaires, si les conflits en arrivaient là.

Il s'agit là de perspectives que découvrent progressivement les stratèges militaires, et pour lesquelles ils ne proposent guère de solutions, sauf bombarder à tout va les pays ou les sites, comme récemment en Afghanistan, susceptibles de produire ou utiliser ces nouvelles armes.

 

 

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