Pourquoi Israël choisit-il la guerre et non la paix ? ​​​​​​​

La réponse paraîtra évidente à première vue. L'Etat Juif est entouré de plus de 300 millions de musulmans. Parmi eux se trouvent plusieurs dizaines de millions d'intégristes, Ceux-ci, depuis les origines d'Israël, ont cherché à l'éliminer du Moyen-Orient, qu'ils considèrent comme leur fief historique.

Cependant, dans de nombreux pays, juifs, musulmans et athées se sont depuis longtemps entendus, non seulement pour ne pas se faire la guerre, mais pour coopérer. Il y a tout lieu de penser que si Israël s'était décidé à joué la carte de la coexistence pacifique, ces musulmans, y compris au niveau des gouvernements arabes voisins, auraient répondu positivement.

Mais pour des raisons qui demeureront mal comprises, où la diplomatie du dollar a du avoir un rôle, Tel Aviv a depuis plusieurs années joué le jeu des Etats-Unis. L'objectif de ceux-ci a toujours été et demeure d'éliminer la Russie en tant que grande puissance dotée de l'arme atomique, susceptible de leur disputer la domination du monde.

On dira que c'est le « lobby juif » américain, l'AIPAC, qui pousse Israël à prendre cette position. Mais il existe aux Etats-Unis comme en Russie de nombreux citoyens d'origine juive qui souhaiteraient au contraire de bonnes relations entre la Russie et Israël, bénéfiques pour les deux parties. Si Israël s'est fait un des bras militaires de Washington (american proxy), c'est bien du fait de ses dirigeants actuels, dont Benjamin Netaniahu est depuis des années le représentant quasiment caricatural.

Or  il apparaît de plus en plus, y compris au sein d'Israël, que l'armée israélienne, l'IDF, ne gagnerait pas de nouvelles guerres contre ses voisins, notamment la Syrie, l'Irak et surtout l'Iran, s'il venait au gouvernement la tentation de les engager. Ceci est précisé dans un article récent intitulé Why Israel Won't Win Its Next War provenant d'un auteur anonyme mais apparemment bien renseigné. La principale raison de cette impossibilité, selon l'auteur, est le refus de plus en plus marqué de la population israélienne d'accepter le risque de prisonniers de guerre (POW), ou de tués au combat (MIA), au cas d'engagement avec les Etats arabes voisins, notamment le Liban, la Syrie et surtout l'Iran. Autrement dit, la force militaire considérable d'Israël et de son armée, l'IDF, dotée notamment d'armes nucléaires, ne lui servirait à rien dans ce cas.

Les raisons de ce refus sont tout à fait légitimes. On les retrouve dans tous les pays européens, qui ne sont pas près d'accepter des engagements militaires avec la Russie, quelles que soient les pressions exercées sur eux par Washington, notamment au sein de l'Otan. Il est donc difficile de comprendre que le gouvernement israélien actuel accepte de servir de relais au Pentagone pour permettra à celui-ci de reprendre le rôle dominant qui était le sien au Moyen-Orient avant que la Russie n'ait décidé, notamment en Syrie, d'y établir deux bases militaires. Logiquement Binjamin Netanyahu devrait dire avec fermeté au Pentagone que ce serait à lui, et non à Israël, de multiplier des menaces militaires contre la Russie et ses alliés.

Si l'article cité ci-dessus disait vrai, la raison devrait revenir à Tel-Aviv et même à Netanyahu. La négociation fait moins de victimes que la guerre.

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