Grand Remplacement en Europe : le Portugal, un exemple ?

Cet article est de Nicolas Reilhac. Il vient d'être publié par Polemia, que l'on dit proche du Rassemblement National

 Nous en extrayons les passages ci-dessous. Il donne du Portugal une image insolite. Bien que devenue une "démocatie à l'occidentale, le pays a conservé quelques réflexes acquis du temps de l'estado novo" de Salazar, mort en 1970 et dont le successeur a été renversé en 1974 lors de la "révolution des oeillets".

L'exemple du Portugal

Les étrangers : 4,6 % de la population portugaise

En 2018, le SEF a décompté 480 000 étrangers au Portugal soit 4,6 % de la population portugaise.
Un quart sont Brésiliens, dont beaucoup sont descendants de Portugais, d'Allemands ou d'Italiens.
84 000 viennent d'Afrique noire soit 1 % (certains disent 149 000) et 60 000 sont des Asiatiques.
Finalement le plus gros contingent est celui des Européens : autour de 200 000.

Cette population étrangère est en forte progression : + 17 % en 2018 par rapport à 2017.

Des naturalisations en nombre limité

De 2008 à 2016, on compte 225 000 naturalisations, dont 60 000 Brésiliens, 83 000 Subsahariens et 47 000 Européens de l'Est.

En 2017, il y a eu 18 000 naturalisations. Un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes, dont un tiers de Brésiliens et un autre tiers venant d'Afrique noire. Les demandes sont cependant en hausse.

Une immigration clandestine limitée

On ne peut pas dire que le Portugal affronte une immigration clandestine débridée comme la France. Le SEF dénombrait 1839 immigrants illégaux en 2018.

Cependant, le président d'une association d'aide aux réfugiés parle de 30 000 illégaux. Par ses décrets de 2018, le gouvernement a assoupli les règles pour permettre leur régularisation.

Des réfugiés évanescents

Dans le cadre d'un programme de réinstallation qui courait de 2015 à mars 2018, le Portugal a accueilli 1 552 réfugiés. Seule une moitié d'entre eux est restée dans le pays pour s'y fixer, les autres préférant des cieux d'assistance plus cléments. Devinez lesquels !

Des maghrébins absents

Voilà une nouvelle qui va réjouir les affreux identitaires. L'immigration maghrébine est faible. Parmi les 480 000 étrangers, le seul pays maghrébin cité est le Maroc qui arrive en 31e position avec 1 539 ressortissants.

Pourquoi ne peut-on pas parler aujourd'hui d'invasion migratoire ?

Au Portugal les lois visant l'immigration sont appliquées et respectées

Les lois portugaises sur l'immigration sont respectées et font l'objet d'une application ferme et stricte.

On ne rentre pas comme on veut au Portugal. Par exemple, pour demander une autorisation de résidence de travailleur salarié, il faut avoir un visa valide, présenter un contrat de travail, bénéficier de moyens de subsistance et d'un compte bancaire, disposer d'un hébergement, ne pas avoir commis de crime puni par une peine de prison supérieure à un an être enregistré à la Sécurité sociale et auprès du fisc. Si ces conditions ne sont pas remplies, la résidence n'est pas autorisée et on doit quitter le pays, voire être expulsé.

Pour qu'un étranger reste au Portugal il doit avoir un travail. S'il le perd, il a 6 mois pour en trouver un autre, sinon c'est la porte de sortie.

Les « demandeurs d'asile spontanés » qui se présentent aux frontières sont « detained » ou plutôt retenus dans des centres d'accueil. Ils y sont gérés et doivent s'y rendre périodiquement pour leur suivi administratif et des formations. Leur présence est donc contrôlée et ils ne peuvent pas se disperser dans la nature portugaise.

Cela ne veut pas dire que leur requête est acceptée et il est le plus souvent constaté que leur dossier ne réunit pas les conditions pour recevoir le statut de réfugié. Dans cas, ils sont expulsés s'ils n'ont pas trouvé du travail au bout de 6 mois.

De même, les mineurs non accompagnés sont dirigés sur un centre d'accueil qui leur est spécialement dédié et nulle part ailleurs. On essaye de les former. En cas d'échec ils sont renvoyés chez eux ce qui ne pose aucun problème avec les pays d'origine.

Au Portugal, l'expulsion est une réalité

Tout demandeur d'asile débouté, tout étranger sans titre de séjour ou sans travail ou qui se montre agressif envers les forces de l'ordre, peut être expulsé. Et l'expulsion est une réalité. Si nécessaire, un personnel du SEF accompagne l'intéressé dans l'avion jusqu'à sa destination. Et si l'on pose la question de savoir si l'administration portugaise connait des difficultés avec le pays d'origine, on vous répond d'un air étonné qu'il n'y en a jamais.

L'immigré doit travailler

Un emploi est indispensable pour rester au Portugal. C'est une condition sine qua non. C'est à l'immigré de conclure un contrat de travail au Portugal ou de procéder à une recherche d'emploi. Il ne peut espérer aucune allocation de chômage.

Certains créent leur propre emploi et sont acceptés. Une communauté afghane est citée mais pas seulement. Visiblement ceux-là ne sont pas des assassins déséquilibrés comme en d'autres lieux.

Il est vrai que le Portugal connait actuellement une expansion intéressante et que le taux de chômage est bas (autour de 6 %). En revanche les salaires sont peu élevés et leur niveau est de nature à décourager les impétrants. C'est d'ailleurs ce qui se passe.

Les aides sociales sont particulièrement faibles

Le Portugal est un des pays de l'UE où les aides sociales, du fait de leur faible montant, ont le moins d'impact pour réduire le risque de pauvreté. C'est en particulier le cas les aides sociales pour les familles.

Quant aux migrants, réfugiés et demandeurs d'asile ils n'ont droit qu'à très peu d'aides sociales ce qui à l'évidence est très décourageant puisqu'ils savent comment cela se passe en France et ailleurs.

Les formalités administratives ne suivent pas

Les délais du processus d'autorisations de résidence et de travail sont tels qu'en 2018 on comptait 100 000 dossiers en attente !

Les étrangers doivent parfois attendre des années pour être régularisés ou obtenir la nationalité portugaise du fait de procédures longues et complexes

Cette lenteur administrative soulève les protestations de la CEDH et d'Amnesty International, ce qui en soi parait un bon signe.

Une opinion publique très partagée

Il existe au Portugal un courant immigrationniste qui exerce une forte pression à caractère gaucho-islamophile mais qui n'est pas aussi puissant que le nôtre.

Les Portugais, peuple charitable, se montrent plutôt favorables aux demandeurs d'asile. En revanche, il semble qu'ils éprouvent beaucoup moins de sympathie pour l'immigration économique qui leur apparaît comme une concurrence. Le fait que le Parti communiste portugais n'est pas dans la réalité favorable à l'immigration mérite d'être souligné.

Conséquences

Une immigration mesurée et maîtrisée

Jusqu'à aujourd'hui cette immigration est étroitement liée aux besoins en travailleurs du Portugal et à la volonté réelle des immigrés de trouver du travail et de le garder. On ne vient pas au Portugal pour les aides sociales. Il n'y a pas de pompe aspirante. Ce sont d'ailleurs les raisons pour lesquelles une moitié des « réfugiés » du type Aquarius quittent le pays.

On ne peut pas aujourd'hui qualifier l'immigration en direction du Portugal de submersion migratoire.

Les immigrés doivent s'intégrer

Le Portugal attend des immigrés non lusophones qu'ils fassent les efforts nécessaires pour s'intégrer, en particulier en apprenant la langue et en respectant les Lois et les us et coutumes portugais.

La société portugaise demeure encore assez largement une société traditionnelle attachée à sa religion : le catholicisme, à qui cet Etat laïque reconnait la primauté religieuse, et aux valeurs du travail et de la famille. Des écarts ou des contestations de la part d'immigrés ne sauraient être tolérés par la population.

Au Portugal, c'est aux immigrés et aux étrangers de s'adapter à la société portugaise et non l'inverse comme le souhaitent en France Terra Nova, le rapport Tuot et la gauchosphère. Ceux qui ne sont pas d'accord s'en vont.

Une présence très faible de l'Islam

La mosquée de Lisbonne avance le chiffre de 50 000 musulmans au Portugal, mais elle est la seule. Le chiffre le plus probable se situe entre 15 000 et 20 000 personnes soit 0,2 % de la population.

Le Portugal a connu le joug musulman pendant plusieurs siècles et ne souhaite pas son retour.

Cette situation n'est pas étrangère au climat de sécurité qui caractérise le pays.

Un grand climat de sécurité

Selon le Global Peace Index, le Portugal est le 3e pays le plus sûr au monde. Il n'y a eu que 87 homicides sur tout le territoire en 2018.

Il y a eu 408 viols en 2017 c'est-à-dire le même chiffre quotidien qu'en France si l'on en croit Obertone.

Conclusion

Au Portugal, l'immigration existe mais apparaît maîtrisée. Il ne semble pas pertinent de la qualifier de submersion migratoire et d'évoquer un Grand Remplacement.

Ce constat est valide aujourd'hui mais pourrait évoluer en fonction de l'évolution de la politique gouvernementale à venir et surtout de la problématique démographique du pays.

Le détestable exemple de l'Europe occidentale, et notamment de la France qu'ils observent avec intérêt, semble soulever chez les Portugais de l'ironie mais aussi de l'inquiétude. 

Référence.
Polemia
https://www.polemia.com/grand-remplacement-europe-portugal-exemple/

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