Sur la parole humaine. Qui a commencé ?

Beaucoup d'anthropologues pensent que les premiers hominiens, prédécesseurs de l'homo sapiens, ont progressivement été dotés de rudiments de langage, analogue au nôtre.

Ce pourrait être le cas de Homo erectus, une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Asie entre environ 1 million d'années et 140 000 ans avant notre époque. Mais cette capacité est sans doute apparue plus tôt, chez les Australopithèques tardifs, tel Australopithecus afarensis découverts en 1974 et est daté de 3,18 millions d'années, que l'on considère comme un ancêtre des Homo. 

Rappelons qu'aujourd'hui les paléoanthropologues admettent que l'Homo erectus, tel que connu aujourd'hui, n'était pas le seul descendant des australopithèques, à la suite d'une évolution linéaire. Beaucoup d'espèces proches ont du apparaître, dans la cadre d'une évolution buissonnante. Mais elles n'ont pas survécu. Il en résulterait que si l'Homo erectus avait été doté des divers éléments permettant une voix suffisamment complexe pour permettre des échanges dans un langage rudimentaire, elles pourraient elles-aussi l'avoir été. Bien évidemment, aucune preuve vérifiable de ces hypothèses n'est disponibles aujourd'hui.

Comme toujours, en matière de reconstitution de l'évolution, l'histoire des nombreux caractères anatomiques et sociétaux qui permettent à l'homme d'aujourd'hui d'être dotés de la voix telle que nous la connaissons, ne pourra jamais être reconstituée. A plus forte raison en est-il du langage, d'abord parlé puis aujourd'hui écrit, qui constitue le produit le plus notable de la voix humaine. On a suggéré que diverses espèces animales, disparues ou actuelles, telles que les primates, peuvent communiquer par différents signaux vocaux organisé dans un langage très rudimentaire. Mais aucun de ceux-ci n'approche de la complexité du langage humain.

Il est admis que ce que l'on nomme les civilisations humaines, anciennes ou contemporaines, ne seraient jamais apparues sans la voix humaine et sans les langages parlés qu'elle permet. Les futurologues suggèrent que si les conflits de civilisations entraînaient des évolutions catastrophique pouvant mettre en péril la vie complexe terrestre, la responsabilité en reviendrait à la voix humaine. Inutile d'ajouter que, dans la perspective aujourd'hui hors de portée permettant aux humains d'observer des formes de vie complexes sur d'autres planètes ; la première question qui sera posée sera de savoir si celles-ci disposent de voix et de langages permettant de communiquer avec elles.

Pour en savoir plus

On pourra lire à ce sujet un article très bien documenté du journal Le Monde, daté du 9 septembre 2019
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Retour sur l'épopée de la voix humaine.

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/09/09/l-epopee-de-la-voix-humaine_5508287_1650684.html

 

 

 

 

 

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