Que retenir du dernier Forum Economique International de Yalta ?

​​​​​​​Yalta est une ville de Crimée située au bord de la mer Noire,  Elle s'est rendu célèbre en 1945 par la Conférence de Yalta avec les chefs d'Etat vainqueurs de l'Allemagne hitlérienne. Depuis elle héberge régulièrement le Forum Economique International ou FEIY de Yalta.

Celui-ci réunit un grand nombre de responsables politiques et économiques russes, ainsi que d'autres représentants du BRICS, notamment la Chine et l'Inde. La France n'y est pas officiellement représentée, mais un certain nombre de personnalités françaises s'y rendent régulièrement et y rencontrent des responsables russes. Cette année, Marion Maréchal Le Pen s'y est fait remarquer.

L'économiste français Jacques Sapir, qui y assiste régulièrement et que nous citons souvent ici, y a participé. Il vient de publier sur le site Les Crises une note d'étude concernant les conclusions à tirer du dernier Forum, où il était présent et où il a été constamment consulté. L'on s'y reportera. 

Nous en retiendrons pour notre part  les points suivants, en observant que les pays africains et d'une façon générale les pays encore dits en développement n'ont pas été évalués. Eventuellement, nous commenterons certains de ces résultats dans une notre note. Disons qu'ils devraient inquiéter les pays européens et imposer des réformes profondes. Mais le peuvent-ils étant dominés par les Etats-Unis ? Moscou devrait également s'inquiéter. La Chine devrait au contraire être très satisfaite. Son poids de première puissance mondiale est confirmé. 

En italique, quelques brèves observations de notre part

En termes de PIB, calculé au plan mondial, la part de l'économie chinoise à dépassé celle des Etats Unis (EU) en 2013 et la différence ne cesse de s'accentuer. Le PIB chinois est aujourd'hui de 19%. Le PIB de l'Inde, 8%, s'élève aussi, mais plus lentement. Celle du groupe des Brics, Chine et Russie notamment, est de 32%. La part des pays européens, de la Russie et du Japon ne cesse de baisser. La place des Etats-Unis reste importante du fait de la puissance économique accumulée, mais aussi du fait de la capacité de recherche et d'innovation dans ce pays. 

Concernant l'Europe, ces statistiques montrent un déclin continu, qui devrait inquiéter les gouvernements européens .


En termes de PIB par habitant (Pouvoir d'achat) les Etats-Unis et les pays de l'Europe occidentale sont très en avance sur les autres, suivis par le Japon. La Russie se trouve dans une situation intermédiaire entre la situation du Japon et celle de la Chine. La Chine et l'Inde sont très en retard.

En termes d'inégalité dans les revenus (part du 1% des plus riches) celle-ci, après avoir été très élevée dans la Russie post- communiste, reste forte, ce qui est inquiétant pour ce pays.

Nous n'avons pas ici d'information concernant la Chine et l'Inde, sans mentionner évidemment les pays africains, qui n'ont pas été étudiés.

En termes d'investissement en pourcentage du PIB, la Chine est largement en tête. Les Etats-Unis baissent régulièrement mais tiennent encore la deuxième place. La Russie comme l'ensemble des pays européens stagnent. La croissance de l'Inde est faible, mais elle rejoint presque cependant le niveau américain actuel. Il y a un véritable problème concernant la Russie, qui ne peut pas se présenter en modèle. L'investissement y dépend essentiellement de l'Etat et des sociétés publiques, dont les revenus sont faibles.

Concernant la part des principales monnaies dans les transactions et épargnes internationales, le dollar a baissé, mais il reste dominant (50% des monnaies de réserve). L'euro tient la seconde place mais continue à ne pas pouvoir s'imposer face au dollar. Les autres monnaies, notamment le yen japonais et la livre sterling, sont en pratique absentes.

La perspective d'une nouvelle unité de change commune à la Chine et à la Russie (Yuan-rouble) n'a pas été évoquée, du fait sans doute qu'elle n'existe pas en pratique.

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