Sur le danger des microplastiques

L'on semble découvrir en France actuellement l'existence des microplastiques et leurs dangers pour l'environnement et pour l'homme lui-même. Mieux vaut tard que jamais, mais c'est cependant un peu tard vu l'ampleur des dégâts que produisent leur production et leur rejet dans la nature.

 

Est-ce à dire que les intérêts industriels et commerciaux multiples qui sont responsables de cette hyperproduction vont s'en abstenir désormais ? On a tout lieu de penser qu'il n'en sera rien. 

On appelle microplastiques des particules de plastiques ayant moins de 5mm. Autant dire qu'elles sont pratiquement invisibles. Elles sont principalement constitués de polyéthylènes. Ce terme (sigle générique PE) désigne les polymères d'éthylène. Simples et peu chers à fabriquer, les PE constituent la matière plastique la plus commune, représentant avec 100 millions de tonnes, environ un tiers de l'ensemble des plastiques produits en 2018 et la moitié des emballages.

En quoi sont-ils dangereux ? Pour le savoir, Chelsea Rochman de l'université et ses collègues ont nourri en laboratoire des médakas avec un aliment comportant des microplastiques . Le médaka (Oryzias latipes) est une espèce de poissons de la famille des Adrianichthyidae, originaire d'Asie du sud-est, courant en aquariophilie et dans les laboratoires. Ils ont constaté que les médakas ainsi nourris présentaient de graves troubles du foie, par rapport à un groupe témoin nourri normalement.

Depuis, on a trouvé 114 type d'espèces aquatiques infectées par des microplastiques. Une moitié environ est consommée par les humains. Ces espèces présentent de graves troubles, non soupçonnées jusqu'ici. Ainsi des huîtres exposées aux microsplatiques ont moins d'oeufs et présentent diverses difficultés de reproduction. On ne sait encore les dommages ressentis par les humains consommant de tels types d'aliments. Il faudrait procéder à des études longues et coûteuses dont le financement ne sera pas assuré par les industriels du secteur.

Une étude récente a estimé que ces particules étaient présentes jusqu'à 1000 m de profondeur dans l'eau des océans. Elles n'y était pas très nombreuses au mètre cube, de quelques unités à une douzaine. Cependant les petits poissons les ingérant, dévorés par des poissons plus grands dont nous nous nourrissons, peuvent présenter des dangers pour les humains consommateurs finaux. Une autre étude a montré que des microplastiques se trouvaient dans un quart des espèces marines vendues sur les marchés, ceci dans toutes les parties du monde, notamment en Mer du Nord. Mais plus inquiétant on les trouve désormais dans des bouteilles en plastique  et même dans le sel de mer vendu dans les épiceries. Mais pour s'en apercevoir, il faut livrer à des micros analyses complexes. Au grand déplaisir des industriels du tabac, il a été aussi constaté que les mégots de cigarettes rejetés par millions de tonnes chaque année dans le monde comportent des acétates de cellulose se dégradant dans l'eau sous forme de particules de microplastiques.

Les optimistes diront que les abus de nourriture auxquels se livrent certains individus sont plus dangereux à court terme pour leur santé que les microplastiques ingérés. De plus, bien d'autres maladies affectent les humains, aux conséquences souvent mortelles, sans mentionner la malnutrition affectant des milliards d'hommes. Les risques apportés par l'ingestion de microplastiques paraissent infimes en comparaison .

Référence

Counterpunch 16 août 2019 https://www.counterpunch.org/2019/08/16/the-microplastic-threat/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.