Depuis plusieurs années, les biologistes ont créé des chimères provenant d'espèces relativement proches, telles que la chèvre et le mouton. L'objectif en est d'obtenir de nouveaux organismes présentant certaines des qualités de ces deux espèces, telles celles concernant la rusticité, ou capacité à vivre des milieux naturels moins protégés que ceux offerts par les exploitations agricoles.
Mais aujourd'hui, le directeur d'un laboratoire du Salk Institute en Californie annonce avoir réalisé en association avec des chercheurs chinois, des chimères fœtales homme-singe. Ce terme de foetales désigne des fœtus n'ayant pas encore donné naissance à des nouveaux-nés et moins encore à des adultes. Mais cette possibilité de naissance, si la grossesse se déroulait convenablement, ne serait pas à exclure, sauf incidents post-natals.
Le gouvernement japonais, de son côte, aurait autorisé la réalisation de fœtus associant les gènes d'humains et de porcs. Ceux-ci, comme on le sait, sont relativement proches des humains, mais ils le sont moins que les singes. Il est prévisible que des associations avec d'autres espèces plus éloignées de l'espèce humaine que les singes et les porcs, seront tentées, et sans doute réussies, dans un proche avenir. Dans l'immédiat, les chercheurs responsables de la création d'embryons hybrides assurent les avoir détruits sans les laisser se développer. Mais à l'avenir, eux-mêmes ou d'autres collègues feront-ils preuve de cette prudence ?
Cela ne sera certainement pas le cas, vues les possibilités offertes par les procédures de génie génétique pour intervenir dans les séquences de gènes dites CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) en vue afin d'essayer de traiter d'éventuelles maladies génétiques. Certes, les scientifiques appellent à la prudence et demandent des règles en ce sens . Mais en principe, rien n'empêchera de les utiliser pour éventuellement reprogrammer des embryons. Ceux-ci n'auront que peu de chances de naître viables. Mais à l'avenir une telle possibilité n'est pas à exclure.
Les hybrides ainsi obtenus seront-ils suffisamment loin du singe pour passer inaperçus ? Dans ce cas ils ne dérangeront personne. Mais qu'en serait-il d'hybrides aujourd'hui uniquement évoqués par la science-fiction, où les caractères simiesques seront apparents, voire prédominants ?
A une époque où l'on évoque très sérieusement la perspective de réaliser des superhumains ou transhumains associant à l'homme différentes prothèses produites par l'Intelligence Artificielle « augmentée », des transhumains simiesques n'intéresseront sans doute personne. Mais la perspective n'est pas à exclure.
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