http://www.youtube.com/watch?v=X2DRm5ES-uA
Commentaire des Inrocks http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/53542/date/2010-11-16/article/inside-job-1/
Réalisé par Charles Ferguson, le film met en scène les acteurs réels de la crise des « subprimes », dirigeants de la Fed, des banques, hommes politiques, universitaires ou tenancières de maisons closes etc. ... Les images sont superbes par leur expressivité, la vigueur et la nervosité du montage. La voix off de Matt Damon donne encore plus de profondeur à ce superbe film.
Il s'agit d'un documentaire réalisé à partir d'interviews des principaux protagonistes de la crise. Certains de ceux-ci ont refusé de se soumettre à l'exercice, d'autres le font avec une candeur désarmante ou un cynisme à peine supportable.
Le film apporte souvent un éclairage nouveau sur certains événements ou certaines décisions. Il ouvre de nombreuses pistes de réflexion. La tonalité générale est pessimiste, tout semble redevenu comme avant : la prochaine crise se prépare, Wall Street a conservé le contrôle et le système financier en a profité pour accroître son pouvoir.
Barack Obama à complètement échoué dans son effort de régulation, à supposer qu'il ait jamais voulu l'entreprendre. Charles Ferguson met l'accent sur l'ambigüité du personnage et met en évidence à quel point le président américain est solidement « encadré » par une garde rapprochée issue des milieux financiers les plus hostiles aux réformes et à la mise en cause de leurs privilèges.
Dominique Strauss Kahn et Christine Lagarde qui sont présentés dans l'affiche du film comme faisant partie du « casting » s'en tirent plutôt bien. On notera la fraîcheur de la réponse de notre ministre à la question posée par Fergusson : " A l'annonce de la chute de Lehman comment avez vous réagi ?" "J'ai dit Holy cow " " Ah la vache" en français...
Les réponses des responsables des agences de notation sont tout simplement effarantes. La vigueur des auditions des grandes commissions d'enquêtes du Capitole est en revanche à l'honneur de la démocratie américaine.
Dans la grande tradition dramatique, « Inside Job » mêle à la fois le tragique à la comédie. Du début à la fin on est affligé par le spectacle mais on rit très souvent. Jaune bien entendu.
Inside Job remplace à lui seul la plupart des articles et des livres écrits sur le sujet ces derniers mois. Si l'on a pas encore compris ce qui s'est passé et surtout ce qui va se passer, c'est l'occasion de mettre de l'ordre dans nos idées. On peut craindre cependant que, pour des raisons faciles à imaginer, ce film ne rencontre pas dans les médias tout l'écho qu'il mériterait, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe.