Pas-de-Calais: un Conseil départemental de l'économie sociale et solidaire au service de la population

Mis en place le 17 janvier en présence de Benoit Hamon, Ministre délégué de l’Economie sociale et solidaire, le Conseil départemental de l’économie sociale et solidaire du Pas–de–Calais a commencé ses travaux.

Une première réunion s’est tenue le jeudi 4 avril dans la grande salle de l’Hôtel du Département, à Arras. Les principaux acteurs de l’ESS du Département assistaient à cette assemblée, étant, pour la plupart, engagés dans la démarche du CDESS 62.

Jacques Napieraj, conseiller général en charge du développement de l’économie sociale et solidaire, souligna l’importance de la tâche « mettre l’économie sociale et solidaire au service de la population du département. Dans cette perspective, annonça-t-il,  l’administration départementale mettra des moyens à la disposition du CDESS. »  Un engagement apprécié par les acteurs de terrain.

 

 

Lors de l’installation de ce CDESS 62, Benoit Hamon avait, notamment, souligné « que si la crise laisse un testament, c’est bien qu’il faut aujourd’hui que notre modèle économique soit plus tempérant, plus patient, plus robuste, moins soumis à des intérêts de court terme qui bousculent l’emploi, la qualité de vie et les conditions de travail. L’économie sociale et solidaire y contribue. C’est un moyen de sortir de la crise et un but en soi, un objectif ».

 

Dominique Dupilet : « Retrouver le sens de l’intérêt général »

 

C’est bien dans les pas du ministre que Dominique Dupilet, le Président du Conseil Général du Pas-de-Calais entend mettre les siens. Répondant à Benoit Hamon, lors de la séance inaugurale, Dominique Dupilet expliquait : « L’ampleur de la crise nous inquiète. Elle pèse sur notre quotidien dans le département du Pas-de-Calais plus qu’ailleurs, avec l’augmentation du chômage, la baisse du pouvoir d’achat, le repli sur soi, le mal-être, l’accroissement des inégalités, la dégradation de l’environnement. C’est une bien trop grande partie de l’économie qui fait fi de l’humain et qui est exclusivement gouvernée  par la recherche du profit individuel et du pouvoir financier. »*

« Aussi, affirmait-il, nous pensons qu’il est plus que temps de réorienter le fonctionnement de notre économie, de proposer une réponse à la crise économique, sociale et environnementale qui permette à chacun de retrouver la préoccupation de l’intérêt général. »

« Il est plus que temps de prendre une autre voie, celle d’une économie fondée sur la solidarité au lieu du tout capital, celle d’une économie gouvernée par les personnes et non par l’argent, celle d’une économie au service des personnes, de leurs besoins et de leurs aspirations. »

 

C’est bien, « cette économie  au service de la population  du département du Pas-de-Calais », comme l’a noté Jacques Napieraj lors de la mise en route des travaux, que le CDESS va avoir à mettre à en oeuvre et à traduire sur le terrain.

 

Instance consultative placée auprès du président du Conseil général, le CDESS conduit sa réflexion dans le cadre de la stratégie de développement définie par l’assemblée départementale. Il regroupe les acteurs de l’économie sociale et solidaire à l’œuvre dans le département.

 

 

Promouvoir l’ESS

 

Le CDESS a pour mission de promouvoir les valeurs de l’ESS, de constituer un lieu de dialogue et d’information, de favoriser et de diffuser la réflexion et, enfin, de formuler des propositions à l’assemblée départementale. Il est composé de neuf collèges : acteurs institutionnels, têtes de réseau de l’ESS, acteurs de la finance de l’ESS, acteurs mutualistes et fédéralistes, acteurs syndicaux et patronaux, acteurs universitaires et du monde de la formation, acteurs consulaires, acteurs de l’éducation populaire, personnes qualifiées. Les séances du CDESS sont publiques. Elles peuvent être retransmises.

 

Le CDESS est un lieu de débat qui s’organise autour d’ateliers. Lors de la première réunion de travail, cinq ateliers ont été institués qui ont immédiatement commencé leurs travaux.

 

Charte et label : l’objectif de cet atelier est de produire collectivement les orientations de la charte de l’ESS 62. Cette charte présente un ensemble de valeurs et de références collectivement acceptées qui vise à fédérer les acteurs de l’ESS. Elle énonce les valeurs communes derrière lesquelles les structures se reconnaissent de l’ESS, elle constitue un réseau d’acteurs, elle conforte une dynamique de coopérations concrètes.

 

La commande publique responsable : l’objectif de cet atelier est,  entre autres, d’étudier l’ensemble des possibilités offertes par le code des marchés publics, notamment en ce qui concerne la prise en compte des trois dimensions du développement durable : le progrès social, mais aussi la protection de l’environnement et le développement économique… Il s’agit aussi d’identifier les freins qui limitent l’accès des structures de l’ESS à la commande publique.

 

La Finance de l’ESS : l’objectif de l’atelier est de travailler sur les réponses en matière de financement de l’économie sociale et solidaire en y associant les différentes familles de financeurs : la finance solidaire (Autonomie et Solidarité, les Cigales, la Caisse Solidaire), les financeurs solidaires (Pas-de-Calais Actif), les outils financiers traditionnels qui ont fait une ouverture vers le champ de l’ESS (FONORÄ,OSEO,…), les outils financiers du mouvement coopératif (SODODEN, IDES…), les banques coopératives qui sont actives dans le champ de l’ESS : Caisse d’Epargne, Crédit Coopératif, Crédit Mutuel, Banque Populaire.

 

 

Harmonisation et simplification administrative : l’objectif de l’atelier est de construire les solutions possibles en matière de simplification et d’harmonisation administratives. Il s’agit d’identifier les procédures qui posent le plus de difficultés aux acteurs, de recenser les pratiques inspirantes, de proposer des priorités de simplification ou d’harmonisation.

 

Promotion de l’ESS : l’objectif est de faire connaître et reconnaître l’ESS dans le Pas-de-Calais afin d’en favoriser la visibilité et l’attractivité, fédérer les partenaires autour de la démarche ESS, faire connaître l’engagement du Pas-de-Calais dans le domaine de l’ESS au-delà des frontières du département.

 

Pour grandir et changer d’échelle, l’ESS peut compter sur ses amis

 

Pour faire avancer rapidement l’ensemble de ces objectifs, Jacques Napieraj, conseiller général en charge du développement de l’économie sociale et solidaire, annonça « que l’administration départementale mettra des moyens à la disposition du CDESS. Le Conseil général, déclara-t-il, aura la lourde charge de mettre en application les perspectives dégagées par le CDESS 62. »

 

Il rappela que l’aide directe donnée par le Conseil général aux associations, aux mutuelles, et à tous les acteurs de l’ESS dans le département est de 8 300 000 €. Mais derrière, indiqua-t-il encore, l’action indirecte, en crédits injectés dans ce monde, représente globalement 220 millions d’euros. »

 

Cette aide soutient un secteur qui compte 48 333 salariés (11,6 % des emplois dans le département) et représente 8,21% des 3457 établissements employeurs.

 

Un investissement salué par Dominique Crepel, le président de la Chambre régionale de l’Economie sociale et solidaire Nord – Pas de Calais, qui avait souligné lors de la mise en place du CDESS, en présence de Benoit Hamon « que l’ESS avait besoin d’élus amis, non seulement pour développer la démocratie dans la production économique, mais aussi pour renforcer les territoires, sauver et créer des emplois et des richesses. »

 

Ainsi, à l’heure du nécessaire « changement d’échelle de l’ESS », souhaité par tous les acteurs, l’engagement du Conseil général du Pas-de-Calais est un engagement de poids.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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