Collectivités et économie sociale et solidaire: au Sénat, la signature du rapprochement

L’événement n’a pas fait la Une des médias, il n’en a pas moins son importance. Le 5 mars, au Sénat, les réseaux nationaux de collectivités se sont formellement engagés en faveur de l’économie sociale et solidaire.

L’événement n’a pas fait la Une des médias, il n’en a pas moins son importance. Le 5 mars, au Sénat, les réseaux nationaux de collectivités se sont formellement engagés en faveur de l’économie sociale et solidaire.

En présent de Benoît Hamon, leurs représentants, ont signé la déclaration commune des réseaux de collectivités locales en faveur de l’économie sociale et solidaire. Une déclaration dans laquelle il est, notamment, indiquée que « L’économie sociale et solidaire démontre qu’il est possible d’entreprendre autrement, de produire et de consommer autrement, en respectant le salarié, le consommateur, le citoyen. »

 Cette déclaration a été signé par Marie-Guite Dufay, présidente de la Commission ESS de l’Association des Régions de France, Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France, Daniel Delaveau ou son représentant pour l’Assemblée des Communautés de France, Adeline Hazan, secrétaire général adjointe de l’Association des Maires des Grandes Villes de France, Jacques Pélissard, président de l’Association des Maires de France, et Christiane Bouchart, présidente du Réseau des collectivités Territoriales pour l’Economie Solidaire.

Benoît Hamon : Une loi pour « changer d’échelle »


Lors de cette réunion, Benoît Hamon, s’est réjoui de l’acte important posé à cette occasion. Le ministre a rappelé que l’ESS s’était trouvée un cadre pour se développer grâce aux collectivités, avant même la création d’un ministère dédié. La loi sur l’ESS sera présentée en Conseil des Ministres en juin.

La loi, et l’ensemble des actions développées par le Ministère, ont pour ambition de remodeler le paysage et permettre le changement d’échelle auquel tous aspirent. Une partie de la loi sera consacrée aux nouvelles formes de contractualisation entre acteurs de l’ESS et collectivités, et la sécurisation des subventions aux associations sera inscrite. Il s’agit
notamment d’éviter « de tarir l’initiative associative », ce qui est un risque lorsque la collectivité locale détermine seule ses besoins. La mobilisation de la BPI, qui pourra financer demain des projets socialement innovants, est un enjeu important. L’ESS sera représentée dans la gouvernance nationale et en régions de la BPI.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice, a accueilli les participants, au titre du groupe d’études sénatorial en charge de l’ESS présidé par Marc Daunis. Plusieurs sénateurs et députés ainsi qu’Henri Arévalo, vice-président du RTES, étaient également présents.

 Une économie de territoire et de terrain
 
Marie-Guite Dufay, la présidente du conseil régional de Franche-Comté et l’ESS s’est « réjouie de voir l’ensemble des élus présents réunis autour de l’ESS. Elle a souligné qu’on ne peut parler d’ESS sans parler de territoires. Pour est une économie, à ce titre prise en compte par l’ensemble des régions. » Par ailleurs, la présidente de la Commission ESS de l’Association des Régions de France, a appelé ses voeux « un changement d’échelle, qui nécessite non seulement des moyens conséquents, mais aussi un renforcement de la coopération entre collectivités et un changement des modes de pensée. » 

 Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France et président du conseil général des Côtes d’Armor, a précisé qu’au-delà de la dimension symbolique que revêt cette déclaration, « elle consiste aussi à mettre en avant l’importance que représente déjà un secteur d’activité dont la diversité et le dynamisme représentent un élément important de notre avenir économique. »

Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier et président de l’Association des Maires de France, a souligné « l’importance de l’ESS, qui peut représenter jusque 27% des emplois par exemple en Lozère ». Il a indiqué la qualité des actions, le professionnalisme des acteurs de l’ESS, par exemple dans le domaine de l’environnement et des déchets, domaine dans lequel dès les années 90 il avait imposé dans le cadre d’une délégation deservices publics le principe d’une co-contractualisation avec des acteurs de l’ESS.

Loïc Cauret, vice-président de l’Assemblée des Communautés de France délégué au développement économique et à l’emploi, et président de la communauté de communes bretonne Lamballe, a noté que l’ESS est « un des piliers qui permettent aux territoires d’être debout ». Sur son territoire, les deux principaux employeurs sont des acteurs de l’ESS.

Adeline Hazan, maire de Reims, a tenu à souligner « l’implication de l’Association des Maires des Grandes Villes de France en faveur de l’ESS. »

 Une place stratégique au cœur des politiques publiques

 A travers cette déclaration les représentants des réseaux nationaux des collectivités engagent plus fermement celles-ci au côté de l’économie sociale et solidaire. Ils considèrent « qu’en cette période de crises financière, économique, sociale et écologique, en cette heure où il devient urgent de répondre à l’aspiration démocratique exprimée par nos concitoyens, l’économie sociale et solidaire démontre qu’il est possible d’entreprendre autrement, de produire et de consommer autrement, en respectant le salarié, le consommateur, le citoyen. »

« L'économie sociale et solidaire reconnaissent-ils, n’est pas une démarche philanthropique, ou le supplément d’âme des politiques publiques. Elle doit avoir une place stratégique au cœur de celles-ci, et irriguer la plupart des politiques publiques. Elle réinterroge la création de richesses et notre manière de la comptabiliser, et favorise une démocratie participative
active. »

« Les collectivités locales, actrices majeures du développement des territoires urbains et ruraux, organisatrices du dialogue de proximité avec la société civile, ont, aux côtés de l’Etat, estiment leurs représentants, un rôle fondamental afin de favoriser le développement de l’ESS dans les territoires. C’est pourquoi les principaux réseaux de collectivités locales ont souhaité formaliser leur engagement et leur collaboration autour de l’économie sociale et solidaire. »

 

Attachées à développer leurs territoires et à combattre le chômage par la création d’emplois, les collectivités, à travers cette déclaration reconnaissent le rôle que peut jouer l’économie sociale et solidaire dans ce domaine. Pour l’économie sociale et solidaire qui sort de son ghetto, c’est une étape sur la voie du changement d’échelle.

Pour plus d'informations:

Nord-social.info 

 

 

 

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