Au Québec, la dimension internationale de l’ESS est une fenêtre ouverte sur le monde

Les québecois participent toujours de manière massive et active aux Rencontres du Mont-Blanc. Dès le départ, ils furent, au côté des français parmi les créateurs du forum international, puis parmi les animateurs actifs.

Cette dimension internationale de l’intervention des acteurs québécois de l’économie sociale et solidaire, on la retrouve également dans le mouvement coopératif. C’est à Montréal qu’a été organisé le Sommet international des coopératives au mois d’octobre 2012, qui fermait l’année internationales des coopératives de l’ONU. Un sommet qui connaitra une seconde édition au mois d’octobre 2014, pour se renouveler tous les deux dans.

La Caisse d’économie solidaire Desjardins est l’un des principaux organisateurs québecois de ces sommets. Son Président, Gérald Larose, par ailleurs, administrateur des Rencontres du Mont-Blanc participait tout naturellement, à Chamonix, au Forum international des dirigeants de l’économie sociale et solidaire.

 

Gérald Larose a bien voulu répondre aux questions de Nord-social.info à cette occasion.

 

Nord-social.info : comment expliquez-vous la présence massive des québécois aux Rencontres du Mont-Blanc ?

 Gérald Larose : « Je dirai que la préoccupation que nous avons pour la dimension internationale est liée au contexte du Québec. Nous sommes une petite société dans un océan anglo-saxon. Pour nous, l’international, est une fenêtre, un réflexe, une culture. C’est une condition de vie. »

 « Ce qui est vrai pour la société québécoise, l’est peut-être plus encore pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Ce qui explique la présence en nombre des québécois aux Rencontres du Mont – Blanc.  Des québécois présents dès le début de cette aventure internationale. La colonne vertébrale des Rencontres du Mont-Blanc, c’est un axe franco-québecois. »

 

 Nord-social.info : cette ouverture à l’international se traduit comment ?

 Gérald Larose : « L’ouverture internationale concerne la plupart des acteurs de la société.  C’est vrai pour les organisations de femmes, comme pour les syndicats. Un gros secteur de la société civile, le mouvement coopératif,  participe à la coopération internationale. Les québécois sont présentent dans tous les pays du monde : Amérique-Latine, Asie, Afrique,…La dimension internationale fait patrie de nos pratiques… »

 

 Nord-social.info : le mouvement coopératif est relativement important aux Québec ? Comme l’expliquer ?

 Gérald Larose : « C’est un trait culturel au Québec. La manière dont les communautés ont du s’organiser pour survivre dans la nature québécoise portait en elle un fort esprit communautaire. Le mouvement coopératif en quelque sorte est l’héritier de l’esprit communautaire originel. »

 

« Nous sommes à l’aube d’une période qui devrait permettre à l’ESS de se déployer »

 

 Nord-social.info : les coopératives ont ainsi pris racines dans la société québécoise ?

 Gérald Larose : « Les coopératives au Québec datent de la fin du 19ème siècle, du début du 20ème.  Le mouvement syndical a joué un rôle important dans le développement du mouvement coopératif. Les syndicats ont créé un nombre important de coopératives. »

« En 1986, les syndicats ont créés des fonds alimentés par les travailleurs afin de constituer des fonds de retraite complémentaire. » 

« Le Fond des travailleurs de la Confédération des syndicats nationaux est principalement investi dans l’économie sociale. Au Canada, 42 % de la main-d’œuvre est syndiquée. Les Fonds de retraite sont négociés dans le cadre de convention collective. Les liens entre les syndicats et les coopératives sont donc naturellement forts. »

 

Nord-social.info : cette ouverture à l’internationale comme le rôle important du mouvement coopératif au Québec, donne à celui-ci un rôle particulier ?

 Gérald Larose : « Effectivement, si les Rencontres du Mont – Blanc ont lieu tous les deux ans à Chamonix, désormais, un Sommet international des coopératives aura lieu tous les deux ans à Montréal, organisé par le mouvement Desjardins. Le premier s’est tenu au mois d’octobre 2012, en guise de conclusion de l’Année internationale des coopératives. Le prochain aura lieu eu mois d’octobre 2014. Il permet au mouvement coopératif international et aux grandes coopératives de construire une vision commune, de grandir et d’influer sur les évolutions de la société. »

 

Nord-social.info : A l’heure où l’on discute d’une loi ESS en France, les parlementaires québécois, viennent, eux, au mois d’octobre d’adopter une loi ESS. Qu’attendez-vous de cette loi, et plus  généralement des lois ESS votées dans différents pays ?

 Gérald Larose : « Une loi sur l’économie sociale et solidaire existait au Québec depuis 1996. Mais, cette nouvelle loi accentue la reconnaissance du rôle que joue l’économie sociale et solidaire dans l’économie, mais aussi dans la société québécoise. C’est un signe fort. Comme le sont les lois votées dans d’autres pays.

Nous sommes à l’aube d’une période qui devrait permettre à l’ESS de se déployer. »

 

Pour plus d'information sur les Rencontres du Mont -Blanc, voir: Nord-social.info

 

 

 

 

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