Rencontres du Mont-Blanc, B. Hamon : « Pour une économie plus humaine, faire monter la part de l’ESS dans l’économie globale"

Benoît Hamon, Ministre délégué à l'économie sociale et solidaire aux Rencontres du Mon - BlancInvité des Rencontres du Mont-Blanc, Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la consommation a apporté au Forum des dirigeants internationaux de l’ESS un message de François Hollande et le soutien de la France à la constitution d’une groupe pilote de l’ESS auprès de l’Organisation des Nations Unies.

Un engagement en faveur d’un renforcement de la visibilité et de l’action de l’ESS au niveau international, qui rejoint celui en faveur du développement de cette économie en France.  Une nouvelle fois, Benoît Hamon a répété à Chamonix « qu’il fallait faire monter la part de l’ESS dans l’économie globale ».

 

En s’adressant aux congressistes, le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation a considéré que « certes,  l’ESS n’est pas une économie de la réparation. Mais, a-t-il dit, il faut bien réparer ce qu’une certaine économie démolit, parfois en quelques jours. Quelques jours pour démolir ce que les travailleurs, les citoyens, les sociétés ont mis des années à construire. »

 « Les Etats, a poursuivit Benoît Hamon,  ont été appelés au secours lors de la crise de 2008. Ils se sont puissamment endettés. Dans le même temps, ceux qui ont déclenché la crise se sont empressés de passer de la spéculation de la dette sur les ménages à la spéculation sur la dette des Etats. Ils ont fixé un niveau de dette qu’ils jugent acceptable et  à partir duquel ils surveillent les Etats dans le cadre d’interventions spéculatives. Si les économies, a-t-il ajouté, ont été précipitées dans la crise, ce n’est pas un hasard, mais la logique d’un système. »

 Pour Benoît Hamon, « la réponse est de faire monter la part de l’ESS dans l’économie globale pour construire une économie plus humaine. »

 

« Il faut que les citoyens se réapproprient l’économie »

 

« Mais, insista le ministre dans ses propos, il faut rester vigilant par rapport à l’économie prédatrice.  Il faut rester vigilant au niveau macro-économique en ce qui concerne les Etats, au niveau micro-économique pour les entreprises. Il faut que les citoyens se réapproprient l’économie. L’enjeu des politiques économiques n’est pas d’être jugé par Standard & Poor’s, mais par les acteurs économiques. L’objectif de la politique économique, c’est un travail émancipateur pour tous. »

 Benoît Hamon s’est félicité de l’adoption de lois ESS dans divers pays, et en particulier en Amérique Latine dans le cadre d’une démarche identique à celle qui a présidé à la présentation au Parlement français de la loi ESS.  Allant plus loin, l’Equateur a fixé dans sa constitution l’ESS et l’économie populaire.

 « Ce que nous voulons, affirma le ministre, c’est de monter le poids de l’ESS dans l’économie française. Nous nous en donnons les moyens.  Que ceux qui entreprennent sans but lucratif puissent intervenir de plus en plus et par ailleurs pollènisent l’économie classique. »

 

« Favoriser une intervention internationale de l’ESS »

 

« Au lendemain de la crise, insista-t-il, il y a des leçons à tirer des valeurs et des pratiques de l’ESS. Celle-ci doit changer d’échelle et accroître sa part dans l’économie ».

 Poursuivant son intervention, Benoît Hamon, considéra « que si l’ESS est très ancrée dans les territoires, il faut également qu’elle intervienne au niveau international dans le cadre des coopérations pour favoriser la mise en place d’une économie globale équilibrée. »

« C’est pour cela que la France a signé des accords avec le Brésil, l’Argentine, le Maroc, les USA, qui, eux aussi, ont un modèle de croissance de l’ESS. Nous devons faire de cette question un axe de travail » , précisa-t-il.

 Le président François Hollande a donc décidé que la France participera à la création d’un groupe de pilotage international de l’ESS dont le but sera d’accroître la visibilité et les moyens de l’ESS au niveau international afin de favoriser son développement à ce niveau.  « L’objet étant, déclara Benoît Hamon, que la création de richesse profite à tous. »  

 Pour plus d’informations : http://www.nord-social.info/

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.