La coopération du travail associé en leader d’un modèle à dimension humaine

L’Année Internationale des Coopératives s’est symboliquement terminée à Marseille, à l’occasion du Congrès de la CGSCop. Autour des coopérateurs français étaient réunis, les représentants de quelques unes des grandes coopératives du travail associé au niveau international et  les responsables de l’organisation Internationale des Coopératives de Production Industrielles, d’Artisanat et de Services (CICOPA). Cette branche de l’Alliance Coopérative Internationale rassemble l’ensemble des coopératives appartenant à leurs salariés. Felice Scalvini, vice-président, expliqua, « que ces coopératives de travailleurs associés disposaient d’un haut coefficient de coopération. »

La CGSCop fait parti de ce secteur coopératif. Les responsables français et internationaux se sont interrogés sur la manière dont  les coopératives de travailleurs associés pouvaient entrer dans le Défi 2020, la stratégie mise au point par l’ACI pour la décennie à venir et présenter au début du mois de novembre lors du rassemblement de 10 000 coopérateurs à Manchester.

La journée consacrée à la dimension internationale du mouvement des coopératives de travailleurs associés, fut aussi l’occasion d’échange d’expériences très variées entre des coopérateurs venus du monde entier : Indiens, Canadiens, Argentins, Brésiliens, Etats-Uniens, Espagnol, Italiens, Belges, Français,…

 « L’heure des Scop »  a été proclamé en France, à Marseille, par les coopérateurs ayant participé au 35ème Congrès de la CGSCop. Un point de vue largement partagé par l’ensemble des coopérateurs venus du monde entier ayant participé à cette manifestation. A Manchester, l’ACI  a affirmé, dans le « Défi 2020 » que le plan stratégique de développement pour les 10 ans qui viennent vise à ce « que la forme coopérative d’entreprise devienne en 2020, le leader reconnu en matière de développement durable sur le plan économique, social et écologique, mais aussi le modèle que les gens préfèrent ».  Le modèle coopératif pertinent, moderne, efficace, se présente comme un modèle alternatif au modèle capitaliste profondément en crise.

 « Une force vitale, fer de lance tournée vers l’avenir »

 « 2012 a permis, grâce à la reconnaissance de l’ONU de faire émerger une force vitale, fer de lance tournée vers l’avenir, » a notamment, déclaré Felice Scalvini.

 Manuel Mariscal, Président de la CICOPA, estima « que face à la crise du capitalisme, les coopératives doivent faire savoir qu’il existe une autre manière d’entreprendre. Les coopérateurs de production, affirma-t-il, doivent faire passer le message. » Pour accroître et dynamiser leur image, mais aussi pour renforcer le mouvement coopératif, Manuel Mariscal estima que « l’un des meilleurs atouts était de développer l’intercoopération, aussi bien au niveau local, qu’au niveau national, ou bien encore au niveau international. » Ce qui devrait être un axe de développement des années à venir.

La CICOPA, et la CECOP, sa branche européenne devraient jouer un rôle moteur dans cette stratégie de développement.  La CICOPA intègre 46 membres dans 31 pays différents. Quatre sont des organisations de développement. La CICOPA compte deux organisations régionales : CECOP-CICOPA Europe et CICOPA Amériques.

 La coopération du travail associé : un mouvement international

 Bruno Roelants, le secrétaire général de la CECOP Europe rappela que les coopératives de travail associé sont nées en 1830 en France. Ce sont des travailleurs italiens qui ont suivi de mouvement en 1860, les chinois à la fin des années 1930, l’Inde en 1940, l’Argentine en 1950….Depuis, des coopératives de travail associé, on en retrouve aux quatre coins du monde, avec plus ou moins de force et d’importance selon les pays.

 Les Scops, en France sont un peu plus de 2000 et salarient 42 000 personnes. En Italie, la CGM qui a 25 ans, regroupe 330 coopératives de travailleurs défavorisés avec 40 000 membres. Montdragon, un groupe coopératif du pays basque espagnol, avec 83 000 travailleurs est sans aucun doute, le, ou l’un des plus grands groupes coopératifs de travailleurs associés au monde. Montdragon fédère 280 coopératives. Le Brésil compte 2034 coopératives de travail associé qui font travailler 346 000 membres.

 Paul Singer, secrétaire d’Etat à l’Economie sociale et solidaire au Brésil, tira le bilan de l’expérience brésilienne. La crise qui frappa durement le Brésil dans les années 2000 fut à l’origine d’un mouvement de récupération des entreprises fermées soit pour difficulté, soit par abandon de leurs responsables. Une formule qui a fait vivre des milliers de famille qui autrement aurait été jetées à la rue. Il n’empêche qu’il fallut plus de 7 ans pour qu’une loi légitime ces reprises d’entreprises sous forme de coopératives. Le cadre juridique est déterminant.

Ainsi, en France, jusqu’à présent les coopératives ne peuvent pas se constituer en groupe. La loi qui sera votée en faveur de l’Economie sociale et solidaire au parlement le printemps prochain devrait lever les obstacles à la formation des groupes coopératifs.

 Ainsi, si l’époque semble favorable au développement du mouvement coopératif,  si son renforcement passe par une extension de l’inter-coopération, l’environnement juridique, dans chaque pays, mais aussi au niveau international est important. Pour, impliquer l’ONU dans la dynamique coopérative, après cette années 2012 exceptionnelle, Dame Pauline Green, la présidente de l’ACI vient de remettre à l’ONU une déclaration émanant du Sommet International des Coopérative qui s’est tenu à Québec, au début du mois d’août. Le dynamique d’extension du mouvement coopératif se jouera aussi sur ce terrain de la reconnaissance juridique….même, si, comme l’ACI le souligne, le plus important est de convaincre les gens à préférer ce modèle.

 Pour plus d'information: nord-social.info

 

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