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Billet de blog 19 nov. 2019

Quelques mots sur Françoise Dumas

...et sur Geneviève Darrieussecq.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Françoise Dumas est députée de la première circo du Gard (une partie de Nîmes et des cantons au sud et à l'ouest de Nîmes).

En tant que députée, une contradiction fâcheuse

Elle est secrétaire du groupe d'études parlementaire « Droits de l'enfant et protection de la jeunesse ».
Ce groupe a vocation à faire respecter les droits de l’enfant ; et donc notamment à se référer à la Convention internationale des droits de l'enfants (CIDE) ratifiée par la France en 1990 ; et donc à être attentif aux recommandations du Comité des droits de l'enfant, le comité de l'ONU officiellement chargé de vérifier dans chaque pays le respect de la CIDE.

Or, ce comité, sur les questions ayant trait à la violence, met clairement l'intérêt supérieur de l'enfant avant l'autorité parentale. Il a ainsi expressément recommandé à l'État français en 2016 de tenir les mineurs à l'écart des corridas.

Pourtant, comprenne qui pourra, Françoise Dumas déclarait dans le Midi Libre du 10 octobre 2019, à propos de l'accès des mineurs aux corridas : « Je veux que ce dossier soit regardé sur le strict plan du respect des libertés individuelles. Il faut laisser aux parents la liberté de transmettre une passion, une tradition. »

En tant que personne, une affaire gênante


Le 6 novembre 2019,  Le Canard Enchaîné révélait que Françoise Dumas avait fait construire une piscine en s’affranchissant des règles d’urbanisme et en empiétant sur un terrain municipal.
Cette information a été reprise par les médias régionaux ou locaux (le Midi Libre, la Provence, Hérault Tribune, Objectif Gard, la Gazette de Nîmes, France Bleu...) ou encore 20 minutes.
L'article d'Objectif Gard intitulé "La députée Françoise Dumas éclaboussée… par sa piscine" rend bien compte de l'affaire.

Mme Dumas avait déposé sa demande en 2012, et malgré le refus de la municipalité, avait fait construire sa piscine. Et celle-ci déborde sur un terrain communal qui devait être utilisé pour construire un réservoir d'eau !
Elle tente de noyer le poisson : "À l’époque, j’étais en pleine campagne des législatives, je n’étais pas en mesure de m’occuper de cela. Je n’ai pas reçu la lettre recommandée ou je ne l’ai pas retirée." Elle assure avoir fait depuis les démarches de régularisation et a fait une demande d’achat du terrain communal sur lequel déborde sa piscine.

Le dossier devait être examiné au conseil municipal du 16 novembre, mais a finalement été retiré, la majorité LR de Nîmes n'allant pas se priver d'enfoncer Françoise Dumas (LREM) sous l'eau.
L'affaire n'est donc pas finie…

Toro-piscine ?

Allons, sans doute Mme Dumas voulait-elle organiser des "toros-piscines", histoire de patienter entre deux corridas sanglantes !

Elle y aurait invité, en tant que présidente de la Commission de la défense nationale et des forces armées  depuis début octobre, sa collègue Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées.

Car elles ont, outre leur rapport avec la chose militaire, d'autres points communs.

- Geneviève Darrieussecq avait été élue en 2017 députée de la 1ère circo des Landes, qui inclut Mont-de-Marsan, ville taurine comme Nîmes. Et les deux femmes ont occupé ou occupent divers postes d'élues locales (à l'échelon de la commune, de la communauté d'agglomération, du département ou de la région).

- Et les deux sont des défenseures inconditionnelles de la corrida et de l'accès des mineurs aux corridas. Geneviève Darrieussecq (qui a annoncé sa candidature à la mairie de Mont-de-Marsan pour les municipales de 2020), a cru bon de s'élever, en même temps que Françoise Dumas, contre la perspective d'une interdiction aux mineurs, et d'apporter publiquement son soutien à une manifestation de protestation à Dax le 13 octobre, comme relayé ici ou .

- Enfin, si on était mauvaise langue, ou pourrait dire que, comme Françoise Dumas, Geneviève Darrieussecq est… distraite.
Ainsi, lorsqu'à l'occasion de son accession au gouvernement en juin 2017, elle a fourni les éléments de son patrimoine à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), elle avait estimé ses parts de SCI au quart de leur valeur (25 000 € au lieu de 106 268 €).


La HATVP lui avait demandé de rectifier.


A sa décharge publique, elle n'avait pas été le seul membre du gouvernement à se montrer…"distrait".

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