Les USA lancent un mandat d'arrêt contre Nicolas Maduro !

Alors que le monde est sidéré par l'épidémie de COVID-19, l'administration trumpienne lance un procédé inédit pour régler ses comptes avec le Venezuela.

Attorney General Barr and DOJ Officials Announce Significant Law Enforcement Actions Relating to.. © The Justice Department


maduro-doj

L'annonce du gouvernement américain

Le 26 mars, une conférence de presse a été tenue et un communiqué a été publié par le ministère de la Justice américain.

Nicola Maduro, président du Venezuela, et 14 autres responsables vénézueliens, sont officiellement accusés de narco-terrorisme, corruption, trafic de drogue et autres faits criminels, dans le cadre d'une conspiration visant à porter atteinte aux États-Unis.
Le ministère des Affaires étrangères américain offre une récompense 30 millions de dollars à qui fournira des renseignments permettant leur arrestation ou leur condamnation, dont 15 millions pour Maduro.

DEA/Handout via REUTERS. DEA/Handout via REUTERS.

L'état du Venezuela

Le Venezuela est dans une situation économique de plus en plus catastrophique :
- pour partie en rapport avec la gestion économique et monétaire du pays par le régime chaviste trop axée sur la rente pétrolière (rappelons que le Venezuela dispose des plus importantes réserves de pétrole au monde),
- mais également due à la politique délibérée des États-Unis depuis des années pour éliminer un régime qui lui tient tête, avec la mise en oeuvre d'un blocus financier et commercial délétère, encore accentué avec l'arrivée début 2017 de Donald Premier au pouvoir.

Et cette situation s'est encore aggravée ces derniers temps avec la baisse vertigineuse du cours du pétrole, en rapport :
- avec la baisse de la demande suite à la paralysie mondiale croissante au fil de la pandémie de COVID-19,
- puis avec l'augmentation paradoxale de l'offre décidée le 8 mars par la pétromonarchie saoudienne dans le cadre du jeu à trois entre MBS, Vladimir, et Donald, le trio de tête des producteurs d'or noir.
Le cours du baril a baissé de 64 %  depuis début janvier !!!

A côté de cela il y a un conflit politique interne, notamment depuis la mort de Chavez en 2013 puis la baisse du cours du pétrole de 2014.
Trump a promu l'opposant Juan Guaido comme "vrai" président du Venezuela, et Emmanuel Macron n'a rien trouvé de mieux le 4 février 2019 que de cautionner cette stupéfiante ingérence en déclarant que la France reconnaissait Juan Guaido comme "président en charge"…

Certes, Maduro et son équipe ne sont pas des enfants de chœur. Mais l'Amérique latine n'est pas un continent de bisounours, et l'histoire et la culture politiques latino-américaines ne sont pas celles de l'Europe. En tout cas c'est aux Vénézuéliens de gérer leur fonctionnement. Et si une instance extérieure doit intervenir, c'est l'ONU.

Pour finir, le coronavirus s'est invité au Venezuela depuis mi-mars, ce qui risque d'avoir de graves effets vu l'état du pays.

Alors ?

L'administration étatsunienne trouve donc probablement le moment opportun pour lancer cet appel à l'arrestation de Maduro, mettant en avant des motifs de sécurité interne pour s'émanciper des règles onusiennes.

Les preuves avancées évoquent bien entendu l'épais dossier présenté par le ministre des Affaires étrangères américain Colin Powell à l'ONU le 5 février 2003, qui contenait les soi-disant "preuves" que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive, et qui allait conduire le mois suivant à l'intervention militaire "préventive" en Irak, avec les conséquences secondaires que l'on sait dans la région…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.