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Billet de blog 1 déc. 2011

Occupy : le pouvoir des images

En à peine deux mois et demi, le mouvement des Indignés étasuniens a créé une foison d'affiches et d'images politiques, aussi belles que percutantes. Sélection...

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En à peine deux mois et demi, le mouvement des Indignés étasuniens a créé une foison d'affiches et d'images politiques, aussi belles que percutantes. Sélection...

• ADBUSTERS. La singularité du mouvement d' « Occupy Wall Street » est d'avoir été suscité par un collectif d'activistes, d'écrivains et d'artistes. Une association militante atypique qui publie depuis vingt ans le magazine canadien, basé à Vancouver, Adbusters. C'est dans son édition de l'été 2011 que celui-ci lance l'appel à suivre partout l'exemple des Indignados espagnols et des occupants de la Place Tahir en Égypte. Exhortation à la révolte relayée, avec le succès que l'on sait, par les médias sociaux, à New York d'abord, à partir du 17 septembre 2011, puis aux quatre coins des États-Unis. « Adbusters a simplement allumé l'étincelle », affirme le fondateur de la publication, Kalle Lasn, un militant aguerri qui a vécu Mai 68 à Paris.

En créant l'affiche-symbole d'« Occupy Wall Street »,

Adbusters a donné le ton politique et graphique du mouvement.

Influencé par le mouvement situationniste, apôtre d'une révolution libertaire et mondiale, Adbusters (chasseurs d'addiction ?) est un magazine anti-capitaliste et anti-consumériste, occupé pour moitié par des images-affiches, corrosives, provocatrices et percutantes. Lien vers le site d'Adbusters ICI

Une d'Adbusters contre la torture.

TAUREAUX. Dans la foulée d'Adbusters, dans chaque ville des États-Unis où « Occupy » se développe, les affichistes, venus de tous les horizons du graphisme, s'en prennent au taureau de Wall Street. « Charging Bull » est une sculpture de 3,2 tonnes qui se dresse dans le Bowling Green Park à deux pas de Wall Street ; depuis le crash boursier de 1987, elle symbolise pour son auteur, Arturo Di Monica, « la force, le pouvoir et l'espoir du peuple Américain pour le futur »... Une cible idéale !

Le taureau de Wall Street (l'original !),

emblème virile de la bourse de New-York.

Pour les Indignés étasuniens, « Charging Bull » symbolise la brutalité des marchés. La bestiole en prend pour son grade...

Ça suffit.

Ligotté (au pays des cow boys...)

On ne saurait mieux dire...

Avant l'abattoir...

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En morceaux...

Pour en finir...

TENTES. Égypte, Espagne, États-Unis... marque du mouvement des Indignés dans le monde, la tente est omniprésente sur les affiches d'« Occupy ».

Sur un (magnifique) iceberg...

Dans la partie immergée : l'appel à un mouvement de masse...

Au pied d'un symbole des « marchés »...

L'espoir...

  • 99%. « We are the 99% », le slogan central des Indignés étasuniens est omniprésent, en particulier sous une forme typographique. Trois belles variations.

VISAGES. Les 99% ont des visages...

Un rappel de la rébellion de la jeunesse américaine

dans les années soixante dix ?...

Pop...

Insurgée masquée...

Psychadélique...

En deux langues, à l'adresse des ouvriers latino...

POINGS. Le poing, symbole de l'unité et de la révolution sociale lors des Fronts populaires en 1936 , est décliné par le mouvement américain.

Les mots d'Occupy en un poing...

Le poing électronique... hommage aux réseaux sociaux...

Pour l'appel à la grève générale à Oakland

les poings brisent les chaines de l'exploitation...

(Article du 3 novembre sur l'appel à la grève à Oakland ICI),

MÉDIAS. Le mouvement s'en prend aussi aux médias traditionnels, fustigés pour leur silence, mis au pilori pour leur mépris. À lire sur ce sujet, l'excellent article d'Acrimed (action-Critique-médias), « Les "Indignés" indignés par les médias, aux États-Unis », sur son site. ICI

Critique de l'information par imitation

avec cette présentation du journal télévisé

par un perroquet nommé « Jim J'imite ».

En créant son media alternatif, « Occupied Wall Street journal », journal papier et en ligne, le mouvement se donne les moyens de rompre la loi du silence et de faire connaître directement ses idées et son action. Lien vers le site du journal ICI

Pile d'« Occupied Wall Street journal »,

l'anti « Wall Street journal ».

EVERYWHERE. En guise de bouquet final, pour finir ce trop rapide tour d'horizon de la création graphique des Indignés étasuniens, cette sélection d'affiches qui montre la richesses des sources d'inspiration de leurs auteurs :

La carte des occupations, image de la force du mouvement...

L'homme seul qui défie les chars

sur la place Tien An Men en Chine,

avec un graphisme inspiré du constructivisme

soviétique des années vingts...

Clin d'œil aux latinos étasuniens,

avec ce calavera de la fête des morts au Mexique...

Référence à la statue de Saddam Hussein

à l'arrivée des troupes US en Irak,

au tour des « marchés » de tomber...

Un petit air de Grande révolution culturelle...

Même le bibi des étudiants fait la nique aux « marchés »...

Symphonie en noir et rouge...

PAROLES. « Imagination, justice, liberté, démocratie, merveilleux, nécessaire, intelligent, pouvoir, révolution, électrique... » les Indignés « d'Occupy Wall Street » ont réalisé une vidéo où 99 d'entre eux qualifient leur mouvement avec un mot. 99 mots qui sont aussi 99 portraits d'indignés. En version originale.LIEN VERS LA VIDÉO ICI


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