La marche de la mort de l’Amérique

Pour le journaliste étasunien, Chris Hedges, « quel que soit le résultat, l’élection n’arrêtera pas la montée de l’hypernationalisme, la crise des sectes et les autres signes du déclin final d’un empire ». Au terme d’une analyse au scalpel d’une « course vers l’abîme », le lauréat du prix Pulitzer appelle « à monter des actes soutenus de désobéissance civile de masse pour faire tomber l’empire ».

 © Illustration de M Fish pour Sheerpost © Illustration de M Fish pour Sheerpost

Le déclin final des États-Unis ne sera pas résolu par des élections. La pourriture et la dépravation politiques continueront à ronger l’âme de la nation, engendrant ce que les anthropologues appellent les « sectes de crise » – des mouvements dirigés par des démagogues qui s’attaquent à une insupportable détresse psychologique et financière. Ces sectes de crise, déjà bien implantées chez les adeptes de la droite chrétienne et de Donald Trump, véhiculent une pensée magique et un infantilisme qui promet – en échange de toute autonomie – la prospérité, le retour à un passé mythique, l’ordre et la sécurité.

Les sombres aspirations de la classe ouvrière blanche à la vengeance et au renouveau moral par la violence, l’avidité et la corruption incontrôlées des oligarques et des milliardaires des entreprises qui gèrent notre démocratie défaillante, qui a déjà institué une surveillance gouvernementale de grande envergure et révoqué la plupart des libertés civiles, font partie des pathologies tordues qui infectent toutes les civilisations en train de sombrer. J’ai été témoin de la mort d’autres nations lors de l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est et, plus tard, en ex-Yougoslavie. J’ai déjà senti cette puanteur.

La destitution de Trump ne fera qu’exacerber la soif de violence raciste qu’il suscite et l’élixir enivrant du nationalisme blanc. Les élites dirigeantes, qui ont d’abord construit une économie mafieuse puis un État mafieux, continueront sous Biden, comme elles l’ont fait sous Trump, Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton et Ronald Reagan, à piller encore et sans raison.

La police militarisée ne mettra pas fin à ses saccages meurtriers dans les quartiers pauvres. Les guerres sans fin ne cesseront pas. Le budget militaire hypertrophié ne sera pas réduit. La plus grande population carcérale du monde restera une tache sur le pays. Les emplois manufacturiers envoyés à l’étranger ne reviendront pas et les inégalités sociales s’aggraveront. Le système de santé à but lucratif va escroquer le public et coûter des millions de plus au système de soins de santé. Le langage de la haine et du fanatisme sera normalisé comme la principale forme de communication.

Les ennemis internes, y compris les musulmans, les immigrants et les dissidents, seront diffamés et attaqués. L’hypermasculinité qui compense le sentiment d’impuissance s’intensifiera. Elle dirigera son venin vers les femmes et tous ceux qui ne se conforment pas aux stéréotypes masculins rigides, en particulier les artistes, les LGBTQ et les intellectuels. Les mensonges, les théories du complot, les futilités et les fausses nouvelles – ce que Hannah Arendt a appelé le « relativisme nihiliste » – continueront de dominer les ondes et les médias sociaux, se moquant des faits vérifiables et de la vérité. L’écocide, qui présage l’extinction de l’espèce humaine et de la plupart des autres formes de vie, s’acheminera sans relâche vers sa conclusion apocalyptique.

« Nous courons sans réfléchir vers l’abîme après avoir mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de la voir », a écrit Pascal.

Plus la situation s’aggrave – et elle s’aggravera à mesure que la pandémie nous frappera vague après vague meurtrière, avec environ 300 000 Américains morts en décembre et peut-être 400 000 en janvier – et plus la nation sera désespérée. Des dizaines de millions de personnes seront jetées dans le dénuement, expulsées de leurs foyers et abandonnées. L’effondrement social, comme l’a observé Peter Drucker à Weimar, en Allemagne, dans les années 1930, s’accompagne d’une perte de confiance dans les institutions et les idéologies dominantes.

En l’absence de réponses ou de solutions apparentes au chaos et à la catastrophe croissants – et Biden et le parti démocrate ont déjà empêché le genre de programmes de New Deal et d’assaut contre le pouvoir oligarchique qui nous a sauvés pendant la Grande Dépression – les démagogues et les charlatans n’ont qu’à dénoncer toutes les institutions, tous les hommes politiques et toutes les conventions politiques et sociales tout en évoquant des tas d’ennemis fantômes.

Drucker a vu que le nazisme a réussi non pas parce que les gens croyaient en ses promesses fantastiques, mais en dépit de celles-ci. Les absurdités nazies, a-t-il souligné, ont été « attestées par une presse hostile, une radio hostile, un cinéma hostile, une église hostile et un gouvernement hostile qui ont inlassablement souligné les mensonges nazis, l’incohérence nazie, l’impossibilité d’atteindre leurs promesses, ainsi que les dangers et la folie de leur parcours ». Personne, a-t-il noté, « n’aurait été un nazi si la croyance rationnelle dans les promesses nazies avait été une condition préalable ».

Le poète, dramaturge et révolutionnaire socialiste Ernst Toller, qui a été contraint à l’exil et dépouillé de sa citoyenneté lorsque les nazis ont pris le pouvoir en 1933, a écrit à peu près la même chose dans son autobiographie : « Le peuple est fatigué de la raison, fatigué de la pensée et de la réflexion. Il se demande ce que la raison a fait ces dernières années, ce que les idées et les connaissances lui ont apporté de bon ». Après le suicide de Toller en 1939, W. H. Auden a écrit dans son poème « In Memory of Ernst Toller » :

Nous sommes habités par des pouvoirs que nous prétendons comprendre :

Ils arrangent nos amours ; ce sont eux qui dirigent à la fin

La balle ennemie, la maladie, ou même notre main.

Les pauvres, les vulnérables, ceux qui ne sont pas blancs ou chrétiens, ceux qui sont sans papiers ou qui ne répètent pas sans réfléchir le cantique d’un nationalisme chrétien perverti, seront offerts dans une crise au dieu de la mort, une forme familière de sacrifice humain qui afflige les sociétés malades. Une fois ces ennemis de la nation purgés, on nous promet que l’Amérique retrouvera sa gloire perdue, sauf qu’une fois qu’un ennemi est effacé, un autre prend sa place. Les cultes de crise imposent que l’escalade des conflits soit constante.

C’est ce qui a rendu la guerre en ex-Yougoslavie inévitable. Une fois qu’une étape du conflit atteint un crescendo, elle perd de son efficacité. Elle doit être remplacée par des affrontements toujours plus brutaux et meurtriers. L’intoxication et l’addiction à des niveaux de violence de plus en plus élevés pour purger la société du mal ont conduit au génocide en Allemagne et en ex-Yougoslavie. Nous ne sommes pas à l’abri. C’est ce qu’Ernst Jünger a appelé une « fête de la mort ».

Ces sectes de crise sont, comme l’a compris Drucker, irrationnelles et schizophrènes. Elles n’ont pas d’idéologie cohérente. Elles bouleversent la morale. elles font appel exclusivement aux émotions. La culture du burlesque et des célébrités devient politique. La dépravation devient la moralité. Les atrocités et les meurtres deviennent de l’héroïsme. Le crime et la fraude deviennent la justice. La cupidité et le népotisme deviennent des vertus civiques. Ce que ces cultes représentent aujourd’hui, ils le condamneront demain.

Au plus fort du règne de la terreur, le 6 mai 1794, pendant la Révolution française, Maximilien Robespierre annonce que le Comité de sécurité publique reconnaît désormais l’existence de Dieu. Les révolutionnaires français, athées fanatiques qui avaient profané des églises et confisqué des biens ecclésiastiques, assassiné des centaines de prêtres et forcé 30 000 autres à s’exiler, se sont instantanément retournés pour envoyer à la guillotine ceux qui dénigraient la religion. Finalement, épuisés par la confusion morale et les contradictions internes, ces cultes de crise aspirent à l’auto-anéantissement.

Le sociologue français Emile Durkheim, dans son livre classique « Sur le suicide », a constaté que lorsque les liens sociaux sont brisés, lorsqu’une population ne se sent plus à sa place ou n’a plus de sens dans une société, les actes d’autodestruction personnels et collectifs prolifèrent. Les sociétés sont maintenues ensemble par un réseau de liens sociaux qui donnent aux individus le sentiment de faire partie d’un collectif et d’être engagés dans un projet plus grand que soi.

Ce collectif s’exprime à travers des rituels, tels que les élections et la participation démocratique ou un appel au patriotisme, et des croyances nationales communes. Ces liens donnent un sens, un but, un statut et une dignité. Ils offrent une protection psychologique contre la mortalité imminente et l’inutilité qui découle de l’isolement et de la solitude. La rupture de ces liens plonge les individus dans une profonde détresse psychologique. Durkheim a appelé cet état de désespoir et sans issue anomie, qu’il a défini comme une « absence de règles ».

L’absence de règles signifie que les normes qui régissent une société et créent un sentiment de solidarité organique ne fonctionnent plus. La croyance, par exemple, que si nous travaillons dur, que nous obéissons à la loi et que nous recevons une bonne éducation, nous pouvons obtenir un emploi stable, un statut social et une mobilité ainsi qu’une sécurité financière devient un mensonge. Les anciennes règles, imparfaites et souvent fausses pour les personnes de couleur pauvres, n’étaient pourtant pas une fiction complète aux États-Unis.

Elles offraient à certains Américains – en particulier ceux issus de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche – une modeste promotion sociale et économique. La désintégration de ces liens a déclenché un malaise généralisé que Durkheim aurait reconnu. Les pathologies autodestructrices qui affligent les États-Unis – dépendance aux opiacés, jeux d’argent, suicide, sadisme sexuel, groupes haineux et fusillades de masse – sont le produit de cette anomie. Il en va de même pour notre dysfonctionnement politique. Mon livre, « America : The Farewell Tour » [Amérique : la tournée d’adieu, NdT], est un examen de ces pathologies et de l’anomie généralisée qui définit la société américaine.

Les structures économiques, même avant la pandémie, ont été reconfigurées pour se moquer de la foi en une méritocratie et de la croyance que le travail acharné mène à un rôle productif et valorisé dans la société. La productivité américaine, comme l’a souligné le New York Times, a augmenté de 77 % depuis 1973, mais le salaire horaire n’a augmenté que de 12 %. Si le salaire minimum fédéral était lié à la productivité, a écrit le journal, il serait maintenant de plus de 20 dollars de l’heure, et non plus de 7,25 dollars.

Quelque 41,7 millions de travailleurs, soit un tiers de la population active, gagnent moins de 12 dollars de l’heure, et la plupart d’entre eux n’ont pas accès à l’assurance maladie financée par l’employeur. Dix ans après l’effondrement financier de 2008, a écrit le Times, la valeur nette moyenne des familles de la classe moyenne est inférieure de plus de 40 000 dollars à ce qu’elle était en 2007. La valeur nette des familles noires a baissé de 40 %, et celle des familles latinos de 46 %. Quelque quatre millions d’expulsions sont effectuées chaque année. Un ménage locataire sur quatre consacre environ la moitié de son revenu avant impôt au loyer. Chaque nuit, quelque 200 000 personnes dorment dans leur voiture, dans la rue ou sous les ponts.

Et ces chiffres alarmants représentent les bons moments que Biden et les dirigeants du Parti démocrate promettent de rétablir. Aujourd’hui, avec un taux de chômage réel probablement proche de 20 % – le chiffre officiel de 10 % exclut les personnes en congé ou celles qui ont cessé de chercher du travail – quelque 40 millions de personnes risquent d’être expulsées d’ici la fin de l’année. On estime à 27 millions le nombre de personnes qui devraient perdre leur assurance maladie. Les banques accumulent des réserves de liquidités pour faire face à la vague attendue de faillites et de défauts de paiement sur les prêts hypothécaires, les prêts étudiants, les prêts automobiles, les prêts personnels et les dettes de cartes de crédit.

L’absence de règles et l’anomie qui définissent la vie de dizaines de millions d’Américains ont été orchestrées par les deux partis au pouvoir au service d’une oligarchie d’entreprise. Si nous ne remédions pas à cette anomie, si nous ne rétablissons pas les liens sociaux brisés par le capitalisme d’entreprise prédateur, la décadence s’accélérera.

Cette sombre pathologie humaine est aussi ancienne que la civilisation elle-même, répétée sous diverses formes au crépuscule de la Grèce et de la Rome antiques, à la fin des empires ottoman et austro-hongrois, de la France révolutionnaire, de la République de Weimar et de l’ex-Yougoslavie.

L’inégalité sociale qui caractérise tous les États et toutes les civilisations saisis par une minuscule cabale corrompue – dans notre cas, l’entreprise – conduit à une volonté de destruction inavouée de la part d’énormes segments de la population. Les nationalistes ethniques Slobodan Milošević, Franjo Tudjman, Radovan Karadžić et Alija Izetbegović en ex-Yougoslavie ont pris le pouvoir dans une période similaire de chaos économique et de stagnation politique.

En 1991, les Yougoslaves souffraient d’un chômage généralisé et ont vu leur revenu réel réduit de moitié par rapport à ce qu’ils avaient été une génération auparavant. Ces démagogues nationalistes sanctifiaient leurs partisans en les considérant comme de justes victimes traquées par une série d’ennemis insaisissables. Ils parlaient le langage de la vengeance et de la violence, ce qui a conduit, comme toujours, à une véritable violence.

Ils se livraient à un trafic de mythes historiques, déifiant les exploits passés de leur race ou de leur ethnie dans une sorte de culte des ancêtres pervers, un mécanisme pour donner à ceux qui souffraient d’anomie, qui avaient perdu leur identité, leur dignité et leur estime de soi, une nouvelle et glorieuse identité en tant que partie d’une race maîtresse. Lorsque je me suis promené à Montgomery, en Alabama, une ville où la moitié de la population est afro-américaine, aux côtés de l’avocat aux droits civils Bryan Stevenson, il y a quelques années, il a souligné les nombreux monuments commémoratifs confédérés, notant que la plupart avaient été érigés au cours de la dernière décennie. « C’est exactement ce qui s’est passé en Yougoslavie », lui ai-je dit.

Un hyper-nationalisme infecte toujours une civilisation mourante. Il alimente le culte collectif de soi. Cet hyper-nationalisme célèbre les vertus soi-disant uniques de la race ou du groupe national. Il dépouille tous ceux qui sont en dehors du cercle fermé de leur valeur et de leur humanité. Le monde devient instantanément compréhensible, un tableau noir et blanc d’eux et de nous. Ces moments tragiques de l’histoire voient les gens tomber dans la folie collective. Ils suspendent la pensée, surtout la pensée autocritique. Rien de tout cela ne disparaîtra en novembre, en fait, la situation va empirer.

Joe Biden, un animal politique superficiel, sans croyances fixes ni profondeur intellectuelle, est l’expression de la nostalgie d’une classe dirigeante qui aspire à revenir à la pantomime de la démocratie. Ils veulent restaurer le décorum et la religion civique qui font de la présidence une forme de monarchie et sacralisent les organes du pouvoir d’État. La vulgarité et l’ineptie de Donald Trump sont une source d’embarras pour les architectes de l’empire. Il a déchiré le voile qui recouvrait notre démocratie défaillante. Mais quels que soient les efforts déployés par les élites, ce voile ne peut être restauré. Le masque est enlevé. La façade a disparu. Biden ne peut pas la ramener.

Les dysfonctionnements politiques, économiques et sociaux définissent l’empire américain. Notre incapacité stupéfiante à contenir la pandémie, qui infecte aujourd’hui plus de 5 millions d’Américains, et l’incapacité à faire face aux retombées économiques que la pandémie a provoquées, ont exposé le modèle capitaliste américain comme étant en faillite. Il a libéré le monde, dominé par les États-Unis depuis sept décennies, pour qu’il se tourne vers d’autres systèmes sociaux et politiques qui servent le bien commun plutôt que la cupidité des entreprises. La stature diminuée des États-Unis, même parmi nos alliés européens, apporte l’espoir de nouvelles formes de gouvernement et de nouvelles formes de pouvoir.

C’est à nous d’abolir la kleptocratie américaine. C’est à nous de monter des actes soutenus de désobéissance civile de masse pour faire tomber l’empire. Il empoisonne le monde comme il nous empoisonne. Si nous nous mobilisons pour construire une société ouverte, nous offrons la possibilité de battre en brèche ces sectes de crise ainsi que de ralentir et d’interrompre la marche vers l’écocide. Cela exige que nous reconnaissions, comme ceux qui protestent dans les rues de Beyrouth, que notre kleptocratie, comme celle du Liban, est incapable d’être sauvée. Le système américain de totalitarisme inversé, comme l’a appelé le philosophe politique Sheldon Wolin, doit être éradiqué si nous voulons récupérer notre démocratie et nous sauver d’une extinction massive. Nous devons faire écho aux chants des foules au Liban qui appellent à la suppression totale de sa classe dirigeante – kulyan-yani-kulyan – tout le monde veut dire tout le monde.


Chris Hedges, 64 ans, journaliste et auteur étasunien, lauréat du prix Pulitzer en 2002, a été pendant quinze ans correspondant à l’étranger pour le New York Times, où il a occupé les fonctions de chef du bureau Moyen-Orient et de chef du bureau Balkans du journal. Auparavant, il a travaillé à l’étranger pour le Dallas Morning News, le Christian Science Monitor et National Public Radio. Il est l’animateur de l’émission On Contact de Russia Today America, nommé pour un Emmy Award. Chris Hedges s'identifie comme étant un socialiste comparé à ce qu'il voit comme étant le « capitalisme totalitaire sans pitié ».

Source de l'article de Chris Hedges : https://scheerpost.com/2020/08/10/chris-hedges-americas-death-march/ Traduction par Les Criseshttps://www.les-crises.fr/la-marche-de-la-mort-de-l-amerique-par-chris-hedges/

• A LIRE AUSSI, la traduction par Les Crises de l'article du journaliste étasunien Patrick Lawrence, « États-Unis : Voter dans un État de facto militaire ». « À quoi allons-nous avoir droit en matière de politique étrangère à partir du 3 novembre prochain ? Quel que soit le vainqueur de cette élection, Joe Biden ou Donald Trump, les réponses qui nous sont proposées sont déprimantes. Pour ceux qui votent, le choix se situe entre un partisan de la restauration mentalement déficient et un prisonnier paralysé de ce que certains d’entre nous appellent l’État profond. »...

 

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