Macron va au référendum à reculons

Faute d’une culture démocratique élémentaire, face à la contestation de sa politique, Emmanuel Macron s’est jusqu’ici refusé de retourner vers le peuple avec un référendum. Il y est aujourd’hui contraint et forcé par le biais de l’élection au parlement européen… qui s’annonce pour lui et sa clique comme une défaite en rase campagne. Les Gilets jaunes ont encore de beaux jours devant eux.

 

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Comme le dévoile le Canard enchaîné de cette semaine, le préfet de choc de la Macronie, Didier Lallemand, nous a offert une belle métaphore de la situation politique du président de la République et de sa bande : lors de la manifestation parisienne des Gilets jaune du samedi 18 mai, 75 CRS ont exécuté l’ordre de « progresser en marche arrière devant le cortège des manifestant-es », ainsi obligés à un contact permanent et inconfortable avec ces derniers et contraints de crapahuter plus de trois heures durant, casqués, armés, avec leur barda de 50 kgs sur le dos. « Inédit dans les anales de la police » selon le Canard. Résultat : « une épidémie de tendinites dans les rangs, jusqu’à mettre hors service toute la compagnie. »


“Un dirigeant incompétent et en difficulté, pour qui la grande majorité des électeurs n’éprouve que méfiance et aversion. Une économie chancelante […]. Une opposition regonflée à bloc. D’énormes manifestations. Des querelles avec des partenaires européens. Le gouvernement paralysé et l’opposition ragaillardie”, décrit The Spectator, dans son dernier numéro, avant d’ironiser : “[Non], ce n’est pas Theresa May, mais Emmanuel Macron […].” Extrait Courrier international © DR “Un dirigeant incompétent et en difficulté, pour qui la grande majorité des électeurs n’éprouve que méfiance et aversion. Une économie chancelante […]. Une opposition regonflée à bloc. D’énormes manifestations. Des querelles avec des partenaires européens. Le gouvernement paralysé et l’opposition ragaillardie”, décrit The Spectator, dans son dernier numéro, avant d’ironiser : “[Non], ce n’est pas Theresa May, mais Emmanuel Macron […].” Extrait Courrier international © DR
Emmanuel Macron ne veut pas mettre en jeu démocratiquement son mandat et sa politique, par le biais d’un référendum ou par des élections législatives. Faire ce qu’a fait et ferait le fondateur de la Ve République, un De Gaulle dont le Tartuffe de l’Élysée prétend s’inspirer. Incapable de ramener la paix civile, tenu en joue par l’oligarchie qui l’a fait roi, plombé par son équipe de tocards et de bras cassés, le chef de l’exécutif, plus seul que jamais avant lui ne l’a été un président de la Ve, joue son va tout : son auguste personne. Voter LRM à l’élection européenne ce sera voter pour lui ! Le frelon est tombé dans la bouteille.

Emmanuel Macron va perdre son pari désespéré. Évidemment s’il est derrière Le Pen, mais tout autant aussi s’il est devant, car de quelle légitimité pourra-t-il se prévaloir avec, au mieux, vingt et quelques pour cent des votes exprimés, soit un misérable 10% des électeurs inscrits !?... En tout état de cause, les lendemains de l’élection européenne seront ceux d’une crise de régime ouverte, avec une majorité dans les cordes, un gouvernement éreinté et un président mort-vivant englué dans le déni, la violence et le mensonge.

Sauf à ce que Emmanuel Macron prenne acte de son échec et, hypothèse folle, démissionne, on peut prévoir le pire si le locataire de l’Élysée peut poursuivre sa marche autoritaire. Mais le meilleur aussi est possible car, au bout du compte, la défaite politique d’Emmanuel Macron qui va se cristalliser après l'élection européenne sera, par la bande, une victoire des Gilets jaunes et plus généralement du mouvement social-écolo-politique qui, depuis 6 mois, déploie ses ailes. Et ça ne fait que commencer.

 

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