Noël : les mal-logés manifestent devant le ministère du Logement

Plusieurs dizaines de familles de mal-logés ont fêté mardi Noël aux abords du ministère du Logement, à l'appel de l'association Droit au Logement (DAL), afin de réclamer l'application de la loi Dalo. « Ni miette, ni bla-bla : respectez nos droits », pouvait-on lire sur une banderole.

Plusieurs dizaines de familles de mal-logés ont fêté mardi Noël aux abords du ministère du Logement, à l'appel de l'association Droit au Logement (DAL), afin de réclamer l'application de la loi Dalo. « Ni miette, ni bla-bla : respectez nos droits », pouvait-on lire sur une banderole.


Ces familles, reconnues prioritaires du Droit au logement opposable (Dalo), instauré en 2008, sont en attente de relogement depuis plusieurs années et survivent « dans des hôtels précaires, à la rue, dans des taudis, dans des squats ou chez des amis », a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

Derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire « Ni miette, ni bla-bla: respectez nos droits », un sapin décoré de guirlandes avait été installé et des cadeaux ont été distribués aux enfants.

La loi Dalo permet aux familles démunies de faire un recours auprès d'une commission de médiation, qui détermine si elles peuvent être reconnues « prioritaires Dalo », c'est-à-dire si l'État a obligation de les reloger.


« Toutes les familles qui sont ici sont des prioritaires Dalo en attente de relogement », a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, rappelant que François Hollande s’était engagé dans un courrier au DAL daté du 27 avril 2012 : « Si les Français m’accordent leur confiance, la loi instituant le droit au logement opposable devra être respectée, en premier lieu par l’État. »

L'Ile-de-France comptait, en juin 2012, 27 534 ménages « prioritaires » attendant depuis au moins six mois un relogement.

« JE TRAVAILLE À TEMPS PLEIN »

Dans la manifestation, Fanta Soumahoro et ses trois enfants s'époumonnent : « Un toit c'est la loi, un toit c'est un droit. »

« On vit dans un squat à Aubervilliers », explique Fanta, dont la famille a déjà connu « 12 logements différents » mais jamais de vrai chez-soi. « Pourtant, je travaille à temps plein, et mon mari aussi », explique-t-elle.

Aliana, 31 ans, loge de son côté à l'hôtel avec ses 5 enfants. Régulièrement déplacés au gré des places libres, ils ont déjà connu « 18 hôtels », explique-t-elle, inquiète pour la scolarité de ses enfants. Elle est censée quitter au 31 décembre la dernière chambre d'hôtel qu'elle occupe, à La Plaine-Saint-Denis, pour cause de rupture de contrat entre l'hôtelier et le Samu social.

2,4 MILLIONS DE LOGEMENTS VACANTS

« Le choc des solidarités, on ne l'a pas encore vu », a dénoncé Jean-Baptiste Heyraud, demandant « la réquisition de logements appartenant aux grands propriétaires, aux grandes sociétés », mais aussi « la mobilisation des biens de l'État », comme par exemple les casernes vides, pour loger toutes ces familles.

Cent vingt-quatre bâtiments vacants susceptibles d'être réquisitionnés ont été identifiés en Ile-de-France, dont 44 dans Paris, a indiqué récemment le préfet de région, Daniel Canepa. Mais les « premiers résultats » ne sont attendus qu'en février, voire avril, a-t-il dit.

La ministre du Logement, Cécile Duflot, s'est dite prête à réquisitionner les bâtiments appartenant à des banques, des compagnies d'assurances ou encore des entreprises, si les 19 000 places mobilisées cet hiver pour les sans-abri se révèlent insuffisantes.

 

Selon l'Insee, rappelle le DAL, la France compte 2,4 millions de logements vacants, dont 330 000 en IDF.

L'association réclame la réquisition de 100 000 logements vacants, appartenant aux pouvoirs publics, aux bailleurs sociaux, ou à de riches propriétaires privés, afin de loger les prioritaires Dalo en attente et les 150 000 sans-abri que compte selon elle le pays.

Une délégation devait être reçue en fin d'après-midi au ministère, où elle entendait offrir à la ministre du Logement, Cécile Duflot, « un pied-de-biche doré » pour « accélérer les réquisitions de logements vides ».

Avec le DAL, l'AFP, Reuters

 


DAL : http://droitaulogement.org/

• Dans l'humanité.fr du jeudi 27 décembre, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL : « Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement a choisi d’appliquer la procédure de réquisition de 1998 au lieu de l’ordonnance de 1945. Cette dernière est beaucoup plus facile à mettre en œuvre, c’est celle qui a été utilisée par Jacques Chirac. Elle est plus directe et limite les recours des propriétaires. Mais le gouvernement a choisi d’utiliser la procédure de 1998, donc c’est beaucoup plus long… » INTERVIEWhttp://www.humanite.fr/societe/dans-lhumanite-ce-jeudi-limpossible-requisition-du-511801

 



 

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