« La police distribue la férocité des classes dominantes »

« La mort de Rémi n'est pas une bavure, c'est un meurtre d'État » analyse Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales qui travaille à disloquer les mécanismes de domination. Dans un entretien avec Paul Conge, sur Aparté.com, l'auteur de la Domination policière (2013), estime que les zadistes du barrage de Sivens sont face à une « contre-insurrection policière » qui peut dériver en « guerre de basse intensité ». Iconoclate.

« La mort de Rémi n'est pas une bavure, c'est un meurtre d'État » analyse Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales qui travaille à disloquer les mécanismes de domination. Dans un entretien avec Paul Conge, sur Aparté.com, l'auteur de la Domination policière (2013), estime que les zadistes du barrage de Sivens sont face à une « contre-insurrection policière » qui peut dériver en « guerre de basse intensité ». Iconoclate.



Aparté.com : Place du Capitole, lors du premier hommage à Rémi Fraisse, on lisait « la police assassine » sur une banderole. Comment caractérisez-vous la mort de Rémi Fraisse ?


Mathieu Rigouste : Cette banderole disait « Zied et Bouna (27 oct 2005), Timothée Lake (17 oct 2014), Rémi Fraisse (26 oct 2014), RIP, La police assassine, Ni oubli ni pardon !». Parce que ce 27 octobre, c’était l’anniversaire de la mort de Zied et Bouna à Clichy-sous-Bois en fuyant la police, qui déclencha la grande révolte des quartiers populaires de 2005. Parce qu’une semaine avant le meurtre de Rémi, le 17 octobre, c’est Thimothée Lake qui a été tué par la BAC à St-Cyprien (Toulouse), dans une supérette et dans l’indifférence quasi-générale.

C’était exactement 53 ans après le massacre du 17 octobre 1961,durant lequel la police parisienne tua plusieurs dizaines d’Algériens en lutte pour la libération de leur peuple. La propagande de l’Etat et des médias dominants produisent une histoire « nationale » et officielle qui permet de légitimer le fonctionnement de cette violence industrielle.

Dans le cas de Rémi, La Dépêche du midi a ouvert le bal des mythomanes en publiant cette histoire de corps retrouvé dans la forêt, laissant planer l’idée que la police n’avait rien à voir là-dedans, voire même qu’elle l’avait recueilli. Mais nous pouvons démontrer collectivement, par la contre-enquête populaire et des contre-médias auto-organisés que la police assassine régulièrement, que sa violence est systémique, systématique et portée par des structures politiques, économiques et sociales. La police distribue la férocité des classes dominantes.


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http://www.xn--apart-fsa.com/2014/10/mathieu-rigouste-mort-remi-nest-pas-bavure-cest-meurtre-detat/


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