Delirium energeticum...

De la transition énergétique avec des énergies intermittentes

 

Une fois de plus, le GIEC/IPCC prévoit n’importe quoi…

L’AIE (Agence Internationale de l’Energie) prévoit pour 2035 au plus 14% de Renouvelable (mais plus vraisemblablement 12%) dont 2% de solaire et d’éolien, et 12% d’hydraulique et biomasse. Le GIEC, dans son dernier rapport sur les EnR, prévoit pour 2030, en se basant sur son 164ème scénario, 43% d’EnR, ce qui est complètement irréaliste.  On comprend mieux l’origine de ce 164ème scénario lorsque l'on sait que la personne qui l’a élaboré est le Dr Sven Teske, notoirement connu pour être « coordinateur international de Greenpeace pour les questions climatiques ». Non seulement Sven Teske est un membre éminent de Greenpeace, mais il est aussi un représentant patenté du lobby de l'industrie photovoltaïque, au nom de laquelle il défend le principe des subventions à cette source d’énergie éminemment non compétitive.

L’Allemagne

Sa politique énergétique est complètement incohérente. Ce pays a fermé plusieurs centrales nucléaires dans la précipitation, et sans aucune réflexion sur les conséquences,  après la catastrophe de Fukushima. Comme si Fukushima pouvait se produire en Allemagne !...

L’Allemagne a construit un million de panneaux photovoltaïques, alors que ce pays est peu ensoleillé, pour une fourniture de moins de 2% des besoins nationaux, et pour un coût de l’ensemble du parc photovoltaïque bien supérieur à 100 M€.  Le nord et la zone côtière de mer du Nord sont couverts d’éoliennes. Le surcoût du kWh pour le consommateur est de 3,6c€, et atteindra prochainement 5 c€. Il ne faut pas s’étonner qu’un cinquième des entreprises industrielles allemandes ont déplacé certaines de leurs activité à l’étranger ou projettent de le faire devant les incertitudes concernant l’approvisionnement en énergie électrique. Le Ministre de l’Economie, pragmaique, a obligé son collègue de l’Environnement à céder : les subventions au solaire cesseront en 2017. Le secteur de l’éolien est sinistré : deux importantes sociétés, Solon et Solar Millenium, ont fait faillite. Les 150 000 emplois verts créés sont en voie de disparition.

Autre problème : il faudrait à coût très élevé construire 4000 km de lignes HT pour relier les parcs éoliens très onéreux de mer du Nord aux régions industrielles du sud, avec les oppositions locales à de tels projets, et leur financement est loin de pouvoir être assuré par les opérateurs.

 Pour assurer un approvisionnement stable et régulier aux citoyens et aux entreprises, l’Allemagne a construit des centrales à charbon et à lignite. Elle ne va quand même pas saborder son industrie !...Elle va donc émettre plus de CO2 et devra importer de France du courant d’origine nucléaire. Ubuesque !....

 

La France

Nos centrales électriques couvrent nos besoins, sauf pendant quelques jours en hiver, par grand froid. Par exemple, en 2011, nous avons importé de l’énergie électrique pendant 4 jours et exporté pendant 361. Mais, pour des raisons dogmatiques, le Grenelle de l'Environnement a décidé de nous inonder d'éoliennes et de panneaux solaires, sans se soucier des conséquences pour les entreprises et les citoyens….

Le facteur de charge de l'éolien est 21%, celui du solaire 13% sous nos latitudes (source : RTE), et la fourniture d'énergie est intermittente. Par exemple, en hiver, quand un anticyclone couvre le pays, il n'y a pas de vent et peu de lumière. Donc, les EnR ne fournissent rien quand elles seraient utiles. Je résume : pour satisfaire aux fantasmes des « khmers verts », on nous fait payer des EnR inutiles, onéreuses, et qui défigurent nos paysages. On taxe le contribuable, on augmente les dépenses énergétiques du consommateur, on réduit la compétitivité de nos entreprises, tout cela pour des prunes. La Cour des Comptes a chiffré à 6,7 Md€ en 2017 le surcoût que nous devrons supporter suite à des décisions politiques absurdes. Comprenne qui pourra... Or, pourquoi des EnR? Pour limiter nos émissions de méchant CO2 anthropique, source de tous les maux de la Terre, en oubliant de dire que notre électricité nucléaire n’en produit pas….et que le rôle du méchant CO2 est non seulement non prouvé, mais faux.  On oublie aussi de nous dire que les EnR nécessitent des centrales à démarrage rapide (gaz) pour pallier à leurs fluctuations de puissance et à leur intermittence. On oublie aussi de nous dire que les EnR nécessitent  un renforcement des réseaux de transport, ce qui coûte fort cher…

 

Les éoliennes

Voici quelques informations utiles sur leurs défauts majeurs, soigneusement cachés par le mythe de la transition énergétique.

- elles défigurent les paysages

- forte empreinte au sol

- leur fonctionnement est intermittent et imprévisible

- la puissance fournie est fluctuante : elle est nulle pour V (vitesse du vent) inférieure à 5 m/s, soit 18 km/h. Elle augmente continûment pour 5 m/s <V <15 m/s, donc la puissance fournie (P) est fluctuante. P est à peu près stable pour 15 m/s < V < 25 m/s,  donc entre 54 km/h et 90 km/h. Au-delà, P est nulle, pour des raisons de sécurité de l’éolienne.

- La puissance fournie (dans la plage de fonctionnement) est proportionnelle au cube de la vitesse du vent.

- le facteur de charge annuel est de 21% (source : RTE, bilan 2014)

- elles nécessitent des centrales à démarrage rapide (gaz, charbon, fuel) pour pallier aux fluctuations de production d’énergie.

- le coût du kWh éolien est élevé, et EDF a obligation d'acheter tous les kWh éoliens produits (d'où la taxe CSPE sur nos factures EDF)

- En heures creuses (HC) le mix traditionnel couvre largement la demande. Mais EDF est obligé de racheter la production inutiles des EnR et de la revendre à perte. Et, en HP, en hiver, quand la demande est maximale, le solaire ne produit quasiment rien et, si un anticyclone couvre notre pays, l’éolien ne produit rien.

- les réseaux de transport d’énergie doivent être étendus et renforcés, ce qui coûte très cher (RTE parle de 30 à 50 milliards d’euros, introuvables en cette période de crise économique, sauf à plumer une fois de plus le pauvre contribuable…)

- elles massacrent les chauves-souris et les oiseaux (ce que l'on nous cache soigneusement), notamment les oiseaux de proie et les migrateurs (source : SOE – Société Ornithologique Espagnole) http://www.aveniretpatrimoine88.com/

- elles génèrent des nuisances sonores, notamment à cause des infra-sons (en Allemagne du Nord, nombre de citoyens excédés par ces nuisances sonores qui mettent leurs organes internes en résonance, créent des comités de défense et entament des procédures). En France, le gouvernement cède à toutes les demandes du lobby de l’éolien même si cela est néfaste à la santé publique et à la biodiversité. Ainsi, suite aux cris d’orfraie du lobby éolien, il a été décidé de ne pas augmenter la distance entre les éoliennes et les résidents à 1000 m, comme le proposait le Sénat, mais de garder 500 m au minimum. EELV a même osé proposer de réduire cette distance, faisant fi de la santé des riverains et de la beauté de nos régions, pour « sauver la planète » d’un problème qui n’existe pas dans le monde réel.

 

Quelques chiffres  Sources :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Tarifs-d-achat,12280.html

http://www.cre.fr/documents/deliberations/avis/eoliennes-en-mer/consulter-la-deliberation

Eolien : Coût du kWh: 8,2 c€ pour le terrestre et 20 c€ pour le marin, soit 2 fois et 5 fois plus que le nucléaire.

Solaire : Coût du kWh: 20 c€ pour les grandes installations et 31 c€ pour les petites installations, soit 5 fois et près de 8 fois plus que le nucléaire.

Hydroliennes : 40c€/kWh

Ces énergies intermittentes sont sous perfusion, à la charge des citoyens qui en subissent, tout comme la biodiversité, les effets néfastes. Si elles étaient mises au prix marché, elles ne pourraient ni exister ni se développer inconsidérément.

 

Les chiffres du rapport RTE pour l’année 2014 sont les suivants :

Puissance installée totale : 128 943 MW, soit 128,9 GW   Production : 540,6 TWh

 

Eolien :

Puissance installée: 9 120 MW, soit 9,1 GW

Production : 17 TWh

Facteur de charge : 21%.

Part de production dans le mix énergétique français : 3,1%

Nombre d’éoliennes : 5000 éoliennes.

Solaire

Puissance installée PV : 5 292 MW, soit 5,3 GW 

Production : 5,9 TWh

Facteur de charge:13%

Part de production dans le mix énergétique français : 1,1%

               

Pourquoi favoriser des énergies intermittentes qui n’ont que des défauts ? Si l’on voulait produire 100% de l’énergie électrique consommée avec de l'éolien, il faudrait implanter 100 000 éoliennes, soit 5 éoliennes par km2, et encore, compte tenu de l’intermittence et de la puissance fluctuante aléatoirement, il faudrait au moins 300 000 éoliennes, soit près de 2 éoliennes par km2. Impensable !

 Mieux vaut faire évoluer notre production d’énergie électrique vers la surgénération 238U et 232Th, qui sont des sauts technologiques majeurs (ce que n’est pas l’EPR). Avec notre expertise de surgénération 238U (centrale expérimentale Phénix), nous pourrions assez rapidement construire des mini-centrales 238U, de puissance nominale 300 MW, et utiliser les 300 000 tonnes d’uranium appauvri stockées en France, ce qui éviterait toute importation de combustible. La surgénération 232Th nécessite des financements plus importants en R&D, et c’est une bonne solution pour le moyen terme, en complément de la filière uranium appauvri. Elle pourrait alors être disponible pour 2025-2030, ce qui est très proche.

 

Quelques caractéristiques générales de la surgénération:

- emprise au sol réduite

- pas d'enrichissement (du combustible, bien sûr)

- flux de neutrons rapides

- marche/arrêt rapide

- souplesse d’adaptation aux fluctuations de la demande

- très bonne sûreté de fonctionnement

-  production sur une durée de 5000 ans environ, compte tenu des réserves et du processus de surgénération

- peu de déchets, et radioactivité résiduelle négligeable au bout de 300 ans

- possibilité de brûler du plutonium, qui est le pire déchet des centrales actuelles (durée de vie 24000 ans)

- prix du kWh compétitif

- pas d'intermittence selon  les cycles jour/nuit, l'ensoleillement, ou les humeurs d'Eole.

 

 

Conclusion

La politique de l’UE en matière de climat et d’énergie est parfaitement déraisonnable. Est-ce cette Europe que nous voulons ? Voulons-nous cette Europe castratrice, dictatoriale, aveugle à la réalité et aux vrais besoins des citoyens ? Même si le CO2 avait une action mesurable sur Tglobale (ce qui est faux), même si l’augmentation observée du taux de CO2 troposphérique était due essentiellement à nos émissions anthropiques (ce qui est faux), cela n’aurait aucune incidence sur les évolutions du climat, les émissions de CO2 par les pays de l’UE étant marginales par rapport à celles des pays émergents. Et ce déséquilibre ira en augmentant.

 

Précisons les choses : Même si le CO2 avait une action mesurable sur Tglobale, quelles seraient les conséquences de réductions drastiques de nos  émissions de CO2? Supposons donc très hardiment que les thèses du GIEC soient exactes.  L'UE prévoit de réduire de 20% nos émissions de CO2 pour 2020, afin de « Sauver la Planète ».

Prenons les chiffres du GIEC :

Sensibilité climatique (échauffement en cas de doublement du taux de CO2) : 1-2,5°C  

Part de CO2 anthropique dans l'atmosphère : 25%

Fraction d'origine européenne : 11%

 

Echauffement évité : 20% x 11% x 25% x 1-2,5°C=0,005°C à 0,014°C

 

Dépenser des centaines de milliards d'euros pour un si piètre résultat est complètement absurde, et tout ce délire mènera l'UE à sa ruine...

 

Donc, pour traiter un problème climatique inexistant (rappelons que la TMAG- température moyenne annuelle globale- est stable depuis 1997, alors que toutes les projections des modèles numériques divergent des observations [1]), pour « sauver la planète » (belle absurdité ! La planète se contrefiche de nos émissions de CO2 et de CH4, et elle se portera fort bien, quoi que nous fassions), l’UE,  noyautée par les ONG environnementalistes les plus radicales, crée un commissariat chargé du climat (ubuesque !...), met en place un système de bourse d’échanges carbone, source de tous les abus et de toutes les malversations, sort nombre de règlements et de normes aussi inutiles que néfastes pour nos économies… et impose aux Etats une transition énergétique qui les mène droit dans le mur.

 Toute cette absurdité se décline au niveau national. Le Grenelle de l’environnement a repris à son compte la politique de l’UE et l’Etat nous l’impose à présent sans ménagements. La mécanique techno-bureaucratique est en marche, et les Régions préparent leurs plans climat-énergie, dont on sait qu’ils ne serviront à rien, si ce n’est à plumer le citoyen contribuable-consommateur et à torpiller la compétitivité de nos entreprises. Faire plus absurde, est-ce possible ?

 

Pour en savoir plus sur la problématique climatique et les errances du GIEC/IPCC :

http://dropcanvas.com/s9b5a

 

Addendum

1) Suivi temps réel de la production d’énergie électrique en France, par filière :

http://clients.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/prod/realisation_production.jsp?&selchoixan=2014&selchoixmois=12&selchoixjour=28

 

2) Statistiques production annuelle RTE

http://www.rte-france.com/sites/default/files/bilan_electrique_2014.pdf

 

3) Propres, les EnR ? Que nenni !

Les EnR utilisent des terres rares (groupe de métaux aux propriétés voisines, comme le scandium 21Sc, l’yttrium 39Y et les 15 lanthanides). Contrairement à leur nom, on les trouve en abondance dans l’écorce terrestre, avec des quantités de l’ordre de celles du cuivre par exemple.

Les terres rares sont indispensables à la production de panneaux solaires (indium) et d'éoliennes (néodyme) ou encore à celle des lampes à basse consommation (terbium) mais seule la Chine les exploite et en limite les exportations, alors que l’on en trouve dans nombre d’autres pays. L'extraction et le raffinage des terres rares entraînent le rejet de nombreux éléments toxiques : métaux lourds, acide sulfurique ainsi que des éléments radioactifs (uranium et thorium), et c’est pourquoi les pays occidentaux ont arrêté leurs mines pour ne pas dégrader leur environnement.  « Il faut injecter sept ou huit tonnes d'ammonium sulfate dans le sol pour extraire une tonne d'oxyde, ces liquides toxiques vont résider longtemps et les conséquences seraient épouvantables si l'eau souterraine était polluée », a indiqué le vice-ministre de l'Industrie et des Technologies de l'information chinois Su Bo]. La radioactivité mesurée dans les villages de Mongolie Intérieure proches de l'exploitation de terres rares de Baotou est de 32 fois la normale (à Tchernobyl, elle est de 14 fois la normale). D'après la carte des villages du cancer en Chine, la mortalité par cancer est de 70 %. Il s'agit de cancer du pancréas du poumon et de leucémies. Les effluents toxiques sont stockés à Baotou dans un lac artificiel de 10 km³ dont les trop-pleins sont rejetés dans le fleuve Jaune. ]Ces pollutions ont été dénoncées dans un rapport de Jamie Choi, alors responsable de Greenpeace Chine. Ce rapport n'est plus accessible au grand public.

 

Au royaume bizounours des Verts, le diable se cache dans les détails…

 

 

[1]  http://imagesia.com/plantage-lamentable-des-modeles-numeriques_10hj7

 

Depuis 1997, la TMAG (température moyenne annuelle globale) est stable, alors que, sur cette période, nous avons émis plus de 40% de toutes nos émissions de CO2 depuis le début de l’ère industrielle, et que les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations. Rien que cette remarque de bon sens réfute les thèses hypothétiques du GIEC/IPCC.

 

 

 

 

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