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Une telle émancipation se voit notamment dans le domaine de la défense, Donald Trump ayant sèchement invité les Européens à assurer eux-mêmes leur protection mais en maintenant le lien de subordination consistant à les obliger à acheter leurs armes, leur pétrole et leur gaz aux États-Unis, une forme de « racket de protection ».
L’Europe est en train de comprendre qu’elle doit sortir de cette position de dépendance, mais sa prise de conscience est lente. Car autant que la défense, ce sont les esprits européens qu’il faut décoloniser. L’Europe a besoin d’armes pour se défendre, mais elle a besoin d‘un récit pour exister.
Entre la situation en Ukraine et les appétits étatsuniens sur le Groenland, on pourrait penser qu’il y a d’autres priorités plus urgentes pour l’Europe. Pourtant, il serait dangereux de considérer la culture comme un élément purement secondaire ou une cerise que l’on ajoutera sur le gâteau européen une fois celui-ci terminé.
La culture est au contraire au fondement de l’Europe.
On connaît la phrase apocryphe de Jean Monnet : « Si c’était à refaire, je commencerais par la culture. » Peu importe si lui ou un autre l’a prononcée : il avait raison. Sans la culture, l’Europe continuera d’être une structure technocratique. La culture ne peut pas être un supplément d’âme ou une ligne budgétaire supprimée en premier lorsqu’une crise impose des restrictions de crédits.
La culture, ce ne sont pas simplement des livres, des films, des tableaux ou des jeux vidéo.
Plus fondamentalement, c’est la mise en récit, en sons, en images, en objets, en pratiques, en symboles, d’une aventure collective constitutive d’un sentiment d’appartenance. Les livres ou les films ne servent pas seulement à nous divertir ; ils sont le support essentiel d’un récit collectif.
L’Europe a besoin d’armes pour se défendre, mais elle a besoin d‘un récit pour exister.
Or depuis 1945, elle a été privée de son propre récit collectif. Ce sont les États-Unis qui l’ont écrit pour elle au sortir de la guerre : le récit d’un continent que ses propres démons ont mené à la ruine, et que le grand frère américain doit guider sur la voie de la reconstruction et de la modernisation.
La sidération qui fige les dirigeants européens à chaque déclaration de Donald Trump depuis janvier 2025 n’est pas seulement due au fait que l’Europe découvre sa fragilité et sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis. Si le continent reste littéralement sans voix à chaque nouvelle prise de parole du président étatsunien, c’est aussi parce qu’il ne possède pas de récit propre, et parce que l’année 2025 a vu sa relégation à une place encore plus anecdotique dans le récit étatsunien, désormais tout entier orienté vers la seule prise en compte de ses propres intérêts nationaux. Pour sortir de la sidération, il faudra bien sûr produire des armes, il faudra conclure d’autres alliances.
Mais il faudra aussi sortir du récit étatsunien et se réapproprier le récit européen.
Comment faire ?
Provincialiser les États-Unis : trois mythes à déconstruire
Décoloniser culturellement l’Europe, c’est d’abord penser en dehors des catégories intellectuelles étatsuniennes. L’Europe est dans une situation proche de celle de ses anciennes colonies.
Elle les a dépossédées de leurs histoires ; elle leur a imposé l’histoire de leurs métropoles, qu’elles soient britannique, française, hollandaise, belge, espagnole, portugaise ou allemande et elle les a ravalés au rang de peuples inférieurs qu’il fallait civiliser.
Les États-Unis n’ont pas traité l’Europe très différemment depuis 1945.
Alors que les maîtres d’école de la République française enseignaient aux enfants de l’empire colonial d’Afrique que les Gaulois étaient leurs ancêtres, les États-Unis ont internationalisé leur récit national de manière certes très différente mais beaucoup plus massive, à travers le cinéma hollywoodien qui a enseigné en détail aux publics européens la conquête de l’Ouest.
Il en résulte qu’aujourd’hui, l’Europe est prisonnière d’un récit qui n’est pas le sien.
Première idée à déconstruire : celle de « l’allié » ou de « l’ami » américain.
Depuis janvier 2025, les dirigeants européens ne cessent de répéter que les États-Unis sont les alliés de l’Europe. Un coup d’œil à l’histoire étatsunienne d’avant 1945 suffira à montrer qu’il n’en est rien : dans son adresse inaugurale au Congrès le 4 mars 1801, le président Thomas Jefferson annonçait la doctrine à laquelle les États-Unis se sont toujours tenus depuis, sans exception : « paix, commerce et amitié loyale avec toutes les nations ; alliance contraignante avec aucune ».
On pourrait évidemment gloser sur le terme « loyale », mais le cœur de cette déclaration est que les États-Unis n’envisagent que des partenariats ponctuels, qu’ils peuvent rompre quand ils ne leur conviennent plus. Par ailleurs, une deuxième ligne directrice s’est imposée au fur et à mesure de la montée en puissance du pays : dans tout partenariat, les États-Unis ne se conçoivent qu’en situation dominante.
Les dirigeants européens ne peuvent plus se masquer cette réalité pourtant ancienne : pour les États-Unis, l’Europe n’a jamais été une alliée. Au XIXe siècle, elle représentait le continent des tyrannies dont les États-Unis devaient s’éloigner à tout prix. Depuis 1945 elle est un partenaire que l’on peut bousculer un protectorat que l’on peut violenter sans état d’âme, elle est d’abord et avant tout un marché pour les produits étatsuniens.
Deuxième idée à déconstruire : les États-Unis incarneraient le futur de l’humanité
Depuis le début du XXe siècle ils ont réussi à préempter l’idée de modernité grâce aux innovations technologiques et au système de production fordiste qui leur ont donné une avance économique considérable sur le reste du monde, et qui leur ont permis de se présenter comme un modèle à suivre. Cela a été le cas en Europe après 1945, à travers la rhétorique de la « modernisation » portée notamment par le plan Marshall.
Mais à y regarder de plus près, la modernité étatsunienne est loin d’être évidente.
Non seulement le modèle fordiste a été adapté, modifié et transformé à peu près partout où il a été utilisé. Mais surtout, bien des pays ont mis au point des méthodes de production aussi modernes que celles des États-Unis, en particulier dans le domaine de l’automobile. Cela a été le cas, dans l’entre-deux-guerres, de Citroën, ou dans les années 1960, de Toyota. Au cours des années 1970 et 1980, Toyota est même devenue un modèle pour les entreprises étatsuniennes, lorsque le modèle fordiste est entré en crise.
Plus récemment, alors que les systèmes d’intelligence artificielle développés aujourd’hui aux États-Unis requièrent des centaines de milliards de dollars d’investissements et une consommation d’énergie abyssale, la Chine a mis au point en 2025 un modèle à l’efficacité équivalente et au coût bien moindre.
En somme, le système économique étatsunien produit plus, dépense plus et consomme plus, mais il ne produit pas mieux. Il n’est pas le nec plus ultra de la modernité.
Troisième idée à déconstruire : les États-Unis seraient un modèle de démocratie.
Ce mythe puissant remonte au début de l’histoire étatsunienne, lorsque les pères fondateurs se sont persuadés d’avoir élaboré une synthèse politique parfaite et l’ont proclamé à la face du monde. Il a acquis un rayonnement considérable après 1945 dans une Europe qui, à l’exception de la Grande-Bretagne, avait succombé au fascisme, et aux yeux de laquelle les États-Unis apparaissaient comme un phare.
Mais l’évolution de la démocratie étatsunienne depuis ces dernières décennies montre aisément que ce n’est plus le cas : depuis 2000, le pays a élu par deux fois des présidents minoritaires en nombre de voix George W. Bush en 2000, Donald Trump en 2016, signe d’un système politique dysfonctionnel. Par ailleurs, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump a été suivie de nombreuses entorses à l’état de droit depuis 2016, et la contestation par son électorat de l’élection de 2020 a débouché sur une tentative de coup d’État le 6/01/2021. En termes de démocratie, les États-Unis n’ont plus de leçons à donner à personne. Tout se passe comme si, traumatisée par son passé, l’Europe était incapable de penser son avenir en dehors des États-Unis.
Face à Poutine et Trump, inventer une modernité européenne
Mais l’Europe ne peut pas se contenter de déconstruire le récit exporté par les États-Unis. Elle doit aussi construire le sien propre. Ou plutôt le reconstruire, car ce récit existe, et il est ancien.
Mais le fil de l’histoire européenne a été brisé au XXe siècle par deux traumatismes qui ont empêché le continent de se construire un futur : le colonialisme et les deux guerres mondiales.
Le premier a permis à l’Europe de dominer le monde, mais sur la base de conquêtes territoriales et d’exploitation des populations et de leurs ressources, tout en prétendant mener une « mission civilisatrice ».
Les guerres mondiales, elles, ont pour origine des conflits entre nationalismes (Faux !!), déclenchés par l’Europe et en Europe, avant de se propager, via les empires, sur l’ensemble de la planète, provoquant des dizaines de millions de victimes, un génocide, ainsi que des destructions matérielles et environnementales considérables. Elles ont entraîné le déclin de l’Europe, passée entre 1914 et 1945 du statut de dirigeante du monde à celui de terrain d’affrontement pour les superpuissances issues de la Deuxième guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS.
Tout se passe comme si, traumatisée par son passé, l’Europe était incapable de penser son avenir en dehors des États-Unis qui lui ont imposé en 1945 une feuille de route, celle d’une unification économique destinée à en faire un immense marché ouvert aux produits étatsuniens, mais pas plus.
De fait, les États-Unis ont systématiquement torpillé les tentatives européennes d’approfondir l’intégration politique.
À cet égard, la politique de Donald Trump n’est pas radicalement nouvelle. Elle est en revanche beaucoup plus agressive que celle de ses prédécesseurs. L’Europe a pourtant tout en main pour « raconter » son propre avenir : un niveau de développement économique parmi les plus élevés du monde, une concentration de richesse et d’innovations importante, un marché intérieur parmi les plus importants du monde, et une civilisation brillante, qui a tout pour rayonner à nouveau, si elle tire les leçons de son passé.
Le récit que peut écrire l’Europe ne doit pas se limiter à la production de normes.
Ce récit doit dégager une perspective et un futur.
La bonne nouvelle du début de l’année 2026, c’est que l’administration Trump, à son corps défendant, est en train de nous fournir les ingrédients de ce récit. En se positionnant clairement contre l’Europe, elle nous oblige à assumer notre destin collectif. En se présentant comme une puissance impériale, agressive, prédatrice, indifférente aux règles démocratiques et à la dignité humaine, et en ignorant la catastrophe climatique qui menace l’humanité, elle nous montre exactement ce que nous ne sommes pas.
Sous Trump, Washington est le négatif exact de ce que nous devons être.
Nous sommes aujourd’hui pris en tenaille entre la Russie et les États-Unis, deux empires aux motivations différentes mais qui partagent un souhait commun : notre mort. C’est une situation très dangereuse. Mais c’est aussi une opportunité à saisir pour donner corps au récit européen.
L’Europe peut et doit donner l’exemple d’une puissance non agressive et non impérialiste, au message universel voire pluriversel. Elle pourrait ainsi poser les bases d’une nouvelle modernité, à rebours de la régression passéiste dans laquelle s’enfoncent les États-Unis. Et il n’y a pas de fatalité qui interdirait à l’Europe de se doter d’industries culturelles de niveau mondial.
Du streaming au cinéma : un plan européen pour une politique industrielle de la culture
La culture, ce ne sont pas seulement des idées et un récit. Mais ce sont aussi des dispositifs matériels pour les diffuser. Les États-Unis l’ont bien compris qui ont mis sur pied dès le début du XXe siècle de puissantes industries culturelles, notamment dans le domaine du cinéma, avec le double but de divertir la population et de lui raconter un récit de l’histoire du pays largement réécrit et magnifié par Hollywood. L’industrie du cinéma a ainsi développé des stratégies d’internationalisation agressives qui ont été soutenues avec constance par le gouvernement fédéral tout au long du XXe siècle et du début du XXIe siècle.
Cette internationalisation a non seulement généré des revenus considérables, mais aussi participé au rayonnement culturel des États-Unis et à l’adoption de son récit national par une partie du monde. Et il n’y a pas de fatalité qui interdirait à l’Europe de se doter d’industries culturelles de niveau mondial. Comme la défense, la culture doit faire l’objet d’une politique volontariste.
Il reste qu’un cinéma européen puissant constituerait un véhicule évident d’un récit collectif européen.
Concrètement, cela passe par la promotion de la culture dans le dispositif institutionnel européen au même rang que les autres domaines. Aujourd’hui, parmi les 27 commissaires européens, la culture n’apparaît que dans le portefeuille du commissaire à « l’équité intergénérationnelle, jeunesse, culture et sport », autant dire un sous-commissariat où ont été regroupés tous les domaines considérés comme mineurs par la bureaucratie européenne. Il faut à la culture un commissariat de plein droit, qui devrait également englober dans son périmètre les industries culturelles, car la culture est indissociablement liée à l’économie.
La culture est aussi une industrie qui rapporte.
Un tel commissariat devrait développer les programmes qui existent déjà, soutenir les productions européennes, mais aussi les partenariats entre industries culturelles des différents pays membres. Il devrait aussi soutenir la création d’industries culturelles de taille mondiale, tant s’agissant de la production de contenu (studios cinématographiques, industries musicales) que de contenant (organisation de concerts, plateformes de streaming).
Tout cela nécessiterait de repenser en profondeur les règles économiques sur lesquelles s’est construit le grand marché européen. Mais une intégration culturelle plus poussée est sans doute à ce prix. Symboliquement comme économiquement, l’Europe peut encore gagner.
Recension d’un article de la revue Le Grand Continent de l‘historien français Ludovic Tournès
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Critique
L’historien Ludovic Tournès remet en question la relation Europe/États-Unis :
1 - Les États-Unis ne se sont alliés à l’Europe que lorsqu’ils en avaient besoin, ils ne sont donc pas des alliés de toujours ni pour toujours, mais seulement quand c’est leur intérêt.
2 - En fait, les États-Unis ne se conçoivent eux-mêmes que dominants : leurs relations à leurs alliés ne servent donc qu’à consolider leur domination.
3 - Pour assurer leur domination, ils ont utilisé très tôt la culture et surtout le cinéma en imposant leur propre récit au monde entier, adversaires comme alliés.
4 - Les États-Unis ont été la première démocratie moderne, ils se considèrent donc comme le modèle et l’avenir du monde, que nous n’aurions qu’à suivre.
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D’abord, les idées qui ont permis la fondation des États-Unis viennent de l’Europe occidentale ; certes, la première révolution démocratique a eu lieu en Amérique par les colons qui ne voulaient plus dépendre de l’Angleterre ni de ses intérêts. Mais c’est l’évolution des sociétés européennes qui a suscité ces idées démocratiques, par la prise en compte de ces nouvelles exigences sociales et politiques par les philosophes.
Mais l’évolution sociale et politique en Europe et en Amérique a eu deux manières différentes : en Europe, l’évolution a eu lieu en présence de la société ancienne qui demeurait présente et qui la freinait et la faisait avancer en même temps ; tandis qu’en Amérique l’évolution s’est faite sans la société qui était restée en Europe : ce qui a donné des communautés très restreintes et religieuses ; alors qu’en Europe les croyances décroissaient rapidement.
En Europe, par l’évolution, les individus « s’émancipaient » de leur société, en Amérique les individus se « déracinaient » de leur société : ce qui donne aux Américains ce sentiment qu’ils ont tout à construire sur une table rase, ce qui est une illusion, alors que les Européens doivent transformer leur société en évolution pour avancer, ce qui est la réalité.
Ainsi, les Américains oublient leur origine européenne pour s’imaginer se créer tout seuls : l’origine des Américains c’est l’Europe. Et à l’origine, le terme d’« Occident » vient d’empire d’occident catholique, par rapport à l’empire d’orient orthodoxe : les États-Unis se sont branchés sur cet état de chose venu d’ailleurs. La pensée occidentale est née de l’advenue des sociétés occidentales, au IVe siècle après la chute de l’empire romain. C’est toute l’évolution de ces sociétés occidentales européennes pendant des siècles qui a abouti au monde moderne démocratique, aussi bien en Europe qu’en Amérique.
Les Étatsuniens ont toujours eu le sentiment de leur force ; ils étaient très hostiles à la colonisation, ils ont poussés à la décolonisation, mais avec leur sentiment de force et de domination, ce n’est pas pour traiter avec les autres dans l’égalité, ils veulent toujours dominer, ils ne se conçoivent pas égaux.
Nous aussi Européens, nous avons eu cette attitude, ce qui nous a conduit à nous entretuer pendant des siècles, puis nous avons renoncé, non par notre bonne volonté, mais parce que nous avons été vaincus. C’est de la défaite et de l’abandon des empires coloniaux des grands États européens qu’a pu naître l’Union européenne qui nous permet de vivre en paix entre nous.
Les expériences européenne et américaine sont différentes : nous Européens, nous avons fait et pratiqué la domination et donc la colonisation, mais nous en sommes revenus par la défaite ; tandis que les États-Unis n’ont pas encore connu la défaite et sont trop puissants pour admettre de négocier d’égal-à-égal, ils veulent toujours dominer…
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, notre défaite a été un bien qui nous a libéré de notre désir de domination, puis qui nous a permis de nous unir dans l’Union Européenne, et donc de dépasser nos rivalités pour coopérer : c’est cette expérience de coopération qui est pacifique, après tant d’affrontements guerriers. C’est cette évolution que nous avons accomplie, et que n’ont pas encore accompli les États-Unis, ils en sont encore à vouloir tout dominer, tout soumettre. Soyons magnanimes, nous sommes passés par cet aveuglement, nous en sommes sortis dieu merci.
L’historien Ludovic Tournès se trompe quand il dit que les deux guerres mondiales ont eu pour cause les nationalismes. Je le pensais aussi, jusqu’à ce que je lise le livre dirigé par Pierre Grosser « HISTOIRE MONDIALE DES RELATIONS INTERNATIONALES de 1900 à nos jours ».
En fait, ce qui apparaît dans ces relations internationales c’est que les puissances de l’époque voulaient se partager le monde, les territoires et les populations, sans leur demander leur avis bien-sûr, les coloniser, donc créer chacun leur empire. Les deux guerres mondiales ont donc été impérialistes.
La première guerre mondiale a mis fin aux empires allemand, austro-hongrois et ottoman, elle n’a rien résolu. La deuxième guerre mondiale a mis fin aux empires japonais, italien, allemand, puis en quelques années, français, espagnol, anglais, portugais, néerlandais… Le temps du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est advenu, le droit de les coloniser a été interdit, ce qui n’empêche pas certains pouvoirs de continuer, mais sans justification onusienne par exemple. C’était des États-nations qui le désiraient, ils justifiaient ces désir et volonté par leur nationalisme.
Ainsi, la motivation n’était pas nationaliste, elle était impérialiste : le nationalisme était une motivation interne à l’État-nation à l’intention de ses citoyens, tandis que l’impérialisme était une motivation externe de possession.
Aujourd’hui, nous sommes revenus à l’ordre impérialiste, voulu à la fois par Trump pour les États-Unis, Poutine pour la Russie et Xi Jinping pour la Chine : manifestement ces trois pays représentent le passé guerrier et réactionnaire, l’Europe, par son Union Européenne, représente l’avenir pacifique. Voyons ce qui va se passer, rien n’est encore dit.
Jean-Pierre Bernajuzan