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Billet de blog 3 janvier 2024

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Réponse à Laurent Mauduit

sur sa présentation du livre : " De Lambert à Mélenchon"

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je lirai ton livre, Laurent, pourtant, sa présentation n'est pas engageante : on sent la haine suinter, et cette sanie contredit la "distance" dont vous prétendez faire preuve.

J'ai passé dix-sept années à l'OCI, dont plusieurs à la direction du "travail jeune" et mon travail syndical à Orsay n'a pas été pour rien dans le succès que nous avons eu à la direction de l'UNEF en 1971.

Pratiquement toutes tes affirmations me semblent erronées. Je ne citerai que deux points qui pourront sembler des détails : pour commencer, l'OCI que j'ai connue n'était nullement "secrète".

Si le journal "Le Monde", par exemple, ou "Libération", ne mentionnait jamais ses initiatives, c'est suite à des décisions que VOUS aviez prises, avec (parmi d'autres) Edwy Plenel, de ne JAMAIS parler de l'O.C.I. dans ce quotidien que vous dirigiez. Vous pensiez ainsi nous invisibiliser. Nous militions au grand jour, notre local était bien connu, ainsi que les dirigeants et les militants.

Second point : je ne partage pas l'idée que les défauts de Mélenchon, en particulier sa phobie de la démocratie, soit un héritage du lambertisme.

Tout d'abord, Mélenchon a été fort peu "trotskiste". Il est resté peu de temps, et loin du centre. Par exemple, il s'est enthousiasmé pour l'expérience "LIP" de Piaget, que nous condamnions (peut-être à tort --mais ici ce n'est pas la question). Il est extrêmement difficile de postuler un quelconque trotskisme chez quelqu'un qui s'est affiché disciple de Ernesto Laclau ou de Chantal Mouffe, théoriciens populistes, néos-peronistes, clairement anti marxistes. 

Concernant la démocratie, Lambert fut, en un sens à l'extrême opposé de Mélenchon. La structure de l'OCI était, au moins formellement, clairement démocratique. Élections à tous les niveaux, préparation du congrès, droit de tendance... En outre, il y avait au bureau politique de furieux débats, choses que Mélenchon ne peut tolérer. Lambert dominait ses camarades, par son talent, son expérience et, il est vrai, son art de la manœuvre. Il ne refusait pas la confrontation. Certes, les vaincus étaient expulsés et souvent calomniés de manière ignoble (Varga), voire grotesque (Berg, Broué). 

La phobie antidémocratique de Mélenchon trouve bien plutôt sa source dans ses trente années de PS, durant lesquels il s'est si souvent fait "rouler dans la farine" par plus habile et plus hypocrite que lui.

Sieffert et toi établissez un lien entre Mélenchon et l’OCI pour salir l'un en salissant l'autre. Pour ma part, je nie ce lien, sans "blanchir" ni l'un, ni l'autre. J'ai des désaccords essentiels avec les deux.

L’histoire de l’OCI est complexe. On peut se reporter avec profit à l’entrée absolument remarquable de Wikipedia qui est consacrée à Claude Chisserey.

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