Par antiphrase ...

Le dimanche 23 juin se réunira l'Assemblée représentative (sic) de la France Insoumise. On pourra y "échanger" sur les municipales et sur le "bilan d'étape". Les textes sont ouverts à contributions.

On se souvient d'Orwell dans son génial "1984" : "La Guerre, c'est la Paix", l'Ignorance, c'est la Force", etc (de mémoire, pardon).

Ici, nous avons une "Assemblée Représentative". Pourquoi "représentative" ? Pour la raison, évidente, qu'elle ne comportera aucun représentant.

Jean-Luc Mélenchon aura utilisé jusqu'à la corde la naïveté de ceux qui, dépourvus de toute connaissance de l'histoire et de toute expérience, ont mordu aux différentes fadaises à la mode en 2017 : tirage au sort, parité à tous les niveaux, dézinguage de la démocratie, dévotion du chef gazeux...

Malheureusement les électeurs sont moins confiants ...

Un militant élu par ses camarades a des droits, et des devoirs. Il a des responsabilités. Un "tiré au sort" n'a naturellement rien de tout cela. De quel droit s'opposerait-il aux dirigeants désignés par Mélenchon ? 

Mais les textes sont "ouverts à contribution" ?

Qu'est-ce que cela veut dire, sinon que les dirigeants désignés pourront choisir, en toute opacité, ce qu'ils rendent public et ce qu'ils mettent à la poubelle ? "Camarade, merci pour ton texte mais d'une part, il est trop polémique, pas convivial, il est violent, et puis tu comprends, vous êtes trois, sur cinq cent mille, à penser comme ça ... alors tu vois ..."

De bons esprits pensent qu'il faut "améliorer" la démocratie dans la FI. Cette position est basée sur l'idée qu'il y a de la démocratie dans la FI, mais pas assez. C'est une position qui passe complètement à côté du réel. Il n'y a AUCUNE démocratie dans la FI. Les militants n'y ont AUCUN pouvoir. Ils n'ont AUCUN moyen de faire remonter (et donc, d'améliorer) quoi que ce soit. Les responsables dans la FI sont purement et simplement désignés par Mélenchon, et expulsés par Mélenchon s'ils grognent et sont dénoncés comme "peu fiables".

L'Espace Politique (communistes insoumis, écolos insoumis, Ensemble (les socialistes insoumis sont partis avec Liêm) est le lieu (jusqu'à présent) du grand silence. C'est tout juste si on a le droit de dire qu'on est d'accord.

Telle qu'elle est, la FI ne doit pas être refondée, mais fondée. Elle n'a jamais existé. Certes, de tous côtés, des militants discutent, débattent, imaginent tel ou tel moyen de sauver ce qui peut l'être du grand espoir d'avril 2017, et du programme LAEC. Ils sont totalement impuissants à "redresser" la FI car ce corps gazeux est invertébré et que pour cette raison, aucun mouvement de contestation ne peux s'y faire entendre. Toutefois, voici un texte qui circule. 

Si des commentateurs l'approuvent et veulent que je publie ici leur nom, je le ferai.

 

Le débat démocratique est la condition du combat républicain

Nous avons fait la campagne présidentielle du candidat Mélenchon en 2016 et 2017.

Nous constatons que, sur les sept millions d’électeurs ayant voté Mélenchon, un million et demi seulement ont voté pour nos candidats aux élections « européennes » fin mai 2019.

Les raisons de cette déconfiture sont connues : des orientations politiques erratiques illisibles pour nos électeurs, elles-mêmes causées par une personnalisation outrancière à la tête de notre mouvement.

Nous, signataires, estimons que notre programme L’AVENIR en Commun doit être porté par un mouvement démocratique.

Il ne s’agit pas de substituer un chef suprême nouveau à un chef suprême ancien, mais de se doter d’une direction collective élue démocratiquement par les militants.

Nous appelons tous les citoyens qui se sont rassemblé autour du programme L’AEC à faire un premier pas vers la constitution, sans exclusive, de ce mouvement, condition de rassemblements plus larges.

 

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