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Billet de blog 5 févr. 2018

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Moutons et chèvres

Pour une refondation démocratique de la France Insoumise

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Démocratique, pourquoi ?

Parce que sans démocratie, un mouvement ne peut pas, dans notre vieux pays à l'immense passé politique, être actif, mobilisé, efficace, vivant, tout simplement. Des mouvements ont existé, en Egypte ou en Algérie, fondant leur existence sur l'aide matérielle aux déshérités, les conseillant, remplissant à leur place des demandes, les accompagnant dans des démarches. C'étaient des mouvements religieux, souvent extrémistes. Ils n'ont aucun besoin de démocratie interne car leurs convictions sont dictées par Dieu lui-même !

En France nous avons les petits frères des pauvres, les restaurants du coeur, le mouvement Emmaus. Ces mouvements sont un peu religieux et absolument non politiques (même si certains de leurs militants, bien sûr, ont des convictions). Ils rendent incontestablement de grands services.

En France, un mouvement politique doit être démocratique, c'est à dire ... politique. Tautologie... Il doit, c'est le minimum minimorum, respecter les trois règles : élection des responsables, détermination et adoption par vote du réglement intérieur, débat et décisions de politique générale.

http://fifor.fr/index.php/2018/01/23/petition-pour-une-democratie-dans-lfi/

Pourquoi "France Insoumise" ?

Parce que nous ne voulons pas renoncer à ce que nous avons bâti. Les sept millions de suffrages des électeurs, en avril 2017, les 600 000 soutiens à la candidature Mélenchon, les quarante ou cinquante mille militants qui ont FAIT les deux campagnes, c'est nous, ce sont nos acquis, et nous les gardons. Notre candidat n'était --lui-même n'a pas cessé de le répéter-- que notre porte parole ! 

Notre programme, L'Avenir En Commun, est bon, même s'il a des défauts (le moins excusable étant une position extrêmement timide concernant le droit international en Palestine occupée). C'est un programme de transition et comme tel, il est naturellement ambigu : transition vers une société socialisée, ou vers un nouveau replâtrage du capitalisme, une nouvelle opération Mitterrand ? Un programme éco-socialiste, ou keynésien ? Cette ambiguïté est naturelle : en démocratie on avance pas à pas, avec l'accord de la majorité. LAEC, programme électoral d'avril 2017, représente bien le pas nécessaire et possible à cette date.

Pourquoi "Refondation" ?

Aujourd'hui même, le 4 février, des militants ont créé un Groupe d'études de la France Insoumise sur la question de la démocratie, sur le site officiel du mouvement. En moins d'une heure, la page était supprimée. Ces militants (et les autres, qui tentent de se réunir, à Marseille, à Paris et ailleurs) prennent conscience des lois qui gouvernent les structures et les organismes : on ne peut démocratiser qu'une organisation déjà un peu démocratique. On peut, par la sélection dans un élevage, améliorer une race de moutons, de manière qu'elle fournisse davantage de laine ou que les brebis fournissent davantage de lait. Mais, d'une race de moutons on ne peut faire naitre une race de chèvres. Pourtant ce sont des animaux (mammifères, artiodactyles) assez proches.

Il est impossible de démocratiser la FI parce qu'il n'y a rien, dans la structure, qui en donne la possibilité. Bompard (je répète à cette occasion que je n'ai rien contre l'homme, certainement convaincu de bien faire) et ceux qui l'entourent à la "direction" (sic) de la FI n'ont aucun compte à rendre aux militants. Leur position de doit rien aux militants, elle doit tout à la confiance que leur accorde Jean-Luc Mélenchon. Ils ont des comptes à rendre à Mélenchon, pas aux militants. La situation est telle que si, saisis par la grâce, les "dirigeants" (sic) voulaient maintenant démocratiser la FI, ils ne le pourraient pas. Ils n'ont aucune légitimité pour le faire. 

Il faut donc refonder, c'est à dire rassembler les militants qui ont compris ces vérités : a) nous n'abandonnons pas ce que nous avons construit, b) nous rebâtissons, sur des bases démocratiques. C'est un travail qui peut prendre quelque temps.

Situation présente

Sans hostilité. La FI de Bompard est un club de supporters de Mélenchon, avec de gentils animateurs nommés par Mélenchon . Mais pourquoi pas ? Ce genre de chose a sans doute une place dans le paysage. Ce club dispose d'un Media et même, maintenant, d'une Ecole dirigée par Thomas Guénolé, politologue qui a fait sa thèse sur "les Centres" puis est devenu conseiller politique de Jean-Louis Borloo.

Les élections partielles montrent que la décrue électorale n'est pas aussi nette que la décrue militante. Elle est tout de même sensible. Nous perdons entre 20 et 30% en pourcentage (davantage en voix, du fait de l'abstention) alors que je crois, sans preuves puisque tout cela est secret, que nous sommes passés de 40 à 10 000 militants sur le terrain au maximum (le texte de la convention pour lequel le plus de militants ont voté a recueilli à peine 20 000 clics.). Il ne reste principalement que les adhérents du PG (dont l'endurance mérite le respect).

Il n'y a pas de campagne nationale de la FI. Officiellement, il y a une campagne contre la grande pauvreté. Qu'est-ce que ça peut vouloir dire ? Contre l'évasion fiscale, et contre le nucléaire. Même question !

Il pourrait y avoir une campagne nationale de la FI contre la liquidation du Bac ? pour des moyens en faveur des Ehpad ? pour des prisons mieux orientés vers la réinsertion ? contre la hausse de la CSG des retraités ? pour un contrôle par l'Etat de la qualité du lait (socialisation de Lactalis ?) ? Des tracts, des affiches, des marches !

Une campagne contre le gouvernement Netanyahu qui bafoue le droit international ? La recherche d'une coopération politique avec la gauche du SPD ? Avec Die Linke ? Avec Jeremy Corbyn ? Avec "Our Revolution" le mouvement de Bernie Sanders ? 

En France faut-il rechercher l'unité d'action avec le PCF ou continuer à vanter le splendide isolement, excepté s'il s'agit de rechercher un rapprochement avec le cadavre à la renverse du PS ?

Voilà une petite liste des sujets ... dont les adhérents du club ne débattront pas ! 

Mais les militants, oui ! REFONDATION.

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