Jean-Luc n'a pas voulu, et Yannick non plus...

Étrange victoire !

Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble

... et beaucoup d'autres grandes villes ont fait élire un(e) Maire écologiste et social.

Victoire des écologistes, victoire des Insoumis, mais étrange victoire : le plus médiatique des écologistes, tête de liste aux européennes, Yannick Jadot, était, et reste, farouchement opposé à toute alliance avec la mouvance insoumise. Le héros historique de ces derniers, Jean-Luc Mélenchon, était (ce qu'il est aujourd'hui, n'est pas facile à dire) plein de mépris pour la "gauche classique" incluant le PCF, ce qui peut rester du PS, et, surtout, incluant des écologistes.

Vague "verte" pour Jadot, et pour les médias dont il a, et c'est justice, la faveur. Vague social-écologiste pour tout analyste sérieux. Les équipes gagnantes, en beaucoup d'endroits, regroupent des militants FI, des militants "Verts", des militants du PCF des socialistes "hamonistes" et des disciples du brave (et intelligent) Olivier Faure.

Mais Jadot a rougi sous l'outrage quand Jean-François Copé, depuis un plateau télé (oui, il n'est pas en taule, le pote de Takkiédine en fuite, ou bien on l'a laissé sortir pour ce coup là) lui a reproché de s'allier avec "l'extrême-gauche". Et par "extrême-gauche", Copé ne parlait pas du PCF. Aussi, les jours suivants, Yannick a précisé : JAMAIS il ne fera alliance avec Mélenchon. Ils ont pourtant un sacré point d'accord, ces deux-là : Mélenchon ne veut pas d'accord, lui non plus, ni avec EELV, ni avec le PCF. Il veut un "Front Populaire" constitué autour de sa personne.

C'est pourquoi le résultat des municipales, ils ne peuvent, pas plus l'un que l'autre, le digérer. Jadot a EXCLU Rubirola, maire de Marseille, pour s'être alliée avec la FI. Et Mélenchon a refusé, au premier tour, de soutenir cette liste hérétique ! Il ne s'y est rallié qu'on second tour du bout des lèvres. Aujourd'hui, Mélenchon voudrait bien mettre en valeur sa suppléante, Sophie Camart, élue Maire du premier secteur de Marseille, mais c'est quand même un peu tard. 

Aujourd'hui, Mélenchon prétend que l'abstention est la seule "vague", il l'appelle "une grève civique", il la compare au retrait du peuple sur l'Aventin !!! Un historien qui fait de l'abstention un acte civique ! Il ose comparer la paresseuse et craintive abstention au retrait insurrectionnel des travailleurs romains... Un tel niveau de connerie, il nous l'avait jusque-là épargné ! Avec JLM on n'est jamais déçu...

TOUT LE MONDE SAIT que si l'abstention est à un niveau élevé, c'est du fait de la peur de l'épidémie, entretenue soir et matin par tous les canaux gouvernementaux.

Un mot sur Adrien Quattenens. Un mot, une pensée. C'est un jeune homme honnête, dévoué et plein de talent. Mélenchon l'a cloué "en responsabilité" du gaz FI. Dans de nombreuses villes, les militants FI (connus comme tels) ont concouru sur des listes rivales. Deux listes, à Montpellier, qui ont fini par l'allier avec la liste d'un aventurier milliardaire, toute honte bue. Le bilan du mouvement "gazeux", ni horizontal, ni vertical, où personne n'est élu, mouvement qui n'a ni responsables, ni statuts, ni cartes, ni congrès un mouvement où n'existe pas le DÉBAT politique, devrait être tiré. Et malgré tout ! Les idées du programme, LAEC, les idées de la campagne du grand candidat que fut Mélenchon, continuent à vivre, et elles sont présentes aujourd'hui dans les grandes villes !

Comme en Espagne en 2015

Les élections municipales de 2015 en Espagne ont vu le surgissement des mairies progressistes "Barcelona en commun", "Ahora Madrid", etc. Quelque temps après, la droite perdait le pouvoir central.

Les élections municipales françaises de 2020 portent en elles, de manière complètement évidente, une victoire potentielle de la gauche sociale, écologiste et démocratique. Que les "grands leaders" comme Jadot et Mélenchon soient pris à contre-pied de manière assez ridicule n'est pas un détail, encore moins une difficulté, c'est l'élément positif de la situation.

Mélenchon publiait avant hier un tweet pour redresser la manière dont BFM affichait la liste des hommes politique préférés des français. Premier Macron, seconde Le Pen. Mélenchon est troisième alors que BFM, tout en affichant correctement son score : 12.5%, le met derrière deux personnages ayant obtenus 12%. Il a raison, il est troisième. Mais ... le score de Macron est à 26%, le score de Le Pen est à 25%, le score de Mélenchon atteint à peine la moitié...

La gauche sociale, écologiste et démocratique gagnera la présidentielle, si elle a l'intelligence de ne pas rechercher un nouveau GRRRAND TRIBUN, mais présente une EQUIPE, qui fera campagne de manière active, diverse et unie, avant de délivrer un nom, celui du bulletin, celui du second tour.

https://www.lautrelivre.fr/jean-pierre-boudine/ni-tribun-l-avenir-de-nos-idees

 

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