Pour un gouvernement de Salut Public

Le gouvernement Philippe, ce samedi, c'est ridiculisé. Il a mis Paris en état de siège contre des milliers de manifestants pacifiques marchant pour le climat et contre la vie chère, tandis que d'autres dizaines de milliers de citoyens manifestaient dans tout le pays. Il a sorti les voitures blindées, raflé à l'aube "préventivement" des centaines de citoyens,

il avait spectaculairement humilié une centaine de lycéens deux jours auparavant à l'aide d'une atroce mise en scène...

Et tout cela pour rien : personne n'a eu peur, les gens ont défilé où et quand ils ont voulu et massivement, le peuple de France les soutient.

Mais un peuple, pas si "amorphe" et désorganisé qu'on le répète, dans les médias. 

À Amiens, dans la somme, le 1er décembre, une masse de "gilets jaunes" converge vers le point de rassemblement appelé par l'intersyndicale.

À Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) les revendications sont discutées dans la "maison du peuple" avec les ouvriers syndiqués.

À Rennes, le lien s'est établi entre les "gilets jaunes" et les organisations syndicales ouvrières (CGT, FO, FSU).

Le 26 novembre, Assemblée Générale à la raffinerie TOTAL : une délégation de gilets jaunes demande à rencontrer la CGT.

Le 27 novembre, la CGT lance un appel à la grève dans l'usine Renault-Cléon. Le 1er décembre, au Havre, mille huit cent travailleurs manifestent à l'appel de la CGT, des centaines de gilets jaunes les rejoignent.

À Toulouse, de même, le 1er décembre, gilets jaunes et syndicats (CHT, FSU, Solidaires) manifestent ensemble.

Le 3 décembre, à Nantes, une déclaration du bureau de l'union départementale de Loire-Atlantique salue le mouvement des Gilets Jaunes et réclame, entre autres revendications, l'abrogation des ordonnances Macron !

Certes, quelques militants du RN (ex-FN) sont ici ou là à la manœuvre, ce sont eux qui crient "pas de syndicats". Mais ils ne sont qu'un fétu dans la vague.

De tels convergences sont chaque jour plus nombreuses. Le gouvernement table sur l'inconsistance, sur la confusion : les soi-disant menaces de mort portées sur les délégués. Mais les gilets jaunes sont majoritairement des ouvriers, des paysans, des employés, des artisans. Ils sont (et ils le disent) ceux qui ne sont RIEN et qui font TOUT.

Et le fait est là, ce samedi 8 décembre, après un mois de mouvement, le gouvernement s'est ridiculisé. Pas seulement devant les français ! Erdogan, le tyran turc, s'est permis de regretter publiquement "la disproportion" des forces engagées contre des manifestants pacifiques... Il s'est inquiété pour la démocratie en Europe ...

Celui qui se voyait à la fois comme un charmant petit prince (qui allait séduire le président des Etats Unis) et un Jupiter tonnant s'est réfugié d'abord à l'étranger, en déplacements, puis dans l'Elysée, terré, dans le silence. 

Quand il va parler, qui l'écoutera ? Qui accordera de l'importance aux mensonges que lui élaborent ses plumes en ce moment même ?

Pas les infirmières, ni les employés des Ehpad, ni les camionneurs, ni les lycéens, ni les ouvriers et paysans en général

La question qu'on se pose c'est "Comment peut-il s'en sortir" ? Et surtout : "Comment peut-il poursuivre ?". Car ils ont un programme, ces gens : détruire toutes les conquêtes sociales des cinquante dernières années. Prochaine étape : la réforme des retraites. Ensuite, la réforme des indemnités des chômeurs.

Comment peuvent-ils même imaginer la suite ? Ils espèrent que la division, les manœuvres, de légères concessions vont enliser le mouvement, et qu'au moins, certains dirigeants syndicaux resteront fidèles à une mission qui consiste à sauver "la continuité de l'Etat" en empêchant une grève générale illimitée.

Au bout du compte, c'est bien de cela qu'il s'agit : de la continuité de l'Etat. Le mot d'ordre "Macron Démission" est partout. C'est bien cela que veut le peuple travailleur : faire un sort à "La continuité de l'Etat". 

La présidence est maintenant une cible politique, de même que le gouvernement et sa politique de régression générale. Jupiter est nu, et avec lui tous les grands, qui sont tout et ne produisent rien.

À terme, un terme qui se rapproche, la solution est celle d'un gouvernement de salut public, appuyé sur les assemblées populaires.

 

 

 

 

 

 

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