Je ne soutiens pas la candidature de Jean-Luc Mélenchon

D’abord parce que je crois qu’il condamne la gauche progressiste à l’échec, dans un moment où les conséquences d’une défaite seront extrêmement graves.

 

Je ne développe pas ici ce que les lecteurs savent déjà : la crise sociale et économique parvenue à ce point d’exaspération a commencé à ruiner de manière irréversible le milieu naturel, jusqu’à menacer de le rendre bientôt impropre à la vie. La misère explose, on a faim en France. Concomitamment, pour conserver leurs privilèges, les classes dominantes sont immédiatement disposées à détruire les fondements de la démocratie.

Les classes populaires luttent chaque jour contre le désastre, mais elles ne peuvent s’y opposer et renverser le cours des choses qu’en accédant au pouvoir. Une occasion leur est donnée lors de l’élection présidentielle de 2022. L’unité politique de tous les progressistes n’est pas le seul moyen de remporter un succès, et elle ne suffit pas, mais elle est nécessaire.

Cette unité politique, Jean-Luc Mélenchon est convaincu de ne pas en avoir besoin. Il estime d’ailleurs, avec légèreté, qu’elle est impossible. Il lui tourne le dos pour s’adresser « au peuple ». Concrètement, sa candidature divise comme sa stratégie politique a divisé la gauche progressiste durant quatre ans. Du fait de ses explosions de rage et de son comportement autocratique, il est le candidat dont rêvent nos adversaires parce que le plus facile à discréditer. On pourra bien ensuite gémir sur le comportement hostile des médias !

Voilà pourquoi je dis que Mélenchon perdra cette élection et la fera perdre aux classes laborieuses.

Mais qui connaît l’avenir, me dira-t-on ? Cet homme a du talent, c’est un grand orateur, les circonstances peuvent le servir. Tout est possible. Un coup de dé jamais n’abolira le hasard

Je suis opposé à la candidature de Mélenchon pour une autre raison. Le temps n’est plus aux autocrates, aux grands Tribuns.

Voyons les évènements dans le monde. Voyons le Chili, voyons l’Algérie, voyons le Liban !

Tirons les leçons du mouvement des Gilets Jaunes !

Les peuples veulent débattre et décider par eux-mêmes, en Assemblées : il est là, le futur.

Le temps n’est plus à ceux qui méprisent les partis parce qu’ils méprisent le débat.

Jean-Luc Mélenchon est un leader d’un autre temps. Il est, jusqu’à la caricature un dirigeant style cinquième République, qui pense tout seul, décide tout seul, gouverne tout seul.

On a vu la manière dont il a mené son mouvement, et insulté ceux qui devaient être ses partenaires, qui peut croire qu’il ferait autrement une fois élu ?

Je soutiens toute initiative qui reprendra la méthode du Printemps marseillais : une équipe large, fraternelle, unitaire : 2022 en commun

Mais pas seulement 2022. La méthode du printemps marseillais vaut pour tout de suite, et au delà des prochaines échéances.

Il ne faut rien lâcher et quoi qu’il arrive continuer dans cette voie.

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