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Billet de blog 10 mars 2018

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Ah... avec ma p'tite Urne...

"Ils auraient tout de même pu demander leur avis aux militants..."

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est un militant de mon âge, qui a vécu la grande grève de 1968, qui dit cela. Il n'a, depuis cinquante ans, aucune appartenance politique. Moi, je m'étais juré de me taire sur ce sujet, et de ne m'exprimer qu'en faveur de l'action contre la fermeture du service de médecine générale de l'hopital de la ville. Et j'ai fermé ma bouche !

Mais lui a ajouté : "Ça va servir à quoi ?". Après quoi, il s'est muré dans le silence et notre responsable a mis sur pied les équipes qui vont distribuer des tracts sur le marché et coller des affiches. Quels tracts ? Comment ? Vous n'êtes pas au courant ? La France Insoumise fait une grande VOTATION CITOYENNE la semaine prochaine ! À quel sujet ? Contre le nucléaire et pour la transition énergétique !

La semaine prochaine, nous aurons notre petite urne sur le marché. Les modalités du vote (Est-ce qu'on va contrôler les identités ? Comme on peut aussi voter sur Internet, est-ce qu'on peut éviter qu'une personne vote plusieurs fois ?) bah ... il ne semble pas qu'on se soit, en très haut lieu, beaucoup inquiété de ces détails, (mais je me trompe peut-être).

Pourquoi ce vote ? Pourquoi maintenant, plutôt que l'année dernière, ou l'année prochaine ?

Chez nous, le service de médecine générale de l’hôpital va fermer, on va étendre les services relatifs à la gériatrie, plus rentables. Les gens, les syndicalistes ne parlent que de la réforme du statut des cheminots, de la suppression de l'ISF, de la vente au privé des aéroports, de la baisse des retraites, des "lois travail", de la sélection à l'université, de la misère des Ehpad,  bah, nous, on va faire une "votation citoyenne", tiens. Mais sur quoi ?

Sur le nucléaire et la transition énergétique. Un sujet passionnant. Mais difficile ! Le plus ardent "Anti nucléaire", il y a peu, c'était Hulot. Il est au gouvernement, il envisage des plans pour les dix prochaines années. Est-ce que Mélenchon ferait mieux ? C'est un sujet difficile, je le répète.

Mais qui présente l'avantage de poser comme tel le problème du PEUPLE. Et non de la CLASSE ouvrière. En effet, qu'on s'on afflige ou qu'on les en loue, les ouvriers sont moins sensibles à cette question que le peuple urbain des beaux quartiers. 

Et pourquoi ? Je devine au moins trois causes de cette relative tiédeur.

A) dans les milieux ouvriers, on a gardé le souvenir des mines de charbon. Des centaines de milliers de mineurs mourant avant l'âge de la retraite, de silicose, sans compter les coups de grisou.

B) la fermeture des centrales, ce sont des licenciements. Avec reclassement ? Reclassement = déclassement, faut pas nous la raconter.

C) d'ici que les éoliennes et la géothermie fournissent autant d'électricité que les centrales, il est plus que probable que le prix de l'électricité va bondir, et dans ces milieux, le budget électricité, ce n'est pas rien.

Mais le danger d'un accident ? Dans les cinquante dernières années, sur toute la planète, il y a eu trois accidents majeurs et aucun en France. Alors l'ouvrier se dit peut-être que les dix millions de personnes qui vivent en France dans une grande misère verront davantage leur vie abrégée que les gens ayant un bon revenu, même s'ils vivent à proximité d'une centrale. Et c'est peut-être vrai, il faut le reconnaître ! 

Le nucléaire n'est pas une source d'énergie idéale, c'est également vrai. Il y a le danger théorique d'un accident majeur, il y a la question de l'approvisionnement en uranium, il y a la question des déchets. Il y a aussi le fait que l'alternative, pour le moment, n'est guère visible. Oui, il faudrait chercher plus activement à la définir, et LAEC donne des pistes. 

Alors cette "votation citoyenne" apparaît "hors sol", ou plutôt hors de toute actualité. Pourquoi toute la FI est-elle mobilisée sur ce sujet ?

Le militant se trompe : "ON" a consulté la base. Une vingtaine de milliers de militants, voici six mois, ont approuvé trois axes de campagne. Contre la misère, contre le nucléaire, contre l'évasion fiscale.

Six mois à l'avance, "ON" a décidé que les sujets importants, ce ne serait pas la réforme du statut des cheminots, la suppression de l'ISF, la vente au privé des aéroports,  la baisse des retraites, les "lois travail", la sélection à l'université, la misère des Ehpad, mais ces trois sujets là. Soit dit en passant, on ne voit pas bien comment les militants de la FI vont s'y prendre pour faire reculer la misère et arrêter l'évasion fiscale, non ?

Jetons un petit coup de projecteur et concluons.

La réforme des cheminots et le reste, "la FI" en parle. Non, Mélenchon en parle. En haut, très haut, on parle de politique.

En bas, très bas, les militants, faut les occuper, et il ne faut surtout pas qu'ils s’occupent de politique. Et s'ils agissent, il ne faut pas que ce soit une action de classe. Nous ne sommes pas révolutionnaires, nous sommes Keynésiens. Nous ne sommes pas socialistes (au vieux sens de communistes), nous sommes populistes. Alors le nucléaire, ma foi, c'est parfait !

Aaaavec ma petite urne, j'avais l'air ...

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