L'Armée nargue le chef des armées

Aux militaires, la République confie les armes. En contrepartie elle exige le silence. Ce pacte, dont le Président de la République est le garant, est aujourd'hui rompu.

Nous apprenons qu'un nouvel appel a été diffusé publiquement le 9 Mai par le même journal, V.A. et qui cette fois est signé par des militaires d'active qui montent en défense des "anciens".

Je disais à propos du premier texte publié par l'hebdomadaire qu'il s'agissait d'un pion avancé dans une partie d'échec. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on voit aujourd'hui les coups suivants.

S'agit-il d'un plan, qui devrait déboucher sur un coup d'état militaire ? 

Dans ce texte, la vision affirmée et répétée d'une "guerre civile" qui menacerait, a tout de la prédiction autoréalisatrice.

D'autres analyseront mieux que moi ce qu'il peut y avoir de zémmourien, de fantasmatique dans cette présentation de la menace "islamique" qui répandrait la haine de la France et de son histoire.

Je me contente de souligner deux faits éclatants.

Première évidence : le chef des Armées est le Président de la République. Ce qui se passe constitue une claque formidable sur la figure d'Emmanuel Macron. Il est conduit, qu'on le veuille ou non, à la démission. 

J'entrevois, ce n'est qu'une hypothèse, une manœuvre. Macron, devant la faillite spectaculaire de son autorité, ne démissionne pas car ce serait céder au pronunciamiento.

Mais il provoque des élections présidentielles et législatives anticipées, dont l'enjeu sera de faire élire un exécutif de terreur blanche, soutenu par l'armée.

Une fois de plus la seule parade est l'unité politique et syndicale de tous les progressistes et démocrates, pour un gouvernement populaire "de salut public".

Unité des partis, PCF, FI, PS, EELV, unité des syndicats CGT, CGT-FO, Sud, Solidaire, syndicats de cadres, syndicats enseignants.

Organisations : Ligue des droits de l'homme, Libre Pensée, Attac ..

Formation de collectifs, d'Assemblées populaires, dans les villes et dans les quartiers.

Pas de polémique à gauche. Pas de PHRASES. Pas de grands coups de menton. Seulement : "NON" au coup de force.

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