Jean-Pierre Boudine
Mathématiques. Musique.
Abonné·e de Mediapart

119 Billets

1 Éditions

Billet de blog 13 juin 2017

Demain la FI

D'ici quelques jours l'éprouvant marathon électoral des présidentielles et des législatives appartiendra au passé.

Jean-Pierre Boudine
Mathématiques. Musique.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Eprouvant en particulier pour les soutiens de la candidature de JL Mélenchon, puisque nous avons commencé la lutte en février 2016, et nous n'aurons fait guère de pause durant ces dix huit mois !

Dès le lendemain du second tour des législatives, ce sera le temps du bilan et des réflexions sur l'avenir.

Un monde politique disparaît, un autre émerge. Le Parti Socialiste paye pour sa politique : il s'effondre. Le PCF paye pour ses errements : il continue de décliner. EELV est bien prêt de disparaitre.

Avec sept millions de voix à la présidentielle, la France Insoumise s' est affirmé comme le jeune mouvement du progrès humain, social, démocratique, écologique dans notre pays.

Le fait que seulement deux millions et demi soient allé voter aux législatives s'explique par un ensemble de raisons. Beaucoup de gens, et spécialement les jeunes, nombreux à voter à la présidentielle, n'ont pas eu du tout la même motivation à aller voter pour X ou Y, France insoumise à la législative. D'autres ont été "écoeurés" par "la division". Pour eux, peu importe de savoir QUI est responsable : c'est une responsabilité collective.

On sait que les plus pauvres, les chômeurs, sont un peu allé voter à la présidentielle, mais sont restés chez eux aux législatives.

Enfin, aux législatives, les gens votent pour quelqu'un qu'ils connaissent. Cela explique que le PS a fait un peu mieux que Hamon. Ils avaient 285 sortants !!!

Les législatives ont tout de même mit les points sur les « i ». Le mouvement le plus large à gauche, c'est la FI. Chez nous, la candidature PS-EELV a fait 5%, le PCF 5%, et nous 15%. On sait où on en est.

Savoir si le mouvement autour de Jean-Luc Mélenchon, et JLM lui-même, ont fait des erreurs durant les deux campagnes, c'est un débat normal, mais qui ne m'intéresse pas beaucoup. La situation passée était exceptionnelle : la FI n'était rien d'autre que l'ensemble des gens soutenant la candidature de JLM. La FI a été animée, plutôt que dirigée. Chacun a fait un peu à son gré, et pourtant, l'ensemble a été assez cohérent.

L'important, maintenant, c'est la suite. Que va devenir la FI, comment va-t-elle s'organiser, sur quelles bases de philosophie politique ?

Parmi les "méchancetés" qu'on lit contre nous dans Mediapart, venant de la LCR, il y en a une qui me touche : j'ai été choqué de ne voir que des drapeaux tricolores dans la manif à Paris, les seuls drapeaux rouges étant apportés par le PCF.

Je pense que notre priorité, la mienne en tous cas, c'est d'étendre notre influence en direction des travailleurs pauvres de la ville et de la campagne et des chômeurs.

Je suis favorable à ce qu'il y ait des drapeaux rouges (pas que).  Je suis de gauche, pas ni droite ni gauche.  Mélenchon n'avait peut-être pas tort de ne pas vouloir « disputer au PS  le qualificatif de gauche, ou de vraie gauche », mais ce moment est derrière nous, et la gauche, ce mot ou adjectif qui signale le progrès et l'égalité depuis la grande révolution française, reste un marqueur tout à fait pertinent.

Les bases du marxisme, même s'il faut les revisiter, sont cent fois plus solides que la théorie de Lacau et Mouffe. Le « populisme », à bien y regarder, s'avère une catégorie bien creuse.

Voilà de quoi discuter, mais sans méchanceté, sans agressivité, entre camarades et amis.

Le bon modèle d'organisation est à rechercher, selon moi, du côté de la première internationale : coexistence de systèmes de pensée différents, seulement unis par le combat du côté des travailleurs, pour l'émancipation du travail (revisiter la charte d'Amiens).

Parmi ces systèmes, je me sens personnellement proche du communisme, une position politique, faut-il le préciser ? complètement absente du parti communiste (en tant que parti) bien sûr, depuis bien longtemps, mais présente et vivante chez beaucoup de militants sincères, dans et hors du PCF.

C'est dans cet esprit que j'accorde beaucoup d'importance à cette phrase du manifeste communiste de Marx et Engels : « les communistes ne constituent pas un parti à part des autres partis ouvriers. Ils n'en sont que la fraction la plus résolue ».

On peut dire aussi que les communistes doivent être la fraction la plus conséquente et résolue du mouvement progressiste, et saisir toutes les occasions de faire avancer la cause de l'émancipation.

Dans ce domaine, une question absolument centrale est celle de la transition, et du programme de transition. Je crois que le programme « L'avenir en commun » doit être analysé comme tel.

JPB, 13/6/17

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Asie
Le courage des Afghanes face aux talibans : « Manifester est bien plus risqué qu’il y a un an »
Un an après leur retour en Afghanistan, les talibans ont mis au pas et invisibilisé les femmes et, pour elles, manifester est de plus en plus risqué, comme on l’a vu ces derniers jours. Entretien sur ce sujet mais aussi sur la grave crise sociale et économique que traverse le pays, avec Hervé Nicolle, codirecteur du centre sur les migrations Samuel Hall.  
par François Bougon
Journal — Migrations
Les réfugiés afghans refusent que leur pays tombe dans l’oubli
Après la chute de Kaboul, le 15 août 2021, quelque 2 600 Afghans ont été évacués vers la France via des vols de rapatriement. Mediapart donne la parole à celles et ceux qui tentent de se reconstruire, loin de leur pays et de leur proches, qu’ils savent meurtris.
par Nejma Brahim
Journal — Écologie
Pour plus d’un quart des Alsaciens, l’eau du robinet dépasse les normes de concentration en pesticides
Dans le Bas-Rhin, des dépassements des limites de qualité ont été constatés dans trente-six unités de distribution qui alimentent en eau potable plus de 300 000 habitants, soit un quart de la population. Le Haut-Rhin est touché dans des proportions similaires.
par Nicolas Cossic (Rue89 Strasbourg)
Journal — Amérique Latine
Au Chili, la menace d’un refus plane sur la nouvelle Constitution
Face aux crispations sur certains points de la nouvelle Constitution, le gouvernement chilien prévoit déjà des réformes au texte en cas d’adoption par référendum le 4 septembre. Une position défensive qui témoigne de l’étroitesse du chemin vers la victoire du « oui ». 
par Mathieu Dejean

La sélection du Club

Billet de blog
Céline, le trésor retrouvé - La révélation (1/9)
Comment, par les hasards conjugués de l’Histoire et de l’amitié, je me retrouve devant un tombereau de documents laissés par Céline dans son appartement de la rue Girardon en juin 1944. Et ce qui s’ensuivit.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Céline, le trésor retrouvé - Oscar Rosembly (4/9)
Depuis longtemps les « céliniens » cherchaient les documents et manuscrits laissés rue Girardon par Céline en juin 1944. Beaucoup croyaient avoir trouvé la bonne personne en un certain Oscar Rosembly. Un coupable idéal.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Céline, le trésor retrouvé - La piste Morandat (5/9)
Dans ses lettres, Céline accuse Yvon Morandat d’avoir « volé » ses manuscrits. Morandat ne les a pas volés, mais préservés. Contacté à son retour en France par ce grand résistant, le collaborateur et antisémite Céline ne donne pas suite. Cela écornerait sa position victimaire. Alors Morandat met tous les documents dans une malle, laquelle, des dizaines d’années plus tard, me sera confiée.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Céline, le trésor retrouvé - Une déflagration mondiale (3/9)
La veuve de Céline disparue, délivré de mon secret, l’heure était venue de rendre publique l’existence du trésor et d’en informer les héritiers… qui m’accusèrent de recel.
par jean-pierre thibaudat