Qelques indications

En un RIEN de temps, notre nouveau président (c'est pourtant vrai, il l'est !) nous donné de profondes indications sur l'impulsion qu'il rêve de donner à notre pays.

Oui, vraiment, en quelques jours à peine, Macron le Jupiter, Macron le mal élu (15% des électeurs l'ont choisi), a posé quelques mots, et quelques actes, très intéressants.

Quand il lâche cette opposition, au sujet de ce qu'on rencontre dans une gare, entre les gens qui ont "réussi" (réussi quoi ? à gagner beaucoup d'argent ?), et ceux qui ne sont "rien", surgit en moi bien sûr, ce passage de 1984 et le dialogue entre Wilson et O'Brien : "Mais big brother existe-t-il comme vous et moi ? Vous n'existez pas. répond O'Brien".

Hier, il a reçu Trump, cet homme convaincu de vouloir, grâce à un titre de sénateur "prendre les femmes par la chatte", et soupçonné, reçu par Poutine à Moscou, d'avoir pissé, ou fait pisser, sur lui-même ou au moins sur le lit "où ont dormi Mr et Mme Obama". Le "chef" qui a magouillé avec les russes pour charger sa rivale, qui fricote avec l'Arabie saoudite, qui bombarde quand l'envie lui en prend... Cet homme perclus de scandales et d'incohérences, donc, reçu pour le défilé de notre fête nationale, et reçu pour la commémoration de la venue en France des troupes américaines "venues pour nous sauver". Outre le côté risible de cette fable (le président Wilson avait certes d'autres mobiles en faisant intervenir ses troupes en Europe), cette invitation dégoûtante jette une lumière intéressante sur la réduction brutale du budget militaire, concomitante avec l'intensification des interventions de la France en Afrique.

Avons-nous vraiment besoin d'une armée stupidement française ? Puisque l'armée des USA viendrait, en cas de nécessité, nous "sauver" ?

Sans parler d'une armée européenne, c'est à dire allemande, qui hélas se fait attendre.

Pour finir, Mr Macron (au fait, comment va Brigitte ? Je suis un peu inquiet, il me semble qu'elle a un peu disparu des radars ?) a reçu en grande pompe Mr Nettanyahou, l'artisan de la colonisation continue et illégale, quand ce n'est pas celui des bombardements saignées périodiques des prisonniers Gazaouis. 

Il en a profité pour faire un discours signifiant quant à la responsabilité DE LA FRANCE sur la rafle du Vel d'iv et les déportations qui ont suivi.

Mais dire que LA FRANCE est responsable ce n'est ni plus ni moins que proclamer que le régime de Vichy était LEGITIME. Or, il ne l'était pas. Les pleins pouvoir à Pétain ont été votés par une assemblée dont un groupe de députés a été d'abord exclu : les 61 parlementaires communistes ont été DECHUS de leur mandant, en violation de toute légalité républicaine. 

Le vote a eu lieu après que Pétain ait signé l'Armstice et alors que notre pays était occupé.

Dire que le régime de Pétain représentait légitimement la France, c'est adopter le point de vue pétainiste et le point de vue de l'extrême-droite.

Macron enfile ces provocations les unes derrière les autres, parce qu'il rêve une France absente, soumise à l'Allemagne, soumise aux USA, et qu'il réécrit le passé de notre pays selon son rêve.

Le contraste entre cette ambition aussi perverse que délirante et la fragilité de sa propre situation laisse entrevoir une situation politique intéressante.

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