Il n'a jamais été question d'une liste unique des partis qui composent la NUPES aux européennes.
Cela a toujours été impossible.
Les partis qui composent la NUPES ont, sur de nombreux points, des positions communes, exprimées dans le 650 points de programme.
Mais il y a des divergences, maîtrisées dans le texte sous la formule : "Ceci sera laissé à l’appréciation des députés".
Et ces divergences sont concentrées sur des questions qui sont au premier plan des élections européennes : faut-il élargir le champ de compétence des institutions européennes (alors que les français, par référendum, se sont prononcés CONTRE l'adoption des traités) ? Faut-il une force militaire européenne ? Faut-il s'engager davantage dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie ?
La lettre de François Ruffin à Glucksmann le souligne : le souhait d'une liste commune est insensé.
Une liste commune entre le PS, EELV, la FI et le PCF serait unanimement et très justement considérée comme une duperie, un manque flagrant de sincérité.
On retrouve dans cette campagne l'image inversée du discours que tenait Mélenchon devant des jeunes élèves d'un institut de formation politique en 2020. On s'en souvient : «Nous avons des désaccords sur l'Europe, sur la planification, sur le nucléaire, sur la VIème République... mais c'est pas grave !!!» disait-il avec une lourde ironie. Et deux ans plus tard, il faisait la NUPES... Maintenant il tient le discours inverse, celui qu'il prêtait à l'époque à ses critiques !
D'autre part, de cette liste unique, il ne peut être question : EELV a décidé en congrès de constituer une liste indépendante. Si Marine Tondelier signait avec Bompard, son parti éclaterait. Pourquoi ferait-elle cela ?
Avec Roussel, patron du P.C.F., certaines divergences sont moins grandes, mais c'est autre chose : Roussel, par principe, ne veut rien qui ressemblerait à de l'unité avec FI.
Le mobile de Bompard pour cette campagne inepte en faveur d'une impossible liste commune est évident : les résultats d'une liste de la FI seule seront révélateurs de la relative faiblesse de cette composante de la NUPES, alors que le résultat du vote utile en faveur de Mélenchon (qui, comme toujours, a fait une excellente campagne) et les résultats flatteurs des législatives qui en ont découlé nourrissent la chimère d'une FI dominante...
Mais cet acharnement (on me dit qu'il sera poursuivi durant encore tout le mois de février) prend un tour suicidaire.
Les travailleurs qui regardent les militants FI ânonner cette bêtise les prennent pour des demeurés, des songes-creux.
OUI, les travailleurs sont pour l'union. Et comme ils ne sont pas aveugles, ils ont compris que pour les européennes, il n'y aura pas d'union. Le discours de Bompard insinue que si cette impossible union ne se fait pas, alors, toute union est impossible, ce qui est un mensonge évident et un sabotage de l'avenir politique.
La petite clique "dirigeante" (non élue) constituée de bureaucrates arrivistes incapable de comprendre qu'ils n'arriveront nulle part, exclut à tour de bras les militants qui ouvrent la bouche.
La NUPES existe et vit. Elle a été vivante contre la loi sur les retraites ! Vivante contre la loi sur l'immigration !
Vivante à réclamer une action française en faveur d'un cessez-le-feu immédiat à Gaza !
L'union électorale est possible, sous des formes variées, aux élections municipales, cantonales, régionales et elle est indispensable à l'élection présidentielle. Celle-ci dépend d'un bon climat entre ses composantes et c'est ce climat que RUINE (consciemment ?) la campagne de Bompard.
Alors que nos députés font leur travail, et très souvent du bon travail, il est malheureusement certain qu'en cas d'élections anticipées (presque inéluctables étant donnée la répartition des courants dans l'AN) un grand nombre d'entre eux subira le sort de Taurine.
Et en effet, qui, sur le terrain, pour faire leur campagne, alors que le mouvement "gazeux" n'a ni adhésions, ni cotisations, ni statuts, ni congrès, comme en a le moindre syndicat ?
Nous étions six cent mille en mai 2017 a soutenir LAEC. Nous avons été trahi, floués par une bande de soumis affamés de pouvoir.
Mélenchon, qui a créé ce mouvement, préfère-t-il le détruire que de le laisser accéder à la maturité en devenant organisé démocratiquement ?
NON à la LIQUIDATION de la France Insoumise !