Ceci n'est pas une canicule

C'est une promesse de mort de masse

Il a fait, dans la région de Vancouver, fin juin, à la latitude de Paris, un peu plus de 49° durant quelques temps. Environ 500 personnes ont été frappées de mort subite.

Les autres années, à cette date, la température est douce, environ 20°.

Ce que nous appelons le "réchauffement climatique" suscite des chaleurs extrêmes comme des températures inhabituellement basses. Ceci parce qu'une hausse moyenne de chaleur sur l'ensemble des masses d'air augmente leur turbulence. Les molécules ayant davantage d'énergie cinétique, le chaos gazeux qui caractérise de toutes façons la météo acquiert ce qu'on appelle un "exposant de Lyapunov" plus élevé.

Ce qu'il faut comprendre --et chacun le comprend-- c'est qu'à 49° de température, on survit difficilement plus de quelques heures, et on ne peut pas travailler. Mais à 55° de température, on meurt, presque immédiatement. Non seulement les humains meurent, mais aussi le bétail, et bientôt les végétaux.

En outre, les centrales nucléaires peuvent difficilement être refroidies et d'une manière générale, la production d’électricité devient très problématique. Ceci pour ceux qui pensent que "bah ! on aura des ventilateurs, des climatiseurs..."

Le chaos climatique peut aussi produire des températures très basses, des hivers rigoureux comme il y en eu au dix septième siècle. Une température de moins 40° Celsius durant un mois provoquerait également la mort du bétail est des végétaux, et des famines atroces.

En outre, le chaos climatique peut produire, asses facilement, des vents de 300 km/h, ce qui, entre autres particularités rend difficiles les déplacements, ravage les forêts, étend les incendies, etc.

Si une température supérieure à 55° s'installe sur une région peuplée comme par exemple l'île de France, il n'y aura pas 150 morts, mais plutôt 150 000 morts, en quelques jours. Et l'économie sera ruinée. Cela peut arriver demain. La région de Vancouver n'a rien de spécial sous cet angle.

Les dinosaures ont disparu en partie du fait d'un très grand nombre d'incendies, qui a probablement baissé la teneur en oxygène de l'air, pénalisant les plus gros organismes. C'est ce qui va arriver à l'espèce humaine.

Pourquoi ?

Parce que cette espèce, si intelligente, si active, sait agir sur la matière, par la physique, par la chimie, avec l'aide des mathématiques et de l'informatique, elle comprend beaucoup d'aspects de la biologie, elle comprend la marche des planètes et mesure la position des étoiles, mais s'est révélée incapable d'agir de manière raisonnable et coordonnée sur elle-même.

Quelqu'un, qui se reconnaîtra, nous vante régulièrement "l'économie de marché". Au delà de la banalité du syntagme (toute économie est une économie de marché), il s'agit de "la loi du marché", c'est à dire de la liberté des puissants d'organiser strictement toute l'économie de milliards d'êtres humains en vue de leur seul enrichissement, leur goinfrerie d’accroître une richesse par elle-même démente.

La loi du marché n'est pas une religion, car les religions réprouvent le suicide. Mais des sectes conduisent parfois leurs adhérents dans une folie suicidaire. C'est ce que fait "la loi du marché".

Éviter la disparition maintenant très proche, de l'humanité exigerait que tout gouvernement, ou plus exactement toute collectivité y consacre TOUTES ses forces de manière coordonnée et disciplinée.

Cela signifierait qu'au lieu d'être organisée par les super riches, parasites sans cerveaux, la société soit organisée par les gens qui vivent, travaillent, pensent, produisent. Qu'elle soit organisée de manière cohérente et planifiée en vue de l'intérêt humain.

Un sauvetage de l'humanité, si l'on essaie de l'imaginer, présente une effroyable complexité. Il faut sauver l'air, l'eau, les forêts, les océans.

Mais il faut, d'abord, en priorité, ôter le pouvoir des mains de ceux qui continuent, aveugles, de nous conduire au néant, seulement mus par leur goût obscène de l'or et de la mort !

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