Comment on plombe les projets

Et si les difficultés urbaines venaient pour une part non négligeable de la mauvaise volonté, du manque d’envie de changer les choses, de la peur de s’engager, de la frayeur vis à vis de l’énergie à dépenser ?

Et si les difficultés urbaines venaient pour une part non négligeable de la mauvaise volonté, du manque d’envie de changer les choses, de la peur de s’engager, de la frayeur vis à vis de l’énergie à dépenser ?

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(Photo de Superkylen par BIG à Copenhague)

« C’est pas comme ça qu’on fait d’habitude… ! »

Le sujet de l’action sur la ville est complexe. Il fait appel à de nombreuses disciplines, mobilise des acteurs multiples. On parle à son sujet de sociologie des organisations, de gouvernance, l’on en fait à juste titre des analyses politiques.

« Les élus ne veulent pas… ! »

Il n’est plus envisageable à présent de ne pas impliquer le public, d’imaginer des projets en chambre. Le thème des usages est plébiscité quand auparavant il était à peine abordé.

« Les habitants sont contre …! »

L’on sait à présent que la conduite de transformations, de projets est compliquée. C’est un vrai métier qui fait appel à des compétences vastes, dans des champs variés.

« C’est contraire à la norme… ! », « C’est pas moi qui m’en occupe… ! ».

Alors on affine les méthodes, on forme mieux les professionnels, on rationnalise, on théorise et c’est heureux. Un savoir s’est constitué, à disposition des villes, et il est courant qu’elles échangent leurs bonnes pratiques.

Le calcul rapide du temps passé à faire avancer un projet contre ce et ceux qui le bloquent est éloquent. Le sujet de l’urbain n’est peut-être pas si complexe et l’on apprend chaque jour à mieux l’aborder. La mobilisation de ceux qui doivent agir l’est beaucoup plus. Pour autant on n’en parle pas, ou alors entre acteurs directement concernés et qui savent bien ce qu’ils vivent chaque jour. L’on parle de théories urbaines, l’on échange des expériences positives, des méthodes rationnelles, mais on n’aborde pas les problèmes liés à ceux qui entretiennent et font bouger les villes alors qu’ils sont aussi importants pour le changement que ceux qui vivent dans les villes.

Il existe quelques manières de lutter contre cela : des exemples…

Un calendrier élaboré dés l’origine d’un projet et auquel chacun doit se tenir est une réponse au fait de laisser filer le temps et donc de prendre le risque de ne pas réaliser la transformation attendue.

Un lieu précis qui rassemble les décideurs, dans lequel les arbitrages sont faits et qui se réunit régulièrement et rythme l’évolution des actes permet d’éviter le flottement, l’ambiguïté, permet de contrôler l’on avance et dans de bonnes conditions.

Des rôles déterminés à chaque étape, avec des responsabilités précises sont aussi une aide au pilote du projet. Reste que cela n’empêche pas la nécessité de s’engager, de résoudre les difficultés les unes après les autres, de chercher à apporter chaque fois des solutions et non des problèmes…conditions pour ne pas donner prise à un propos comme :

« On te l’avait bien dit… ».

 

Texte à paraître dans la Lettre du Cadre

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