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Billet de blog 24 févr. 2020

Le Mont Blanc à Paris ce qu’est le Vésuve à Naples

Les outrances de nos réseaux sociaux ont modifié le récit des élections à Paris pourtant brillamment engagées. « Central Park à la place de la gare de l’Est ». Le sexe en campagne aura changé la donne. Certes ce billet est trop tôt ou peut-être trop tard. Les élections seront passées quand vous lirez cette lettre et certaines érections auront du plomb dans l’aile.

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Les outrances de nos réseaux sociaux ont modifié le récit des élections à Paris. Elles s’étaient pourtant brillamment engagées. « Central Park à la place de la gare de l’Est ». Qu’est-ce que j’aurais aimé inventer ce propos. Certes le sexe en campagne aura changé la donne, là où à l’origine il n’y avait que bon sens. Certes ce billet est trop tôt ou peut-être trop tard. Les élections seront passées quand vous lirez cette lettre et certaines érections auront du plomb dans l’aile. Qu’importe, je veux apporter ma pierre à ce grand édifice, et moi-aussi partager d’aussi belles réflexions. Un jour c’est certain, d’autres idées de génie naîtront. Je ne voudrais pas rater ce moment d’exception dans un temps qui peut-être est siècle des lumières.

Tout de suite, me vient une initiative possible complétant l’utilisation différente des terrains ferroviaires. Mettre à disposition gratuitement, dans toutes les gares, des vélos électriques en libre-service, pour ceux qui souhaitent se rendre à Paris. On imagine le plaisir des habitants de Metz, de Strasbourg et des communes desservies par les trains, respirant le bon air dans de beaux paysages. Les moteurs électriques ont changé la donne, le vélo autorise de plus longues escapades. Pour éviter le bruit des valises à roulettes des portes bagages adaptés en atténueront le son. Pour que profitent aussi d’un service efficace, ceux qui bénéficient d’un handicap moteur, Uber apportera solution à la carte, tandis que les mollets du quidam ordinaire gonfleront de la sève de l’effort quotidien. Tout le monde en sortira gagnant.

En fait, pratiquer cet exercice de réflexion (brain-storming en anglais) est passionnant. On est loin des vains échanges de plaintes entre râleurs, mécontents de leur situation et du monde. Soyons optimistes plutôt que de ronchonner, agissons plutôt que de critiquer. Libérons nos esprits et il en restera forcément quelque chose.

Tout cela est bien enthousiasmant d’ailleurs. Alors changeons d’échelle, soyons ambitieux, voyons la France en grand. Et si l’on faisait « du port du Havre le port de Paris » ?

Dommage, renseignements pris, un architecte de renom y a déjà pensé. Cela prouve qu’il y a bien, en chacun de nous, une sacrée créativité, pourvu que l’on ouvre nos portes verrouillées par une éducation frileuse. Alors allons-y ! « Le Mont Blanc pour Paris ce qu’est le Vésuve à Naples ». On irait, comme là-bas, se promener sur ses pentes. On pourrait comme là-bas y construire des logements. Le réchauffement aidant, les enfants glisseraient depuis la mer de glaces jusque dans la Seine. Notre Aqua Boulevard à nous. Avec un peu de chance, une éruption soudaine recouvrirait de cendres les tours de la Défense. Jean-Michel Jarre donnerait le concert du siècle et Paris bénéficierait du plus grand quartier d’affaire mort au monde. Et donc du plus visité. A l’Est Disdneyland, à l’Ouest notre Pompeï à la française, ça aurait de la tenue. De belles perspectives en tout cas pour le tourisme francilien.

Notre Ile de France est une mine dont Paris est le diamant, un diamant dont la taille n’est pas achevée. Pourquoi alors ne pas « faire autoroute des quais de la rive droite » ?

Dommage, le projet a déjà existé et été mis en œuvre. On en est même revenu. Une autre idée alors : « recouvrir la Seine et y implanter des centres commerciaux ». Que d’espaces perdus quand on parle de ville de la proximité. Je pourrai alors faire mes courses en vélo, éviter la voiture pour me rendre à Auchan. Une association s’appelle « La Seine n’est pas à vendre ». De quel droit ? Il n’est pas question de bloquer le courant mais d’utiliser au mieux un territoire disponible. Et pour implanter les bâtiments, quoi de mieux qu’un sol fabriqué en béton écologique. Quand on aura la dalle, on pourra, dans l’espace laissé par les commerces, acheter des poireaux bio, issus de jardins partagés créés pour le lien social. Il faudra penser à demain aussi. Or demain, il fera chaud dans la capitale. Des fontaines nous rafraîchiront l’été, alimentée en eau tirée depuis la Seine. Un circuit court en quelque sorte, qui n’est pas sans rappeler les puisatiers d’antan.

Mais foin de passéïsme, il faut être de son temps. Une autre proposition, allant dans le même sens, serait de recouvrir les rues dès lors qu’il pleut, ou que la température devient insupportable. Certaines villes en Espagne le  font depuis longtemps, on le fait pour des stades, et pourquoi pas chez nous ? Les Champs Elysées couverts d’une canopée légère, translucide à l’image de l’invisible voile qui couvre l’ex trou des Halles, cela aurait du lustre non ? Le bien-être du citadin s’en trouverait meilleur mais bien d’autres conséquences seraient à son crédit. Des intempéries par exemple, nos amis SDF seraient tous à l’abri, mesure de prudence quand leur nombre, à l’avenir, ne cessera d’augmenter. Protéger des éléments et que la nature revienne : ne lésinons pas, « plantons cinq cent mille arbres ».

Dommage, engagement inclus dans les objectifs du Plan Climat d’une ville. Mais puisque c’est une bonne idée, concrète celle-là, faisons-le ! Un rapide calcul parce que j’aimerais bien, à ma modeste échelle, participer aussi à l’intérêt général. Je vais même passer commande à mon pépiniériste et vérifier dans le jardin où les nouveaux sujets pourraient trouver leur place. L’année dernière donc, dans cette ville, deux milles arbres ont été plantés. Mais c’était une année exceptionnelle, car préélectorale. Alors pour en planter cinq cent mille il faudra… 250 ans. Cela me laisse du temps pour passer la commande.

S’il fait trop chaud, il n’est pas étonnant que l’on quitte nos villes. En parlant de leurs centres, on évoque à leur sujet la désertification. Personne n’envisagerait plus d’y installer son nid. Prenons en acte. Démolissons-les !

Même dans les villages les plus reculés, on pourra alors créer des Central Park partout. On me dit qu’à leurs portes déjà, il y a la campagne. Pensez seulement au futur des espaces libérés. Des terrains de boules pour nos aînés, des terrains de sport pour nos cadets, des champs de foire pour nos bestiaux, pour nos animaux domestiques, des champs de mars pour militaires. On pourra y organiser des brocantes, des vides-greniers avec ce que l’on aura récupéré de la démolition, des fêtes de la Moisson qui, le bon vieux temps, rappelleront. Nos enfants s’y intéresseraient bien peu, accrochés à leur téléphone ? Pourquoi pas alors un Festival des smartphones ? Il faut vivre avec son temps et avec une telle idée, il y aura du monde !

Repartons en campagne. Les moustiques piquent, les abeilles aussi. Il faut aussi produire des quantités énormes de céréales pour nourrir nos familles. Et si on se faisait un maximum de blé et, par la même occasion, se débarrassait des insectes urticants ? Dommage, c’est déjà fait, avec l’aide désintéressée de Monsanto. Mais il doit bien rester quelques sujets qui pourraient améliorer notre bien-être. Réfléchissons. Les oiseaux font du bruit et fientent sur nos chemises : c’est en cours. Les poissons, les animaux : c’est une piste qu’il faut étudier. Mes voisins : c’en est une autre que je mettrais bien en priorité.

Retournons à la ville. Il y a couramment des pics de pollution. On pourrait obliger les vieux et les enfants à se cloîtrer chez eux durant ces courts moments. L’efficacité serait autre que ces pistes cyclables qui, pénalisant l’auto gênent par là même la meilleure amie de l’homme. On le fait déjà ? Alors chaque foyer devra acheter des masques à gaz. Et tout le monde en portera, y compris pour le chat. Le poisson rouge ? On verra plus tard. Cette mesure serait déjà en vigueur dans certaines cités ? Elle pourrait être généralisée. On peut même escompter que le génie français en ferait naître une mode. Un défilé de mannequins portant des masques de Jean-Paul Gauthier aurait plus de chic que des masques africains fabriqués à la chaîne en banlieue parisienne.

La banlieue justement, parlons-en. Pourquoi les franciliens ne résideraient-ils pas tous à l’intérieur des limites de notre capitale ? Un des avantages : plus de problèmes dans les grands ensembles. La ville est déjà dense ? Doublons la hauteur des immeubles. On accueillera alors 5 millions de personnes sur les 10 millions que compte la région. Dommage, une équipe d’architectes a déjà eu une idée similaire. C’était il y a quelques temps, lors d’un concours concernant l’avenir du Grand Paris. Donc il faut la mettre en œuvre, assez de tergiversations ! Elle sera complétée par la construction de bâtiments écolo sur la dalle de la Seine. On supprimera gares et faisceaux ferrés, édifiera des tours sur le périphérique enterré. Et si cela ne suffit pas, comptons sur le génie de nos ingénieurs, sur le talent aussi de nos fiers architectes. Une autre mesure qui pourrait compléter ? Que les personnes âgées partent à la campagne. Y accompagnant nos fragiles enfants, elles profiteront ainsi d’un air purifié.

On dit que les banlieusards aimeraient leurs cités ? Donnons-leur donc le choix, le résultat sera simple : tout le monde aime loger dans l’Ile de la Cité. Ce ne sont pas les idées qui manquent, c’est le courage de les appliquer.

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