Arts de la rue et urbanisme

(Anglais et français).Il est significatif que soit utilisé le même terme, « arts de la rue », dans l’urbanisme ou dans le domaine de la création théâtrale dans l’espace public, mais que le sens qu’il prend en revanche soit différent.

Dans un cas, il désigne la manière de dessiner une rue, un espace public ou les éléments qui le composent. Dans l’autre cas, il nomme l’activité artistique en extérieur, notamment des comédiens de théâtre. Un même mot mais deux sens distincts pour deux milieux professionnels différents : les arts de la rue et l’urbanisme seraient-ils des disciplines si éloignées qu’aucune passerelle entre elles ne pourrait être lancée ? L’une possède un caractère temporaire, elle parle de création, de fêtes, d’évènements s’adressant à un large public. L’autre au contraire vise le long terme de la construction de la ville, elle paraît austère, obscure, affaire de spécialiste. Mais cette apparente étrangeté entre deux temporalités, deux sensibilités, deux mondes différents, cache en réalité de nombreux points communs, paradoxe qui mérite bien sûr quelques explications. Si l’urbanisme traite de la construction de nouveaux territoires, il s’attache également pour l’essentiel à la transformation de la ville existante. Car au-delà des spéculations sur ce que serait la ville à venir, on ne se trompe guère en disant qu’elle est déjà là, avec ses bâtiments, ses rues, ses espaces publics, son histoire, ses habitants, ses réseaux, ses modes de vie, sa culture, ses tensions aussi. Alors qu’est-ce qui a changé pour qu’arts de la rue et urbanisme possèdent des points communs et quels sont-ils ? C’est justement que la vie en ville est à présent pour une grande part assumée. L’on n’est plus en deuil de la ruralité et l’on veut vivre bien, pleinement notre existence de citadins, ici et maintenant. L’urbanisme n’a plus pour seul rôle de développer les cités, de construire du logement, de favoriser les activités ou de créer des infrastructures. On demande à la responsabilité publique de l’aménagement d’apporter des réponses pour aujourd’hui, en terme de qualité de vie, de dynamisme, de culture, de loisir, d’expérience de la vie collective, d’expression de l’appartenance à une société locale. L’urbanisme doit s’attacher au sensible, au vécu, au ressenti et ne peut en rester à cette idéologie prétentieuse qu’il planifierait le futur. Il doit traiter des ambiances, accompagner la vie urbaine et ses évolutions plus qu’il ne doit s’obstiner à en être le grand ordonnateur, signe d’une pertinence gagnée plus que d’une perte de pouvoir pour une discipline qui continue à découvrir chaque jour son rôle auprès de la société urbaine. Or l’un des territoires où se joue la dimension sensible de la vie citadine est l’espace public par ailleurs théâtre d’exercice des arts de la rue. Aspirant à des réponses plus justes, plus fines, plus complexes aussi, l’on a dés lors tout intérêt à créer de fructueuses connivences entre cette discipline et la transformation urbaine. Quelques exemples tirés de politiques menées dans des villes différentes vont illustrer cette recherche. Les arts de la rue permettent d’expérimenter, de tester, de mettre en mouvement des sites avant qu’on ne les aménage définitivement. Ainsi, le Festival des Jardins de Rues à Lyon (2004, 2007) a consisté à coloniser l’espace trop large de grandes voiries au profit de carrés de jardins, tous de même dimension (5mX5m) et alignés le long des trottoirs. Ils ont permis de créer rapidement et pour un coût modéré de larges promenades confortables, un paysage gai et chaleureux, chaque jardin étant conçu par un créateur différent (designer, artiste, architecte, graphiste). Les aménagements conventionnels sont souvent des actes lourds, complexes, longs du fait que les réalisations doivent être pérennes face à la dureté de l’espace urbain et de ses usages. Au contraire, de telles pratiques provisoires, qui n’engagent pas le long terme, sont source d’une légèreté qui manque dans l’aménagement où tout se discute (même si cela est légitime), tout est contrôlé, calculé pour durer (même si c’est peut-être bien ainsi). Et de cette façon, des propositions nouvelles (de matériaux, de modes de gestion, d’écriture de l’espace…) peuvent émerger qui n’ont pas encore été utilisées, des pratiques autres peuvent apparaître qui ne seraient pas seulement la reconduite de ce qui est connu, expérimenté depuis toujours. Le propos des acteurs de la rue est bien sûr artistique. Il vise à apporter de la poésie, une approche singulière, une expression décalée. Il entend aussi confronter la création avec le public, dans sa diversité et ses contradictions, ses tensions parfois, la confronter avec l’espace public, sa complexité et sa richesse aussi. En ce sens, au-delà du message artistique, de la volonté d’échange entre public et artistes, du caractère pédagogique escompté aussi parfois, ces manifestations participent à donner du sens aux lieux, les faisant vivre autrement, construisant chez les citadins une histoire commune, interrogeant les usages habituels. « Est-il normal que cette rue continue à être traversée de voitures quand la compagnie de théâtre a montré comment elle pouvait être un merveilleux endroit de rencontre dans notre ville ? » « Avez-vous vu comment tout à coup l’on perçoit notre quartier autrement, comment on peut y vivre différemment ? ».La vie en ville est assumée et la fête, les créations dans l’espace urbain font partie des usages qu’une cité doit permettre. L’acte d’aménagement doit donc les rendre possibles (certaines rues très libres pour accueillir les manifestations, l’évacuation de la foule facilitée en direction du métro…). L’exemple du centre-ville de Saint-Denis est à ce titre intéressant. A l’occasion du Mondial 98, un défilé mémorable avait été organisé, la « Carnavalcade », qui traversait du Nord au Sud la ville rendue piétonne et rassemblait plusieurs milliers de personnes. Lorsqu’il s’est agi de rénover le centre et notamment ses espaces publics, le souvenir de cet évènement a conduit à choisir comme un des objectifs de faire de ce territoire une grande scène urbaine, permettant à l’avenir que tout évènement de ce type puisse trouver sa place. D’ailleurs, depuis que les travaux sont terminés, une véritable programmation a été mise en place qui donne leur cohérence aux actions culturelles ou par exemple sportives programmées et fait des espaces du centre un véritable équipement de la ville. La plupart des édiles en ont conscience qui ont fait des fêtes, des évènements culturels dans la rue des moments de la vie de leur cité, les incluant même dans leur stratégie, dans leur projet politique. Le Défilé de la biennale de la Danse de Lyon est significatif de cette adhésion, puisqu’il rassemble au cœur même de la ville, tous les deux ans, en septembre, des écoles de danse formées par des professionnels et venues des différents quartiers sensibles de Rhône Alpes. Il est en cela en parfaite cohérence avec la politique d’urbanisme poursuivie depuis des années dans le Grand Lyon et qui vise à redonner à ces quartiers périphériques les qualités, les services, la dignité auxquels tout quartier de l’agglomération a droit.Alors, une relation pacifiée, domestiquée entre créateurs et aménageurs, créateurs et politiques ?Il ne s’agit pas de cela mais de la possibilité, de la nécessité, en démocratie, que la rue soit le théâtre de l’expression publique, revendicative, festive ou créative. L’on doit d’ailleurs en ce sens accepter la transgression, le détournement qui eux aussi sont facteurs de dynamisme et de vivacité. N’y aurait-il pas grand danger à ne montrer de la société urbaine qu’une vision éthérée, à gommer les oppositions ? Alors que les laisser s’exprimer, permettre que soient mises à jour les tensions, les contradictions, peut être tout à fait fécond, salutaire, peut-être aussi le signe d’une réelle inventivité. A la société locale ensuite de réguler les conflits, de se protéger parfois, selon les règles de la démocratie, contre les excès éventuels de cet usage légitime qu’est l’expression dans l’espace urbain. Dans ce cadre, on peut définir les acteurs des arts de la rue plus comme des partenaires légitimes des autorités plutôt que comme des instruments utilisés par les politiques dans leur projet. Même s’il peut tout à fait y avoir concordance d’intérêt ce qui n’est pas en soi un problème. A Lyon également, une recherche est engagée à l’échelle de l’agglomération pour que l’objectif des aménagements à venir soit d’abord la création d’un territoire confortable et accueillant pour tous, dans des temporalités pas trop lointaines. Il est envisagé pour cela à la fois de la rénovation lourde et des changements d’usages des espaces rapides et à peu de frais. Dans ce cadre, les arts de la rue pourraient être sollicités (le projet est en cours d’étude) comme outils d’expérimentation de la manière dont pourrait vivre dans la ville et ses quartiers, une ville d’aujourd’hui et non une cité-musée ou une copie de la vie urbaine au 19° siècle. Instrumentalisation ou recherche commune ?Il existe un certain nombre de similitudes entre les compétences des professionnels de l’urbain ou des arts de la rue. Ainsi par exemple les lieux de la fête dessinent une géographie des usages d’une cité et de ses pratiques qui recoupe bien souvent les analyses des urbanistes. On y retrouve la rue centrale mais aussi les cœurs de quartier, les berges de fleuves, les sites d’exception, les parcours entre les quartiers, entre les lieux principaux… Se construit ainsi une meilleure compréhension des lieux, des tensions ou des ruptures. De même l’aménagement urbain ou l’organisation d’évènements dans la rue mobilise des approches, des savoirs qui touchent à la complexité même des usages de l’espace public. Il faut que les pompiers puissent passer, assurer la livraison des commerces, obtenir des autorisations de tous ceux qui ont leur mot à dire sur l’utilisation de l’espace. Il faut assurer la sécurité des personnes, utiliser du matériel capable d’assumer les multiples sollicitations dans l’espace public. Il faut vérifier que les déplacements à pied se feront dans de bonnes conditions, organiser l’accès en voiture ou en transports en commun à une échelle bien plus large qui sollicite le fonctionnement de la ville toute entière…L’on touche à la complexité même de l’urbain et il n’est que de voir pour s’en convaincre le nombre de démarches à faire, la multiplicité des obstacles qu’il faut surmonter, pour rendre possible tout changement provisoire ou définitif. Les arts de la rue peuvent être un des outils de l’urbaniste concernant les pratiques de l’espace public. Nous avons commencé à développer cette approche de manière plus systématique au travers des aménagements d’anticipation qui consistent à commencer à faire vivre de manière provisoire des lieux en mouvement (après que des bâtiments aient été démolis, en attente de nouveaux équipements, de nouvelles constructions…). Il s’agit de construire des propositions à la fois d’usages urbains et d’animation en s’appuyant sur les acteurs locaux (éducatifs, culturels, sociaux…), manière de les mobiliser pour qu’ils participent à la gestion du présent de leur territoire et anticipent son futur. On ne fige pas tout de suite mais on expérimente, et l’on attend de voir. Mais on mobilise aussi, et l’on met ainsi l’accent sur l’importance du provisoire et sur les choix qui devront de toute façon être faits.Il ne s’agit pas d’une méthode intangible mais juste d’une pratique à un moment, dans un territoire et des circonstances. Car les passerelles à construire sont moins déjà là qu’elles n’ont à être imaginées avec les acteurs pour chaque lieu. Mais se crée ainsi une belle offre de sens pour des projets à venir et des possibilités enthousiasmantes pour la vitalité de la société urbaine.Texte à paraître dans “arts in the urban space” pour Horslesmurs.It is revealing that although the same term, “street arts”, is used in both town planning and the domain of theatrical creation in public spaces, the meaning of the term varies. In one case, it indicates the way in which a street, a public area, or its composing elements are laid out. In the other case it indicates outdoor artistic activities, particularly those of theatre performers.A single word with two distinct meanings for two different professional milieus: are the disciplines of the street arts and town planning so far removed from each other that there is no possible bridge between them? One is of a temporary nature and refers to creation, celebrations and events for a wide audience. The other, on the contrary, aims for the long-term construction of a city, and is considered austere, obscure or the matter of a specialist. But the apparent estrangement between these two different timeframes, sympathies and worlds actually hides several common points, revealing a paradox that surely merits further explanation.Although town planning deals with the construction of new territories, it also essentially deals with the transformation of the existing city. For beyond the speculations as to what the city of the future might look like, one hardly makes the mistake of believing that it is already here, with its buildings, streets, public spaces, history, inhabitants, networks, lifestyles, culture and tensions.So what change has taken place to allow the street arts and town planning to have points in common, and what are they?It is precisely because city life is now, for a large part, an accepted fact. We are no longer in mourning for the rural lifestyle, and desire to live well and to live fully within our city-dweller experience, here and now. Town planning no longer has for its only role to develop the inner city, construct housing, encourage activity, or to create new infrastructure. People are now asking public authorities for new facilities and current answers to issues dealing with quality of life, dynamism, culture, hobbies, collective life experiences, and the expression of belonging to a local society. Town planning must be aware of certain sensitivities, life experiences, and feelings, and cannot hold on to the pretentious ideology according to which it is capable of planning the future. It must deal with atmospheres, and accompany urban life as it evolves, instead of obstinately clinging to its role of great, order-giving authority. This is more the sign of earned relevance than that of a loss of power for a discipline that continues to discover its role daily within urban society.Yet, one of the territories wherein the sensitive nature of urban life comes to play is the public space, that is, the theatre of activity for the street arts. If we aspire to find fairer, subtler, and more complex answers to this issue, we now have every interest in creating a fruitful level of complicity between this discipline and urban transformation. A few examples taken from policies carried out within different cities will illustrate the central points of this research.The street arts allow us to experiment with sites, to test them, and to put them in movement before they are definitively converted. Thus, the Festival des Jardins de Rues in Lyon (2004, 2007) consisted of colonising what was the excessively wide refuse areas in favour of square gardens, all of the same dimension (5mX5m), and line them up along the sidewalks. For a moderate cost they allowed the quick creation of wide, comfortable promenades, making for a cheery and welcoming landscape, each garden having been conceived by a different creator (designer, artist, architect, graphic designer).Conventional development is often a heavy, complex and long act in that its results must be permanent in relation to the harshness of the urban space and its usages. On the contrary, such provisory practices, which do not aim for long-term results, give way to a certain light-heartedness that is missing in urban development, where everything is discussed at length (legitimate as this may be) and everything is surveyed and calculated to last (although this might be good as such). And in this way new and as of yet unused proposals (of material, management techniques, space creation…) can emerge, as can practices that are not simply the result of that which is known and has been long proven.The street actors’ message is, of course, an artistic one. It aims to bring poetry, a unique approach, and an out-of-the-ordinary form of expression. It also intends to confront creation with the public, in all of its diversity and contradictions, as well as its occasional tensions, and to confront it with the public space, as well as its complexity and richness. In this way, beyond the artistic message, the desire for an exchange between the artist and audience, and the sometimes expected educational message, all contribute to giving the place a meaning, bringing it to life in some other way, building a common history among the city dwellers and questioning old customs. “Is it normal to still see cars crossing this street when the theatre company has shown what a wonderful gathering place it can be for out city?” “Did you notice how, all of a sudden, you see our neighbourhood in another light, and you see how it can be lived in differently?”City life is a given fact, and celebrations and creation in the urban space are practices that a city must allow. Developments must therefore make them possible (with certain streets very apt for hosting events, along with possible crowd evacuation toward the nearest metro…). In this regard, the example of the Saint-Denis city centre is an interesting one.A memorable parade, “Carnavalcade”, was organised for the 98 World Cup, and it went from the North to the South of the city, which was made all-pedestrian, and brought together thousands of people. When it was time to renovate the centre, and particularly its urban spaces, the memory of this event inspired authorities to decide that making the territory a large urban stage would be one of its goals, allowing a place for these kind of events in the future. Since the end of construction, a full-fledged seasonal programme has been put into place, giving a sense of coherence to the scheduled cultural and sporting events, and making a full facility out of the central spaces.Most city councillors were aware of this, having made celebrations and street cultural events key moments in their neighbourhood’s life, and they even included such events in the strategies of their political platforms.The Parade for the Danse de Lyon biennial event is indicative of this joint existence since, every two years in September, it brings together, in the very heart of the city, dance schools trained by professionals and coming from different underprivileged neighbourhoods of the Rhône Alpes. For this, it is in perfect coherence with the town planning policies carried out for years in Grand Lyon, which aims to give these peripheral neighbourhoods the quality of life, the service and the dignity to which all neighbourhoods of the surrounding area are entitled.So, why not have a peaceful, domestic relationship between creators and developers, as well as creators and politicians?It is not a matter of that, but is rather about the necessity, in a democracy, of having the street serve as the theatre for public, protest, festive or creative expression. Furthermore, we must come to accept transgression and the seizure of space, which are also factors of a dynamic and lively society. Would it not also be a danger to show only an ethereal vision of urban society, and to erase its opposition? On the other hand, allowing for open expression, and bringing tensions and contradictions to light could actually be fruitful, healthy, and possibly a sign of true inventiveness. It is then up to the local society to regulate conflicts and to occasionally protect itself, according to the rules of democracy, against possible excesses reached during the practice of this legitimate, expressive custom in urban spaces. From this viewpoint, we can define actors of the street arts more as legitimate partners to the authorities than as instruments for the use of politicians and their platforms. This is so even if there may be a concordance of interests, which is not in and of itself a problem.In Lyon there is also current research on the citywide level to have future developments aim to create, within a not-too-distant timeframe, territories that would be comfortable and welcoming to all. To accomplish this, heavy renovation has been planned as well as low-cost usage changes to quick-access spaces. Within this framework, the street arts could be solicited (the project is currently under review) as an experimental tool dealing with how a city of today could live within the city and its neighbourhoods, as opposed to being a city-museum, or a copy of 19th century urban life. Are we dealing with exploitation or a common search?There are a certain number of similarities between the skill sets of urban and street art professionals. Thus, for example, places of celebrations lay out a geography of use for a city and its practices that often intersects with town planners’ analyses. We here find the central street, but also the hearts of neighbourhoods, riverbanks, special sites, pathways between neighbourhoods and main locations… A better understanding of the locations, tensions and ruptures is thus constructed. Also, urban development and the organisation of street events mobilise approaches and skills that deal with the same complexity involved in the use of public space. The location must remain accessible to firemen as well as deliveries to local businesses. Permission must be obtained from all who have their say over use of the space. There must be a guaranteed level of safety, and material must be used that can meet the many different needs of the public space. Distances travelled by foot must be crossed under good conditions. Public access by car or by public transportation must be organised on a much wider scale, involving the functioning of the entire city… We are dealing with the central complexity of the urban, and seeing it is enough to convince one of the large number of steps involved, as well as the multitude of obstacles to be overcome in order to bring about any temporary or definitive change.The street arts can serve as one of a town planner’s tools regarding the use of public space. We have started developing this approach in a more systematic way through anticipatory developments that consist of temporarily bringing to life places of movement (after buildings have been demolished, and while waiting for new facilities and new constructions…). It is a matter of constructing proposals of both urban usage and communal activities by relying on local figures (educational, cultural, social…) as a way to mobilise them to participate in the present state of their territory and anticipate its future. We do not immediately set anything, but we experiment and wait and see. However, we also mobilise people, and thus emphasise both the importance of the temporary and the decisions that should, in any case, be made.This is not an intangible method, but rather a momentary practice in one territory and under certain circumstances. For there are less bridges to be built than there are to be imagined for the actors of each place. However, we thus see the creation of a nice offer of meaning for future projects, as well as exciting possibilities for the vitality of urban society.Paris, June 23, 2008

 

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