DIRECT ASSURANCE, CLUB MEDIAPART ET MOI.

Alors que mes deux lettres recommandées avec avis de réception n'avaient donné lieu qu'à un silence assourdissant, la publication d'un article sur mon blog le 21 novembre dernier a provoqué un résultat inattendu, je dirais même inespéré; merci à tous ceux qui d'une manière ou une autre y ont contribué.

 Depuis la mi-juin dernier,  un contentieux s'et progressivement installé entre Direct Assurance et moi. Tous mes mels et mes lettres recommandées n'aboutirent à rien; puis vint mon SOS dans Médiapart. Un représentant de Direct Assurance me téléphona peu après et, ô miracle! En moins de cinq minutes, ce dossier qui traînait depuis plus de cinq mois fut résolu de manière très avantageuse pour moi.

Autant ma première interlocutrice censée trouver une solution à mes difficultés me fut pleine de  morgue et de suffisance, autant mon dernier interlocuteur me parut empli de courtoisie. Le violent contraste entre ces deux personnes travaillant sur le même sujet dans la  même  entreprise m'a beaucoup étonné; aussi m'en suis-je ouvert à un  ami aujourd'hui en retraite, mais ancien  professeur à l'IAE (Institut de l'Administration des Entreprises) de Paris. Selon lui, cette situation loin d'être une spécificité de Direct Assurance, est le lot de l'immense majorité des entreprises françaises ce qui est cause de souffrance au travail: à compétence technique égale, les salariés d'aujourd'hui sont mieux payés mais disposent de beaucoup moins de pouvoir de décision que leurs aînés des années 80 comme si on avait voulu compenser ce dépouillement du pouvoir de décision par un  habillage en billets de banque.

Ce dépouillement du pouvoir de décision malgré leur compétence en la matière, est cause de grande frustration des employés au contact du public; qu'on les remplaçât par des robots que l'interlocuteur au bout di fil ne  s'en apercevrait même  pas tellement leurs réponses aux questions différentes  sont uniformisées. Frustration aussi de leurs supérieurs immédiats qui n'ont plus assez de temps pour se consacrer aux problèmes importants tant  ils sont noyés dans des broutilles à résoudre quotidiennement, frustration du client qui voit ses difficultés empirer avec le temps sans que lui soient proposées des solutions.

La vie en société nous contraint à vivre des frustrations tous les jours:" L'Enfer, c'est les autres"; c'est bien connu mais Dieu merci, chacun  de nous dispose d'une capacité de résilience qui dans les conditions de vie  normale  permet la vie en commun; tout l'art de gouverner réside en l'aptitude des dirigeants à maintenir cette capacité de résilience sous  le plafond de saturation faute de quoi, le Moi  s'insurge par la  seule voie disponible, la violence. Violence contre soi par la dépression avec au mieux son cortège de toxicomanies de toutes sortes, au pis le suicide;  violence contre autrui, c'est-à-dire LBD contre jets de pierres.

Il est tout de même bizarre que nous nous soyons si facilement laissés dépouiller de  notre pouvoir de décision.  Chacun sait que tout docteur en médecine a pouvoir de prescription de tout médicament  quitte à répondre devant les tribunaux s'il commet une bévue. Les seuls cas médicalement justifiés sont ceux  où il  existe un risque d'inefficacité du médicament en cas de trop large emploi;  l'hydroxychloroquine n'a pas été prescrite à profusion ni à tort et à travers et pourtant... les médecins généralistes, leurs syndicats, le Conseil de l'Ordre des médecins  n'ont pas hurler d'indignation quand le gouvernement a empiété sur leur pouvoir de décision; ils ont accepté de se laisser dépouiller de leur pouvoir de décision sur les prescriptions. Si le Professeur Raoult n'avait porté plainte,  les choses en seraient restées au point  mort. Comment en sommes-nous arrivés là?...

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