Instrumentalisation, réseaux de désinformation avez-vous dit ?...

" Nous déplorons l'instrumentalisation manifeste de cette arrestation, et relevons que les informations personnelles de cette personne ont été immédiatement rendues publiques par le biais de réseaux de désinformation liés à, la promotion d'intérêts bien identifiés qui sont habitués à viser la présence et l'action de la France en République centrafricaine"

Nous itérons l'appel lancé ici même le 12 mai dernier à signer la pétition initiée par le Professeur Franklin Nyamsi ( https:// petitions.assemblee-nationale) ; et pour cause? 

Il y a quelque mois, monsieur Macron avait annoncé l'existence d'un sentiment anti-français en Afrique francophone. De notre point de vue, il n'existe pas encore de sentiment anti-français en Afrique noire francophone, mais sans conteste les Africains francophones quittant la simple bouderie en sont à présent à la haine de la Françafrique après avoir transité par la phase détestation. Parce qu'elle soumet l'économie à ses fins propres, contrôle l'essentiel des média lui permettant de diffuser sur un mode monopolistique  son idéologie, la bourgeoisie française dont la Françafrique est l'un des bras,  se croit LA FRANCE alors qu'elle ne regroupe qu'une minorité des Français. Afin que cette haine antifrançafricaine ne ruisselle sur le peuple français, il revient à chacun de se désolidariser publiquement de la Françafrique faute de quoi, la France se présentant au monde comme un Etat démocratique, ce sera à juste raison que le peuple français se verra accusé de complicité avec la Françafrique spécialiste de coups d'Etat et d'assassinats de chefs d'Etat africains ainsi que le sieur Juan Remy QUIGNOLOT  officier instructeur français déguisé en journaliste est entrain de l'illustrer en RCA .

Que répondrez-vous dans 10 ou 15 ans, peut-être 20 quand votre petite-fille ou votre petit-fils vous posera la question suivante: " Papy, mamy. Comment avez-vous pu laisser ainsi dilapider tout notre capital sympathie en Afrique francophone?"  Accuserez-vous encore et toujours la Russie de vous avoir joué un mauvais tour en venant vous agresser dans votre jardin privé?  Les Anciens se souviennent encore que le Vietnam, le Cambodge étaient colonies françaises; pour les autochtones, y parler français aujourd'hui relève de l'érudition ; il y a peu, le français était langue officielle au Rwanda. Qui sait parler sango en RCA, n'a pas besoin du français pour se faire comprendre; on peut traverser tout le Congo-Brazzaville en long en large sans avoir besoin du français si l'on peut s'exprimer en lingala et kituba : les Chinois non seulement l'on bien compris, mais ont parfaitement assimilé cette réalité.

Le ministère français des affaires étrangères nous parle de réseaux de désinformation : comme c'est étrange ! Chacun le sait expert en l'art d'accuser la Russie sur des supputations sans exposer la moindre preuve comme dans le cas de l'empoisonnement virtuel de Navalny ; aussi, présenter des preuves afin d'étayer une mise en accusation est pour monsieur Macron et son gouvernement faire montre de désinformation. TV5, RFI, FRANCE 24 tous média sous contrôle du gouvernement ont réussi le tour de force de présenter Juan Remy QUIGNOLOT comme      " un ressortissant français" autrement dit un bon père de famille qui ne voudrait que du BIEN pour le peuple centrafricain. Passés sous silence leurs efforts à extorquer des Centrafricains de faux témoignages contre l'armée centrafricaine et ses alliés : Russes, Rwandais et Burundais. 

Pourquoi tout cet arsenal de guerre?  Pourquoi cette cargaison de VIAGRA médicament délivré exclusivement sous ordonnance médicale?  Pourquoi chez QUIGNOLOT  ce traceur des déplacements de monsieur TOUADERA Président de la République centrafricaine?  Pourquoi le disque dur de l'ordinateur de cet officier instructeur français contient-il le plan détaillé du palais présidentiel centrafricain?  Ni TV5, ni RFI, ni France 24, ni même Antenne 2 ne répondront à ces interrogations: elle préfèrent pérorer sur d'hypothétiques exactions sans nommer les victimes, ni situer les lieux, encore moins spécifier la qualité de celles ou ceux qui ont rédigé ce tract non signé.

En Afrique francophone nul n'a oublié ni Olympio, ni Tombalbaye, ni Massemba-Débat, ni Sankara, ni aucun des autres tombés sous les coups de la Françafrique : pour les Africains et Afro-descendants, la signature de cette pétition sera le schibboleth.

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